03 août 2006

On se calme et on boit frais dans la Zone



Heureuse surprise, une pléthore de courriers orne notre boîte aux lettres depuis l'Ascension. Parmi vos nombreux encouragements, nous avons sélectionné (rude tâche !) un extrait choisi, quintessence de votre noble prose consanguine. Chantre du polemos, prophète du logos, matamore de la langue françoise, potentiel sauveur d'une culture en détresse, infatigable chieur de kougloffs, fier cavaliero de mon cul, il est de toutes les joutes verbales : en exclusivité pour Vous, frères consanguins, José Desensio dit Le Stallekère nous honore de son étourdissante logorrhée catarrhale.


"Je n’aurai pas l’outrecuidance ridiculissiste - non je n'aurai pas l'outrecuidance ! - de prétendre que ma pensée est originalesque (vous non plus ça tombe bien), n’ayant rien de ces professeurs de philosophie qui tutoient Nietzsche, Kierkegaard ou Heidegger en faisant montrasse d’une dégoûsquante familiaritège à l’égard de ce tout-autre qui les dépasse de mille, de cent milles, de trois cent milles, d'un million, d'un milliard de coudées. Certes, un jour Céline dans un bouleversant élan de flamboyante générosité, celle-là même que l'on ne rencontre que dans les faubourgs populaires de notre enfance, poumons ardents de l'authenticité perdue, Céline disais-je avant de m'interrompre moi-même - ah Céline ! - Céline donc m'a envoyé des fleurs, un très joli bouquet avec un mot adorable - attention citationnage et même grosse exclu : "Juan, merci.". C'est dit !


Adoncques, je n'aurai pas la présomption de clamer que ma pensée déchire votre mère - ou la mienne - mais l'idée est là elle a le mérite d'exister, nous pourrons toujours en reparler, ma mère ou la vôtre, il serait bon à ce sujet de consulter De Maistre, notre maître à tous (maître / De Maistre : joliiii !!!), notre vrai pâpe des zarts zé délettres - mais ce mot a-t-il encore un sens en ces supérieures contrées de la pensée. Ah : la pensée. La mienne. Une pensée justement ; non pas un résumaire, ni même un abstractus, aussi "savant" fût-il, voire génialiste (ce que la vôtre n’est assurément pas et ne sera jamais !), mais une pensée indissociable d’une vie marquadée par l’épreuve, marquadée au fer bleu de ce qu’exigeait de sacrifices quasi-sacerdotaux, de renoncements, de pertes blanches, de douleurs abdominales et de solitudesse immense, le "Chemin" entraperçavu et, une fois chois, inébranlablement pourcoursé jusqu’au péril extrêmistal de la folitude ou de l’échequation. Non, je n’ai rien d’un penseur puisque tout ce que j’écrivaillonne, y compris mes livres, ressort en dernière analyse au genre du fragment, du substrat, de la sécretion collante, de la super-fiche de lecture, de la longue miction, du défèquage en règle, de l'excrémentaire gargouillis informe, du recopillage sans force, de l'éructation glaireuse, de la ponte nauséabonde et monolithique, du tartinage littéro-inepte et prétentieux, du coulis sphinctereux autocontemplatif, de la dégoûtante usurpation puantride, de l'escroquerie intellectuelle, de l'empilage grotesque d'interminablissimes phrases pompeuses, bancales et engrossées d'elles-mêmes, de la provocation pour impotents et illettrés, de la farce indigeste et de la trahison linguistique, de la mutilation syntaxique, de la voie-de-fait grammaticale, du carambolage stylistique, de l'éboulis verbeux, du perpétuel viandage logorrhréeux, bref de l'épouvantable bavardage autofellatoire, brillamment illustré par quelques modèles régulièrement trahis, ! pervertis et rabaissés comme Bernanos, Steiner, ou, bien sûr, Boutang. C'est dit !

Pourtant, QUITTE A DEPLAIRE, je dois affirmer que j’ai un style et que, bon an mal an, celui-ci doit bien tenter d’évoquer "quelque chose" de ma pensée, de ses contradictions, de ses errances, de ses circonvolutions maladives, de ses méandres visqueux, de ses impasses par centaines, de ses sous-bassements miasmeux, et, parfois mais bien rarement, de la

lumière interlopette, conquise en "somme" à contre-nuit, contre-jour, contre-temps, contre-fort, parce que le principal c'est d'être contre, qui accueille le marchationneur exténurite au sortir d’une forêt. Attention citationnage : car comme le suggérait Rebatet - mais n'y était-il pas entièrement prédisposé je me le demande parfois le soir au coin, au petit coin pour être précis - Rebatet, donc, oui Rebatet deux points qui ne font qu'un : "Le débat pourrait se prolonger éternellement dans les méandres de nos pensées harassées, mais dans le fond, mon petit Juan, je m'en branle de tes conneries. Sans rancune." La clairière ne marque rien de plus qu’une halte temporale car, de nouveau, nous devons pénétroler dans le haut massif de bois sombres qui se tient devant nous et avale, avale salope avale, la douceur de cette lumière qui n’aura donc été, comme le savait Giraudoux, lueur frôlant les sables mouvables plutôt que le seuil véritant, que l’entre-deux pompeur, l’orangeraie, le verger qu’évoque Gadenne, où l’on peut se retiendre afin de puiser de nouvelles atrabulesques forçasses ou, au contraire, s’endormure, croyant que nous sommes parviendus au bout de l’effort.


Or, non ! Celui-ci reste à accomplir, comme le Chemin d’ailleurs qui mobilise ses plus secrètes ressources, comme le répète inlassablement Gomez Dalidà, le Grand Réactionnaire Authentique. J’oubliais : no hay caminos, hay que caminar, no hay marijuana que fumar… C'est dit ! C’est une évidence, de même que celle consistant à affirmer que mon esprit répugne à l’esprit de synthèse, (ben tu m'étonnes !) systématique autant que systémique, c'est la tactique du gendarme, de clarté point, de concision nenni, et ce depuis mes années de si proche et laborieuse scolarité, comme le constata d’ailleurs bien vite mon professeur de philosophie de khââgne, qui jamais ne me crut bon penseur, et il n’avait pas tort de le croire, bien sûr, si l’acte de pensée signifiait, d’abord et quoi qu’on en dise, le fait de pondre dans les temps une jolie petite copisse lisible à la mécanique si bien huilée qu’en quatre pages doubles quadrillées, la marge à gauche - et j'écris comme une pelle-à-tarte - elle se vantait de pouvoir apporter une solution au mystère, pardon, au problème philosophique du Mal... Ce que j'essaie moi-même de faire, tel un furibond Fauve Christique, gros bourrin s'autosuçant indéfiniment malgré les courbatures que toutes mes contorsions mentales impliquent, distillant mes nauséabonds préjugés au détour de lénifiants commentaires de texte livrés au quintal, émettant mes interminables rôts staturo-pondéraux de petit paon boiteux, crachant fièrement ma soupe à la face du nihilisme de nos TEMPS OBSCURS ET FINISSANTS, crachant mon Sublime pus blénorragique

contre cette EPOQUE D'INSOLENTE ET IDOLÂTRE CORRUPTION DU VERBE, étalant sur mon blog mes écoulements purulents chroniques - mais si terrriblement aristocratiques n'est-il pas ?, y consignant mes écroulements sycotiques à la lumière d'une unique bougie sacerdotale, vilipendant sans relâche la parole dévoyée, comme nous l'enseignent Kraus, Klemperer ou encore Robin. C'est dit ! Je vâucifère, je tonne, Moi, je kilotonne, mélangeant inextricablement la grandeur et ma bassesse, l'eschatologie et ma scatologie, la lumière et ma boue, la vérité et mon mensonge, moi, moi, avilissant écrits, genres littéraires et auteurs, les mettant plus bas que terre pour me hisser à leur niveau, mon Dieu délivrez-moi j'en chie comme c'est pas permis... Le problème de la France c'est qu'elle disparaît, on sait plus où on l'a mise, raaah salope de décadence, non vous n'êtes pas d'accord ? ah vous êtes plus là ? allo ? MAMAN ? MAIS QU'EST-CE-QUE TU FAIS LÀ ??! Bon... d'accord... allez, juste une pipe, mais c'est tout hein, j'ai encore du travail ce soir je dois sauver le Verbe."




"Le bébé medorrhinum présente une forte propension aux gastro-entérites avec le bon vieux point d'appel : l’érythème fessier." (Vidal du Citationniste Collant, p. 542, les infections gastriques et logostomacales).

Consanguin wants you !

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And remember...