27 mars 2009

Feuilleton

Faisez pas chier le "réactionnaire authentique"
C'est un inferéquentable. Un baaad booy. 

16 mars 2009

Le vademecum du Petit Consanguin (5)

Ce mois-ci, le docteur Hans Grüber publie "De la hache au zyklon B", son essai consacré aux génocides à travers les âges (accompagné de fiches pratiques et d'un tutorial sur CD). L'éminent linguiste et sémiologue a tout de même trouvé le temps de nous livrer quelques nouvelles définitions. En effet tous les jours, vous surfez sur vos liens consanguins ; tous les jours, vous buvez jusqu'à la lie le flot de pixels que vos camarades déversent depuis leurs blogs ; et parfois vous croisez des termes nouveaux, des concepts inédits. La Communauté qui flippe sécrète son propre champ lexical. Elle a ses chapelles, mais l'oecuménisme consanguin est vif, et Hans Grüber sait en isoler les notions référentielles communes. Consanguin, à vos cahiers !

Chiites : sunnites iraniens wahhabites duodécimains, euh, ou quelque chose comme ça.

Chienlit : ancêtre soixantuitarde de la racaille. A ceci près qu'à la chienlit, on opposait la réforme, pas encore le kärcher.

Consanguin : (1) Adj. Qual. Epithèt., du préfixe con- ("avec", partage) et -sanguin (relatif au sang) : qui partage le même sang, à telle enseigne qu'il s'agit d'un sang qu'on ne mélange qu'avec lui-même. La consanguinité a ainsi caractérisé les plus grandes familles d'Europe pendant plusieurs siècles. Les monarques du continent ont en effet soigneusement veillé à ce que leurs lignées demeurent pures, et ne se croisent qu'avec des lignées d'essence toute aussi royale. De cette consanguinité très aristocratique a découlé la thèse selon laquelle l'européen est un être supérieur, baigné de lumière divine, et dont le sang contient la quintessence de plusieurs siècles d'histoire et de chevalerie. Seule la science matérialiste des 19e et 20e siècles est venue contredire cette tradition, en suggérant non seulement qu'il n'existait aucune race dans laquelle se perpétuer, mais en plus, que les alliances consanguines étaient vecteurs d'affaiblissement immunitaire et d'appauvrissement génétique - thèse farfelue que des gens comme Eric Zemmour ou Bruno Gollnish démentent heureusement avec la mâle assurance du wisigoth.   (2) Subst., noble et fier Moine-Combattant du Grand Oxydent Reprisé. Aimerait avoir quelques poils virils pour ressembler aux chevaliers médiévaux qui font son imaginaire. A mauvaise haleine. Suinte un peu dans les coins.   (3) Sociol. blogger réactionnaire ou nationaliste. Voir notre étude sur les familles consanguines qui évoluent sur internet.

Discrimination : la première marche vers l'Humanisme Véritable (A. Hitler, "J'me chauffe pour mein Kampf", 1923)

Fascisme : (1) Sociol. gentil délire scout un peu extrapolé. On aime les uniformes, on marche au pas en allant chercher le pain, on court pendant des heures en short dans la forêt, on plaisante sur la "bonne dictature" dont l'pays aurait bien besoin dis donc, on envoie des lettres anonymes à la préfecture de police pour cafter le voisin qui emploie des ouvriers au noir, on chante fort les soirs de match, on est un peu foufou, quoi.   (2) Hist. Le fascisme, né en Italie, spread worldwide depuis lors, est conçu par les uns comme une expression violente du capitalisme, par les autres comme une religion séculière, par les troisièmes comme une crise autocratique cyclique, ou encore une hypertrophie étatique violente, etc... (A ne pas confondre avec le nationalisme). On en dira ce qu'on voudra, les consanguins adorent littéralement l'exacerbation fasciste de certaines valeurs traditionnelles. Et sans parler du look. Bref, dans cet océan moderne d'identités mélangées, d'anarchisme individualiste, de panséunique mondialisée et de débauche partouzarde, le fascisme c'est bon, c'est beau, c'est fun.  

Fun-fascisme : posture branchée se référant au fascisme en y incorporant de nombreuses notions plus ou moins provocantes, afin de le dédramatiser enfin tout en insistant sur les vrais tortionnaires despotiques que sont Lilian Thuram ou Gisèle Halimi. Le fun-fascisme procède essentiellement d'une fascination absolue de jeunes incultes à fort taux de cholestérol pour les autocraties policées et les défilés militaires. Les fun-fascistes sont hype et tradi, par oppositions aux libéraux-libertaires, qui sont has been et nihilistes. Les funs-fascistes sont sympas-et-racistes, open-et-homophobes , des types en or, la quintessence du net, enfin à leurs propres yeux en tous cas. Les fun-fascistes aiment les vestes cintrées, les textures nobles, les blogs et les réseaux sociaux, (ce qui les distingue des skinheads, qui préfèrent le football, le battlewear, les tracts baveux et les manifs).

Le fun-fascisme, ou l'extase de l'Ordre Militaire chez les djeun's


H.A.L.D.E. : Honteuse Autorité de Lynchage Des Endogames. Hydre Antéchristique Libidineuse Démoniaque et Eternelle. 

Langue : (1) Biolog. Appendice fort pendu chez le consanguin, épais et suintant. Certaines langues présentent parfois un peu de mousse et quelques insectes.  (2) Linguist. Langage, idiome civilisationnellement correct. Exemple : "le poète José Désensio et le rappeur Morsay sont à la Langue ce que Charybde et Scylla sont à la navigation". En France-Monsieur, l'on parle la langue de Molière. L'on ne devrait parler qu'elle à la surface du globe, si vous voulez mon avis. De fait, la "langue française" est un filtre élémentaire. Quiconque ne la maîtrisant pas est au mieux un immigré économique, au pire un Démon des Temps Anciens.  (3) Littér. désigne le corpus textuel des auteurs réactionnaires français. La Langue toute entière s'insère dans ce "bibliogon" (cf. ce mot).

Nazisme : (1) Hist. utopie philanthropique profondément humaniste qui a mal tourné. Idéologie néo-païenne née en Europe dans les années 30, contemporaine du fascisme, et qui se fixait pour but un assainissement général du continent et l'éradication physique d'un certain nombre d'éléments hétérogènes. Malheureusement, et malgré des atouts certains au départ, le projet a déraillé. Certains historiens se demandent toujours quand... (2) Linguist. coup spécial consanguin : "islamonazi", "negronazi" (© Momo Gné), "alternazi", etc.

Petite annonce : 35 puceaux frustrés demeurant entre Toulon et Orange recherchent cimetière allogène à profaner. Contact : www.bloquidentiterre-provensalpcodazur.fr

Primotraditionnaliste : se dit d'un consanguin dantequidolâtre qui souhaite se démarquer des nobles intégristes de Saint Nicolas du Chardonnet, en teintant sa propre Réaction d'un peu de mythologie hindouiste et de symbolisme extrême-oriental. Mais le primotraditionnaliste ne s'en réjouit pas moins dès qu'un musulman meurt quelque part dans le monde. Il se prétend "juif par le père (si)", ou encore "américain par alliance à la troisième génération du côté de sa soeur". Le primotraditionnaliste fait invariablement dégénérer la religion catholique en religiosité militante, et s'affirme par exemple "chrétien sioniste" dans le but de souligner qu'il aimerait bien en revenir au doux temps des colonies, si ce n'est celui des croisades pour aller circumambuler à Jérusalem en transférant les races inférieures à Madagascar, par exemple. Et vas-y que je te saupoudre tout ça d'hindouisme mal digéré.

Le primotraditionnaliste a un petit côté milicien assez marqué : il glorifiera la France Eternelle tant qu'une autre puissance ne viendra pas revendiquer son droit de massacrer en masse au nom de l'Occident Immortel. Si une telle puissance survient, le primotraditionnaliste adopte alors le discours désabusé des déclinologues, crache sur son pays perverti par l'immigrationnisme bolchévique, se met à parler du "Frankistan", pour devenir le parfait milicien au service du Léviathan Nouveau. Il se paluche sur Omaha Beach, et s'envoie du Nicolas Baverez en perfusion. L'Eldorado est à l'ouest, les faucons et leur PNAC sont des conquérants, tout ça. D'ailleurs le primotraditionnaliste adorait John McCain, et Sarah Palin ressemblait tellement à sa mère qu'il en tachait ses pantalons.

Pendant des années, le primotraditionnaliste était arabophobe. Mais prenait soin de fermer sa gueule, par précaution : les phalanges antiracistes mitterrandiennes ou chirakiennes patrouillaient la nuit, et brûlaient sans sommation les maisons de ceux qui se laissaient aller à des propos un peu musqués. Le primotraditionnaliste est maintenant "islamophobe", "prosioniste", "bushiste", et il le klaxonne à tout le monde. Chez lui, tout raisonnement se sublime en propagande. C'est en somme un rutilant consanguin chromé, toutes options. Alliant la classe du Sergent Garcia au charisme de Bruno Mégret, le primotraditionnaliste ne rêve que de "ratonnades", de défilés militaires et d'héroïc fantasy. Suprémaciste comme personne, le primotraditionnaliste attend, comme le fait ce couillon de révolutionnaire trotskyste, son propre Grand Soir. Il s'agit de la REPRISE OXYDANTALE, de la Contre-Révolution Cathofasciste, qui devrait bien finir par venir à sa rescousse et le sauver de sa médiocre condition. En résumé, pour le primotraditionnaliste comme pour tout intégriste, il n'y a qu'un credo, qu'un mantra, qu'un unique totem encore et toujours : 



Prosélyte : quiconque essaie de parler de l'islam encore plus souvent qu'un consanguin identitaire.

Réacosphère : le Consanguin s'est organisé en "réacosphère" sur le net. Il a ses références habituelles, et surfe de souche en souche, tous les matins (et tous les soirs aussi). La "souche" s'entend de tout blog grouillant au sein duquel le consanguin exprime toute la pétoche que lui inspire le monde moderne, et accessoirement toute la détestation que lui inspirent l'étranger, l'immigré, l'allogène, le gauchiste, l'homosexuel, la femme, le fisc, l'administration, les banques, l'intermittent, le lycéen...

Selon une enquête du journal marxiste-islamiste Libération, "la réacosphère, c'est une vingtaine de sites. Ce sont véritablement des prosélytes qui partent avec leur bâton de pèlerin", analyse Guilhem Fouetillou, spécialiste de la blogosphère politique et directeur scientifique de RTGI (Réseaux territoire et géographie de l'information). "Ils répondent aux noms de «fdesouche», «bal des dégueulasses», «Ab Imo Pectore» ou «Legrandcharles»".


La réacosphère : les fafs en carton


Sunnites : talibans d'Irak et palestiniens du Panshir, ou quelque chose comme ça.

Ultra-gauche autonome : branche armée ultra-violente ultra-autonome du Djihad Islamique en France. Le sabotage de caténaires est l'étape qui précède immédiatement le crash forcé d'un airbus sur le Futuroscope de Poitiers. Quiconque a lu Guy Debord devrait être mis en détention provisoire pendant 45 jours avant de voir un avocat.

Fauve christique : plancton végétatif se prenant pour Toorop.

13 février 2009

The art of stalking

Cette semaine, le Ftalker s'étrangle de rage. D'abord, le Salon du Livre ne l'a toujours pas invité en tant que "vedette américaine". Cela fait à présent 17 ans que ce salon se tient Porte de Versailles sans que José ne soit jamais convié. Et pourtant, comment ignorer la stature imposante du scooter basque, qui tient le monde de l'édition tout entier dans son ombre immense ? Pire : une association consacrée à la coopération entre professionnels du livre et pouvoirs publics, a dressé une cartographie des sites littéraires SANS MENTIONNER LA ZAUNE. Hérésie. Blasphème. Crime de lèse-majesté. Comment peut-on ignorer le Ftalker ? Comment peut-on si ostensiblement dédaigner José Felipe Cabrón Gonorrea de Désensio, el maaacho, el único ?

Qui ose prétendre s'intéresser aux livres sans citer celui qui les contient tous ?

Pas mal de monde, en fait. La belle colère de José n'est malheureusement pas neuve. S'il avait reçu un euro à chaque refus de ses manuscrits et autres critiques, diable, le Ftalker pourrait renflouer le système bancaire occidental à lui tout seul. D'ailleurs, le féroce littérateur n'hésite jamais à mentionner sur son blog les déplorables réponses que lui font invariablement les maisons d'édition et les salles de rédaction. "Trop long", "pas dans notre ligne éditoriale", "aussi grotesque que mal écrit", "ne nous appelez pas, c'est nous qui vous rappelons", "super, ta blague, non vraiment", "va te faire enculer gros réac en plastique", "j'en rigole encore, sacré Juan", "avez-vous songé à consulter, cher monsieur" ou même "si vous nous écrivez encore une fois nous portons plainte pour harcèlement".


On imagine sans peine la frustration du pourtant stoïque et mesuré Ftalker. Qui s'empresse de commenter les lettres de refus, à grands renforts d'épithètes animaliers et de dénigrement névrotique, histoire de leur donner une leçon depuis sa Zaune. Non mais des fois.

Dernièrement, le Ftalker s'est fait bannir du blog de l'éditeur parisien Léo Scheer, après avoir passé plusieurs mois à y tenir le rôle d'épouvantail drapé dans sa suffisance. Malgré ses nombreux efforts pour y revenir planqué derrière un proxy, rien n'y fit.

Le Ftalker a donc aussitôt republié une note vengeresse, qu'il avait auparavant supprimée de son blog pendant la - longue - période qu'il a consacrée à faire la cour à cet éditeur. Pensez donc, il s'agit notamment pour ce dernier de s'intéresser à la notion "d'écrivain du net". Comment penser ce concept sans faire référence, tout de suite, plus vite que ça même, à l'incontournable Ftalker, précurseur cybernétique du dégueulis réactionnaire en colonnes serrées ?

Alors le grand bretteur se venge sur son blog, et crucifie littéralement les éditions Scheer. Fidèle à sa méthode, Ftalky-walky ne se penche pas spécialement sur les productions de cette maison, ni ne dresse la moindre critique des oeuvres publiées. Il s'en prend plutôt, mesurez la pertinence de l'entreprise, à la psychologie de l'éditeur, rien de moins. Et décoche une quantité de traits ravageurs, dont la victime aura assurément bien du mal à se relever... (Evidemment, une frêle cohorte de commentateurs vient immédiatement pratiquer de longues léchouilles sur le Ftalkounet tout colère, qui vont de la pique maladroite au relâchement total des sphincters - un certain Samuel Gerbe proposant d'appliquer des solutions tout simplement finales aux sous-races qui peuplent l'édition, et allez, le net en général).

Dieu sait que le Ftalker a essayé. Dieu sait quels efforts il exposa pour obtenir un sésame auprès de cet éditeur, essentiellement en hurlant pis que pendre sur ses poulains. Evidemment qualifiés de pouliches dès qu'il s'agit d'une auteur. Insultées et vilipendées comme seul un corbeau saturé de viagra sait le faire - ah mais précise-t-il, c'est pour protéger les jeunes pousses du vice de l'éditeur (c'est bien connu, on affirme toujours vouloir protéger quelqu'une en la traitant de poufiasse tous les jours pendant trois mois). Mais sérieusement, vous imaginez ? Des femmes qui publient, des éditeurs qui éditent, alors que Desensio périclite ?? Impensable. Délire hérétique. Méchante blague. Caca.

Au final, c'est même l'une de ces écrivaines qui s'est permise, sur son blog, de trousser un troublant portrait médico-légal de notre aimé Scooter. La garce a mis le doigt sur une pathologie que l'incroyable talent du Ftalker dissimulait pourtant très bien au monde. Les médecins ont même gravé dans le marbre scientifique le pseudonyme terrible du Ftalker, et même le "ftalking".


Le Ftalking.

To ftalk, ftoolk, ftalken.

Pour le fantastique critique littéraire, il en va des éditeurs comme des femmes : les refus s'accumulent, malgré les stratégies de harcèlement et d'omniprésence développées. Desensio fait le siège des forums comme d'autres s'abandonnent à l'obsession sexuelle, et il y pratique un onanisme frénétique jusqu'à ce qu'on le soulage - ou qu'on le chasse, le plus souvent. Certes, le fils de Dominique de Roux avait pensé, un temps, héberger José aux éditions du Rocher. Mais las ! Cela fit long feu, et Desensio continue donc aujourd'hui de confier ses rages flamboyantes à son seul géranium. Et à ses cent trente millions de lecteurs, bien entendu.

Et l'insolente d'expliquer que José Desensio passe son temps à jouer les grands méchants loups en plâtre pour échapper à une condition somme toute banale, vulgaire, à des années lumières du fauve christique qu'il est - et que tout le monde feint d'ignorer, bordel de merde. Le Ftalker, un crevard sur la béquille ? Une telle accumulation de frustration étant nécessairement assez explosive, il semble alors qu'on doive protéger la société des excès comportementaux du patient.


Les spécialistes n'hésitent pas à parler de contention, de camisole chimique, voire d'injonction judiciaire. On le traite comme un paria dangereux. Voilà le sort qu'on réserve aux hommes libres et aux rebelles-penseurs, dans notre pays !!! C'est bien la preuve, une fois de plus, que le monde n'est pas prêt pour la prose de José Désensio, et que chacun de ses mots peut y introduire de véritables bouleversements métaphysiques, des cataclysmes intellectuels aussi destructeurs que terrifiants...

Voilà pourquoi, oui, voilà pourquoi les éditeurs, les femmes, et les gens en général, ignorent soigneusement l'exubérante vitalité critique de l'homme que l'on nomme le Ftalker. Personne ne peut regarder le soleil en face.

12 février 2009

Hommage : gégène et chamamé

Sociologue au charme ravageur, doyen de la Faculté des Sciences Grégaires de Stuttgart, grand commandeur de l’ordre des Chieurs de Haches, chevalier des Arts Officiels et des Lettres Pures, et adepte de la capoeira catégorie des plus de 135 kg, le Professeur Miguel Enfoiros est LE spécialiste des tendances Consanguines.

Le Professeur Enfoiros est né en 1957 dans une famille de grands propriétaires terriens, en Argentine. Le jeune Miguel délaisse souvent le ranch familial et fréquente assidument son voisin, le Dr. Helmut Heinrich Dussander, un émigré allemand très discret installé en Argentine dès 1946 et reconverti dans la restauration bio et l'assistance logistique aux Escadrons de la Mort.

Miguel Enfoiros mène de brillantes études à la Faculté d'Ethnologie Géopolitique et de Répression Populaire de Buenos Aires, avant d'intégrer la prestigieuse Académie de Tchakouliabinsk en tant qu'instructeur, puis en tant qu'enseignant (promotion "Mengele" 1979). Son agrégation en poche, le Professeur Enfoiros rentre en Argentine, et fait fortune pendant la législature du démocrate-chrétien Augusto Pinochet, en tant que consultant au Ministère des Sports de Chasse. Il fréquente assidûment le Commodore Shrapnel, qui l'initie aux sciences humaines et notamment au traitement des dissidents par les plantes.

Il rédige également de très nombreux mémorandums tactiques dans le cadre de l'Opération Condor, ce qui lui permet d'affiner à la fois ses pleins et ses déliés, ainsi que son apprentissage des techniques contre-révolutionnaires. A ce titre, Miguel devient rapidement féru d'outils aussi exotiques que la poire d'angoisse, la vierge de fer, la noyade partielle, la privation de sommeil, l'inhalation de fumée, la brosse à dents, le chevalet, la goutte d'eau, le corps plié, etc... Il en conservera un certain stoïcisme devant la souffrance des autres, et une admiration secrète pour les geôles de Pol Pot - odieux dictateur aussi rouge que jaune, auquel Miguel a évidemment toujours préféré le mahatma Pinochet.


En 1990, Miguel Enfoiros s'installe en France et rejoint le GRECE, où il devient rapidement expert ès extrême-droites européennes, puis mondiales. Biographe autorisé d'Augusto Pinochet, d'Antonio de Oliveira Salazar et de Timothy McVeigh, Miguel Enfoiros travaille à Paris, où il seconde Jean-Claude Martinez dans la préparation de ses cours de droit constitutionnel pendant 6 ans, avant de disparaître purement et simplement, suite à l'affrontement fratricide entre lepénistes et mégretistes en 98. 

Plus personne n'a de trace de Miguel Enfoiros pendant 6 ans. On dit qu'il est retourné en Amérique du Sud pour monter des opérations contre les FARC ou Hugo Chavez, avec le succès que l'on sait, mais d'autres sources citent une retraite spirituelle au Cambodge.

Miguel Enfoiros réapparaît en 2004, à la tête d'une officine de sensibilisation au survivalisme sise près de Chartres. Il est rapidement contacté par le MPF de Philippe de Villiers pour rédiger un rapport sur l'influence croissante du Coran sur les bourgades françaises de plus de 5.000 habitants, intitulé "Abductions extraterrestres et mosquées clandestines : l'effroyable imposture". Plus récemment, la "Droite Libre", organisation radicale pratiquant l'entrisme dans les rangs de l'UMP, s'adjoint ses services jusqu'aux élections présidentielles de 2007. Miguel côtoie ainsi le gonzo-politologue Alexandre Del Sale, auprès duquel il se familiarise avec les réseaux d'influence de Charles Pasqua.

Depuis, Miguel Enfoiros est consultant régulier pour la Confrérie des Consanguins, et continue de donner des conférences dans le monde entier dans le cadre de son association "Extreme Rightism & Leather Fetichism". On note qu'il rédige plusieurs articles en 2007 pour la "Société des Sursinges Babilleurs" que sa grande connaissance des régimes autoritaires sud-américains passionne.

Par ailleurs, Miguel Enfoiros rejoint nombre de consanguins dans leur fétichisme du cuir et des blondes, et si possible des blondes en cuir. On sait combien les natios post-fascistes adorent la dominatrice plantureuse et la blonde aux pigments asgardiens, la "western girl" quoi. Support our troops.


Certains esprits chagrins ont parfois dénoncé la sexualité trouble du Professeur Enfoiros, qui ne porterait pas que sur des walkyries de boulard... D'aucuns insinuent même que ses nombreux voyages en Asie du sud-est doivent autant à ses recherches sur le totalitarisme khmer qu'à son penchant pour les pubis glabres. Et de fait, il est arrêté en 1996 pour attentat à la pudeur, mais c'est après avoir pratiqué un coït avec un fusil d'assaut semi-automatique sur le balcon de son hôtel à Pnom Penh (le dossier fut classé sans suite grâce à de vieilles amitiés au Quai d'Orsay).

En toute hypothèse, il s'agit là d'un précieux intellectuel, un éminent sociologue dont les travaux guident les consanguins dans la nuit de la mondialisation.

Que sont-ils devenus ?

In memoriam, Sylvie. Vos conceptions de la législature 
municipale étaient pourtant d'une grande noblesse.

11 février 2009

Ivanhoé Rioufol des Croisades

Ivan Refioul, dit le « Ivanhoé des Croisades » ou encore « Ivan l'Horrible », fait partie de nos avant-postes, nos éclaireurs, à l’instar d’Eric Zemmour ou de Claude Imbert. Il s’agit là de l’un des « républicaniens », ces porte-paroles qui vomissent tout haut ce que les consanguins régurgitent habituellement tout bas. Mais surtout, Ivanhoé est passé maître dans l’art de détourner les mots et de prendre en otage les concepts, dans la plus pure tradition Leborgniste. Ses termes sont toujours choisis avec la volonté de simplification binaire qui caractérise tout entreprise de stigmatisation incantatoire. Idéologue et propagandiste, Ivanhoé s’exprime chaque jour dans l’un des journaux les plus lus de France, et sur son blog bien entendu (comme le sait tout consanguin, un blog permet une activité émétique plus soutenue qu’un simple éditorial, même à gros tirage). Refioul a érigé son talent émétique en Art Subtil de la Propagande en Milieu Conquis. Toute honte post-mittérandienne bue, prenant bonne note du score du FN en 2002, Ivan se lâche comme un sauvage sans discontinuer, depuis des années maintenant.

L’activité éditoriale d’Ivan Refioul consiste en un reflux actif et volontaire par la bouche, du contenu gastrique – voire intestinal, lors des plus spectaculaires rafales. Elle se distingue de la régurgitation populaire qui, elle, est passive. Le quidam se contente en effet de réflexions racistes dans le métro, ou de jurons xénophobes lancés au téléviseur après une dure journée de labeur. Ivan Refioul a fait de cette régurgitation molle de conservatisme rance une activité quotidienne, ouvragée, en un mot, éditoriale. Plus qu’une régurgitation, l’activité d’Ivanhoé consiste en une longue expulsion constante de tout ou partie du contenu de l'estomac par le clavier. Action protectrice, elle a pour but de protéger l'organisme contre l'ingestion d’idées toxiques et l’exposition à des phénomènes culturels différents.

Car quand le quidam veut foutre les algériens dehors et envoyer la troupe aux martiniquais, Ivan Rioufol parle d’identité et de communautarismes. Il faut souligner à quel point les mots sont devenus, sous le clavier de nos républicaniens, totalement interchangeables. L’immigration est responsable des trois quarts du déficit français, ainsi que de la quasi-totalité des actes de délinquance commis sur le territoire, écrit le savant Refioul. Ce que le consanguin de base a traduit depuis longtemps par un « la France aux français », slogan qui étincèle dans le firmament idéologique avec l’éclat d’un œil de verre. 

Ivanhoé érige donc, non pas la nation, mais le nationalisme, en socle fondamental à partir duquel décrypter tout autre phénomène. Ivan choisit notre degré de communautarisme favori, le degré national, pour prétendre ensuite combattre toute autre forme collective, taxée de communautarisme (le communautarisme musulman qui se cristallise autour du Coran, le communautarisme européen qui se cristallise autour de Bruxelles, le communautarisme gauchiste qui se cristallise autour de Marx et au-delà, d’un humanisme douteux, etc). 

Une dose de régurgitation islamophobe quotidienne, et ça repart.

Son mécanisme éditorial est d'une superbe obédience droitière : dans le tronc cérébral d’Ivanhoé se trouve le centre idéologique recevant des informations du cortex, de la pression des ventricules cérébraux, des viscères, et d'une zone de chimiorécepteurs appelés « xénobloquants ». Soumis à des images (un voyage présidentiel au Mexique, des troubles socio-économiques dans les territoires les plus exotiques de la république, une fronde périurbaine violente ou une manifestation sur le pouvoir d’achat), le tronc cérébral envoie des efférences vers le tube digestif, plus particulièrement vers le duodénum. L’organisme tout entier est alors pris de convulsions. 

Ça monte, et c’est irrépressible. L’éditorialiste allume alors son PC, avec une certaine difficulté puisqu’il est pris de tremblements. Il lance un doc word et aussitôt, se produisent les mouvements rétropéristaltiques du duodénum, suivis d'une contraction du pylore avec atonie gastrique, puis d'un relâchement du cardia avec contraction simultanée du diaphragme et des muscles abdominaux - ce qui provoque la remontée des arguments. Guebouul-gwarg. 

Enfin, un phénomène réflexe chez le sujet conscient permet la fermeture des voies aériennes supérieures, ce qui prive son cerveau de toute nouvelle arrivée d’air pendant le temps que dure la rédaction de l’éditorial. L’alimentation du cerveau en air reprend ensuite petit à petit, dans la mesure du possible dans une salle de rédaction du Figaro.

En résultent de nombreux éditoriaux dont le propos n’est autre que de présenter le multiculturalisme comme l’ennemi absolu de l’identité française, qui est définie classiquement comme blanche, catholique et conservatrice. Tout trouble économique, toute vague sociale, tout soubresaut culturel est nécessairement induit par un stimulus exogène, par essence vicieux, et probablement islamique. A l’instar du circuit digestif de l’éditorialiste, le pays tout entier devrait donc, à son sens, rejeter vigoureusement toute forme d'extranéité, combattre les tentations cosmopolites conçues comme autant de chevaux de Troie, et éliminer les parasites. Ivanhoé s’accroche à une notion de « société naturelle », exempte donc de parasites, et révèle ainsi le sain essentialisme qui préside à toute démarche consanguine. 

Ivan Refioul ne sort jamais de son bureau, ne lit jamais autre chose que les communiqués élyséens et le blog de Daniel Pipes, ne voyage jamais à l’étranger (ne serait-ce que pour mesurer les petites nuances qui distinguent la bande de Gaza et Clichy-sous-Bois), truque les chiffres (notamment ceux de la démographie française, qu’il ignore ou déforme à loisir), mais prétend livrer à chaque édito un instantané du pays aussi exact qu’un procès-verbal.

Ivan Refioul pose le problèmes en termes simples. L’alternative politique est claire : c’est l’ultralibéralisme catho-conquérant (inspiré du néoconservatisme protestant américain), ou alors l’islamisation bolchévique. La civilisation rentable-durable sarkopilotée, ou la barbarie obscurantiste amenée par l’ethnomasochisme des gauchistes. Partant de là, Ivanhoé prône un statut du ressortissant national ontologiquement supérieur, à partir du moment où il procède d’une adhésion sans condition à sa conception de la nâtion, entendue comme un complexe idéologique, ethnique et historique homogène. Contre le multiculturalisme et la mondialisation, dépeins bien évidemment comme deux totalitarismes meurtriers, avec chars d'assaut, goulags, camps de rééducation, empoisonnement des opposants au polonium, torture des dissidents, et famas dans le cul des masses hypnotisées, n'est-ce pas. Toute proposition contraire est taxée de « régressisme » par Ivanhoé, et doit être traitée comme telle.

S’ensuit alors une litanie consanguine exemplaire : Ivanhoé parle de "tribalisation des quartiers", de "libanisation du pays", "d’intifadas anticapitalistes", "d’antiracisme stalinien", ce qui démontre selon ses détracteurs qu’Ivan Rioufol ne maîtrise absolument, définitivement, radicalement, aucun des concepts qu’il invoque et des réalités qu’il travestit.

Mais peu importe, puisque l’effet se produit. Cette aseptisation des thèses métaconsanguines joue pleinement son rôle dans l’exacerbation des antagonismes culturels, vers un gros affrontement multipolaire, interethnique ou pluriconfessionnel, dont on aura beau jeu de dire, ensuite, qu’il était inévitable et que les droit-de-l’hommistes et les immigrés l’ont provoqué... Matez un peu la stratégie. Le fantasme de la Guerre de Tous contre Tous opposé au Retour à l’Ordre Moral Identitaire. Le reste n’est qu’une question de mots, et à ce jeu, Ivanhoé pratique un nivellement hors norme. 

Puisque la société est en crise, crise économique, crise existentielle, crise sociale, il faut trouver des bouc-émissaires. Les consanguins sont les spécialistes du débusquage de bouc-émissaires : les juifs, bien sûr. Les arabes, forcément. Les immigrés, de toutes façons. Les fonctionnaires, depuis longtemps. Les profs, les athées, les chercheurs, etc. Les asiatiques, dans pas longtemps.

Prenez l’exemple des Caraïbes françaises : ce qui est incontestablement un problème social et économique, reprend des couleurs ethniques fortes sous la plume d’Ivanhoé, qui parle de séparatisme ethnique et d’interventionnisme étatique, les deux monstres habituels qui terrorisent les lecteurs du Figaro et fédèrent les troupes d’extrême-droite (terme dont la désuétude actuelle nous emplit d’aise, soit dit en passant). Les guadeloupéens en révolte n’ont pas de problème économique : ils rejouent seulement les guerres de décolonisation, par poussée communautariste évidemment ! 

Le communautarisme, encouragé par le socialisme, une équation binaire comme on en trouve trop peu aujourd’hui. A ce titre, bien entendu Ivanhoé est l’un des tous premiers à taxer une bonne partie de ses compatriotes d’antisémites, puisque selon lui, les altermondialistes, les gauchistes, les opposants à Israël et puis tant qu’on y est les antisarkozystes, sont tous des antisémites (dont certains s’ignorent, rendez-vous compte de l’œuvre de salubrité publique à laquelle se livre Ivan). Car pour tout républicanien, le communautarisme juif est différent des autres : il est bel et bon, celui-là. Il est mérité. Il est intouchable. Il est "justifié", parce qu'il est à la pointe du combat de l'Occident contre les Hordes de Cthulhu. Et de reproduire ainsi les amalgames entre judéïté et Israël, amalgame qu’affectionnent non seulement les horribles islamistes, non seulement les burlesques gauchistes anticréditistes, mais également les consanguins soraliens pour lesquels nous avons tant d’amitié... En cela comme en d'autres domaines, Ivan Rioufol fait assurément oeuvre scientifique, et démontre par A + B que les perses et les sarrasins sont d'odieux orques à grandes dents qui veulent dévorer nos enfants.

D’ailleurs pour Ivan, le monde n’a connu que deux génocides : la Shoah et le génocide vendéen. Le reste, comme dirait Patrick Balkany, ce sont des photos truquées. Des « points de détail » de l’Histoire, en somme.

Pourquoi un éditorialiste français devrait pénétrer les subtilités de l’islam, pourquoi devrait-il distinguer entre musulmans et fondamentalistes ? Est-il besoin d'être ethnologue, sociologue, théologien, géopoliticien ou historien pour parler de ces phénomènes ? A-t-on besoin de convoquer sans cesse cette prétendue "complexité du monde" ? Les musulmans sont tout simplement priés d’en finir avec leur religion, qui n’est autre, comme le disent nos républicaniens, qu’un fascisme. Consanguins, réjouissez-vous ! Dantec, Del Sale, Imbert, Berseker, Daguieff, ceux que Daniel Lindenberg rassemblait sous le terme générique de « nouveaux réactionnaires », et qui se sont tous emportés contre les amalgames auxquels se livrait cet horrible pourceau maoïste, se rassemblent quand même aujourd’hui sous le vocable de « rebelles » - nonobstant le fait que leurs (nos) idées ont à présent pignon sur rue. Peu importe, puisqu’il suffit de conserver un lexique de martyr et un vocabulaire de « résistant ». Et tous se piquent de parler de l'islam, "l'islam facial", un gros monolithe liberticide qu'il faut combattre ailleurs et humilier ici. Rappelant malgré eux, mais pour notre plus grande joie, les ténors nationaux-socialistes qui expliquaient la "psyché juive" dans les années 30, nos républicaniens n'hésitent d'ailleurs jamais devant un bon point Godwin des familles.

Ivanhoé vomit donc beaucoup, pour notre plus grand plaisir. Il est parfois même atteint d’un violent syndrome de Mallory-Weiss, qui déchire la muqueuse située à la jonction entre l'œsophage et l’estomac. Provoquée par des vomissements répétés et prolongés, une telle logorrhée conservatrice aboutit à une hémorragie aigue, que les dîners mondains et les cabinets ministériels présentent comme une saine expression journalistique – bien loin de la fange internétique dénuée de toute déontologie. Les productions d’Ivan Rioufol ont en effet des propriétés émétiques fortes, qui permettent une contagion soutenue des opinions ainsi révélées au péquin moyen via le Figaro. Et ça, ça s'appelle la propagation consanguine, et c'est ce à quoi ont rêvé Carl Lang et Bruno Gollnish depuis plusieurs décennies, ce qu'on oublie trop souvent de rappeler.

Après Robert Redeker et Michel Gurfinkiel, nous décernons donc à Ivan Refioul le très convoité Prix Goebbels-Whipple, pour l’ensemble de son œuvre


Ivanhoooé, Ivanhooooé...

10 février 2009

Wir tanzen mit Fascismus


La critique a des couilles comme ça

Cette semaine, le Ftalker s'épanche une fois de plus sur sa condition de critique de droite. Nous bénéficions ainsi qu'un portrait qui dépasse les limites de la littérature, à laquelle finalement le gros des troupes consanguines ne s'intéresse que modérément, pour embrasser tout bon leader consanguin qui se respecte. Qu'est-ce qu'une critique de droite ? A quels signes reconnaît-on un critique de droite ? A partir des propos de notre sémillante Pétrolette des Lettres, nous avons extrapolé une description plus précise. Le critique de droite se réfère non pas à une théorie, mais à une Vérité Révélée, LA Vérité, qui ruine toute comparaison, et qui condamne toute critique de la critique pour censure tchékiste.

Cette note se distingue par deux caractéristiques majeures. Sa morale tout d'abord, férocement édifiante : la droite française décomplexée à 140 % qui se débat sous nos yeux et échoue pourtant à redresser la France-Monsieur, est encore une caricature de ce que devrait être une droite politique sérieuse, forte, autoritaire, identitaire, policière et sacerdotale, qui n’a jamais existé du moins dans notre pays. 


La Droite Décomplexée ne va pas assez loin.

Évidence métaphysique ensuite : la critique littéraire est de droite ou n'est pas, puisque l'intelligence, la sensibilité, la droiture, le discernement, le sens commun sont de droite, comme d’ailleurs le bel esprit, la politesse, la chevalerie, la vérité, la morale, la propreté, l’eau de cologne, la gastronomie, le vin, les Aston Martin, les cathédrales, la beauté physique, la police, les bergers allemands, le service public continu et la défiscalisation, bref l’esprit impérial. Sont de gauche en revanche la laideur, la dépression, la délinquance, le nihilisme, le sexe, la désinvolture hédoniste, le dionysiaque, le lucre et la luxure, la gourmandise, les cheveux longs, la radioactivité, les éditeurs, les journalistes, les internautes, le réchauffement planétaire, les paradis fiscaux et les parasites intestinaux. Le Ftalker rejoint là, une fois de plus, les plus archétypaux des consanguins. Preuve qu'un ultracatho réactionnaire et un "païen" xénophobe s'entendent en fait très bien...


Le critique de droite

Qu'elles soient actantielles, psychanalytiques, deleuziennes, foucaldiennes, structuralistes, déconstructionnistes, antiréductionnistes, et j'en oublie forcément, toutes ces grilles de lectures qui se prétendent impartiales voire scientifiques, ne peuvent rendre compte des Profondeurs de l'Ecriture, Acte souverain, Miracle absolu de la Grâce, illuminatio Dei per secula seculorum. La critique de droite est buissonnière, passionnée, métaphysique, verticale, sanguinaire, viscérale, essentielle, religieuse, catholique évidemment. Le monde a perdu de vue ce que devait être une vraie critique de droite, vitaliste, survivaliste, gorgée de sang frais, le sabre au clair et le regard furibond, la critique de droite est solidement campée sur ses jambes et elle a une paire de bollocks énorme qui lui pend au milieu. La critique de droite est virile et bourrue, elle sent le shnaps et le jambon braisé, elle est décomplexée : elle réhabilite la conquête et le suprémacisme, elle colle sa métaphysique lyophilisée à tout va, elle se réclame d’une transcendance qui ne craint pas de puer des aisselles. La critique de droite pète en se signant, et reconnecte le divin avec son trou du cul. 

L'extase du binaire

Car le critique de droite préfère l’Absolu au Relatif, et croit toujours se tenir au zénith du premier, pour vomir sur la bassesse du second. Le critique de droite remplace l’analyse par l’invective. Le critique de droite invoque l’Eternel féminin pour dégueuler sa misogynie galopante, la Littérature pour taper sur le journalisme, Dieu pour fustiger le rationalisme, la Métaphysique pour contester la géopolitique, ou l’Essence, pour critiquer l’existence. Le critique de droite ressemble beaucoup à un mollah pakistanais. 

Elle prétend, cette critique de droite, davantage gloser sur la divinité qui réside dans chaque caractère d’imprimerie, que placer la Littérature sous un prisme analytique ou politique. La critique de droite fait donc systématiquement dans l’anti-intellectualisme, sous prétexte de réhabiliter certaines pensées aristocrates. Elle tourne en boucle sur trois références (Heidegger, Kierkegaard et Nietzsche) et s’y vautre avec la délectation des obsessionnels.

La critique de droite se met en scène, et elle affirme bien fort que la Littérature ne s’écrit que devant un bourreau, pour adopter le statut de Victime. Le critique de droite est un martyr, et au lieu d’éclairer les auteurs explosifs dont il traite, ce sont ses propres articles qu’il approche du feu pour se persuader qu’ils sont inflammables. D’ailleurs, la critique meurt jeune. La critique a du soleil sur son front, qui met dans ses cheveux blonds, de la lumière. La critique porte du Mennen et garde un morceau de rillettes sur le menton, mais elle a quand même le port altier et le profil aquilin. Elle ressemble un peu à Clint Eastwood, à Robert Redford, ou à Jean Sarkozy – enfin un truc classe.

Si le démon de la théorie et du grand ensemble ronge la cervelle de gauche, c'est l'urticaire de la liberté qui afflige le critique de droite : il veut tellement intoxiquer ses contemporains qu’il s’envenime tout seul, s’empoisonne doucement et s’inocule une telle dose de ressentiment qu’il le confond avec une prétendue liberté d’esprit que l’Autre s’empresserait d’arraisonner. Conséquence immédiate pour le petit critique de droite : il s’attend à ce que de rigoureuses mesures sainement prophylactiques soient instamment prises à l’encontre du pestiféré qu’il est. Il les espère : puisqu’il croit empoisonner son époque, il attend l’antiseptique que la société doit logiquement lui administrer, validant par là ses poses de martyr et ses cris de rebelle à la panséunique. Le critique de droite adore être critique de droite : les trois quarts du temps, son positionnement politique lui fait également office de travail. Le critique de droite n’a qu’à se dire tel pour estimer qu’il « critique ». Le critique de droite n’a plus qu’à pratiquer du name-dropping pour inscrire ses glavioscrits dans une tradition de pensée ou un processus savant. Le critique de droite, c’est un peu Poujade qui a lu Botho Strauss.


Le jeune ignore, 
le gauchiste ment, 
le critique de droite sait.

La simplification en armes

A l’instar de n’importe quel bavasseur politique, le critique de droite nie toute pertinence au clivage droite-gauche, qu’il dénonce comme un trompe-l’œil éculé. Mais dans la seconde, il qualifiera tout ce qui lui plaît de droitier, et revendiquera un statut de « réactionnaire ». Et cette revendication lui suffit, comme il suffit au bobo parisien de se dire « de gauche » au milieu de son loft rempli d’art dégénéré, de musique téléchargée et d’odeurs prohibées. Rien de plus simple en effet que de s'apitoyer sur le monde entier quand on ne souffre que d'un tiers provisionnel un peu lourd, ou de la difficulté à se procurer de la coke à un prix décent... Et c'est bien ce qui rend fou le critique de droite : comment peut-on être blanc, catholique, bien portant et pété de thunes, tout en professant des idées séditieuses contre l'Ordre établi ? C'est bien sûr parce qu'on est un bobo pleutre qui se donne un genre entre deux vernissages au champagne. 

Le critique de DROITE méprise tout le monde : l'anarchiste révolutionnaire, l'ultragauchiste autonome,  le bobo hypocrite, le socio-démocrate, et le libéral cool : ils ne sont tous que des impies matérialistes qui opposent leur relativisme jouisseur à l’héroïsme ascétique du critique de droite, drappé dans la Tragédie et botté de cuir. Le critique de droite est le nec plus ultra de l’élitisme : il craint les masses, méprise les intellectuels et honnit même les élites matérialistes. Il rêve de leur substituer une élite spirituelle, dont le rayonnement fera plier les particularismes, assainira la société et dissoudra les velléités mélangistes. Le critique de droite prend toujours prétexte du sulfureux et de la dissonance pour étaler son amour de l’ordre et de la hiérarchie.


La critique littéraire, 
c'est la guerre-euaaaAAAARRH

Le critique de droite est la quintessence de l'homme de droite, le réactionnaire au sens de Nicolas Gomez Dalida, qui pervertit les concepts de démocrate et de progressiste pour se présenter en réceptacle de la contestation traditionaliste. Le réactionnaire a une conscience supérieure du tragique, et remplace l'effort par le sacrifice - symbolique, c'est tellement plus reposant que l'effort réel. Aucune entreprise humaine ne peut apporter le soulagement, seule la religion est vecteur de paix. Et pas n'importe quelle religion, mais celle du critique de droite, forcément.

Le critique de droite, le Réactionnaire a la nostalgie de la lourdeur et du drame. Il s'en repaît chaque jour, mais vit dans la frustration de la catastrophe qui ne vient pas. Il tonne contre la décadence et le nivellement, mais les faits, ces connards têtus, lui refusent continuellement l'Apocalypse-qui-vient. Alors il la décèle en toute chose.

Et le critique de droite utilise un prisme de pensée qui n'est rien moins que métaphysique, il surclasse donc nécessairement toute autre discipline et si on n'est pas d'accord c'est qu'on s'inscrit contre Dieu, au minimum. Le critique de droite a besoin de se soumettre à quelque chose de plus grand que nous tous, et c'est en religion qu'il l'a trouvé. Et comme le Jour du Jugement Dernier est sans cesse repoussé sine die, entre-temps le critique de droite s'en remet à toute expression de puissance virile. A défaut de se prosterner devant le divin, il s'alanguit, servile, aux pieds de la puissance brute, du leader charismatique, un pinochet de service ou un napoléon de circonstance. Parce qu'en cette puissance virile, le critique de droite retrouve sa volonté d'affirmation, son priapisme dictatorial.

Et au fond, le critique de droite se débat avec LA seule question : a-t-il la force de darder sa critique à la face du monde ? Sa critique peut-elle se gorger de sang suffisamment longtemps pour impressionner l'auditoire ? Sa critique est-elle assez épaisse, assez longue pour clore le clapet des révolutionnaires et des progressistes ? En un mot, est-ce bien lui qui a la plus grosse ?

Huuuuuumpf !

07 février 2009

Wollt Ihr den totalen Krieg?

Consanguin wants you !

Consanguin wants you !
*** Enrôlez-vous dans le Choc des Civilisations ***

And remember...