19 septembre 2008

T’as pas de face(book)

Cette semaine, l’inaltérable José Désensio nous a adressé un mail tonitruant, apte à réveiller les consciences et mobiliser les énergies, comme le disent les caciques du parti socialiste lors de leurs pitoyables grand’messes pré-post-électorales. Le grand José s’indigne, et avec raison, ô combien raison, de ce qu’en plus des éditeurs, des distributeurs, des critiques et des chroniqueurs, les lecteurs ne semblent pas non plus s’intéresser à sa dernière et formidable production, « Maudit soit Adreas Werkenkrakendermeister ! ».




Il s’agit à l'origine d’un message d’abord adressé à ses habituelles groupies, agglutinées sur la page Facebook de notre inénarrable conquérant, que nous relayons avec plaisir afin d'aider notre aimé Ftalker dans sa vaste et noble entreprise d'intoxication mondiale au kougloff.


« Mes chers tous.

Je vous avais envoyé, il y a quelques semaines, de très nombreux emails vous enjoignant de vous procurer sans délai mon dernier ouvrage, « Maudit soit Andreas Werkmeiskrekken ! » aux éditions La Nuit Ténébreuse des Maudits du Grand Occident.

Non, certes, que j'escompte retirer de ces ventes un quelconque kopek, puisque les éventuelles recettes tirées de l'hypothétique vente de cette bouse iraient toutes – hélas ! - à mon cher éditeur, qui en a bien besoin puisqu'il est nouveau ET tout petit ET spécialisé dans le paveton pédant, ET quasiment condamné d'entrée de jeu puisqu'il signe des purges comme moi, et que, du reste, j'ai signé un contrat où mon à-valoir est proche de zéro. C'est dire si mon austérité de sombre et ténébreux bouffon ne va pas se transformer en indécente opulence, et si par le fait malheureux je pourrai ainsi continuer de pester contre l'absolue étanchéité du monde actuel à ma prose tonitruante et à mes traits acérés. Fort bien !

Mais je dois vous dire, mes chers amis, que J'ai reçu les premiers chiffres de ventes de mon livre et qu'ils sont abominablement nuls, ridicules, hilarants, et en tous cas bien inférieurs, de loin, au simple nombre de participants de ce Fâssebouque : c'est à dire qu'il s'en est vendu trois. Pas cinq, pas quatre, non non, juste trois. Je soupçonne mon aimable Famuel Gourio d'en avoir acheté deux, et j'en ai acheté un autre pour l'adresser à quelque gourou catho-blasté dans sa retraite canadienne, donc a priori, personne n'a lu ce Grand Oeuvre. Damn.

Que les choses soient donc parfaitement claires : je dépense, pour mon blog Ftalker ET pour cet espace Facebook qui se veut d'échanges, un temps et des efforts parfaitement prodigieux, une énergie proprement colossale, qui ne sont je crois guère payés de retour, sauf, de temps à autres, à recevoir les encouragements de certains d'entre vous, goulus esthètes, que je ne manque d'ailleurs jamais de remercier d’une bonne léchouille parfumée au salami-bourbon. Mauvaise troupe, j'attendais un peu plus de gratitude de votre part, et un peu plus de considération pour mes écrits surtout, qui je le sais vous terrassent pourtant chaque jour de leur puissance stylistique et de l'absolue pertinence de leurs propos, qui comme le savait Gadenne, ne sont pas sans rappeler les plus subversifs brûlots de l'histoire de la Littérature mondiale, chaque texte signé Désensio renvoyant par exemple le "J'accuse" de Zola dans les cordes.

Mais, ma foi, dialoguer ici avec moi, José Désensio le Grand, avoir l'insigne honneur de m'adresser la parole et de me soumettre quelques commentaires boiteux sur mon impressionnante plume, espérer une réponse, recevoir les mots que je condescends à vous adresser en récompense, mes braves, cela suppose de connaître, je crois, j'en suis sûr même, quelque peu mes livres et leur(s) complexe(s)problématique(s). C'est le minimum de sérieux, de cohérence et, tout simplement, de politesse que je suis en droit d'exiger de vous.



Car j'exige, moi messieurs. J'exige, car ce que je produis, en vérité, n'a rien d'une proposition, d’une thèse grotesque ou d’un pâle essai dispensable. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une véritable Parole, une Réelle Présence, un immarescible Souffle qui... euh.. qui souffle sur vos têtes, renverse vos préventions et balaie vos sensibilités. Un Souffle, quasi divin oserais-je dire, dont je suis naturellement en droit d'exiger qu'il soit lu par l'ensemble de mes contemporains, à commencer par vous, mes groupies Facebook, et plus généralement qu'il soit enseigné à l'école en lieu et place de Kafka, de Balzac ou de Proust. Car tous, tous sont condensés en mon Ecriture. J'exige donc que, pour m'adresser la parole, vous LISIEZ au préalable l'ensemble de mes productions. Et mon livre, adoncques.

Je pense donc que vous aurez tous saisis où je veux en venir, bande de petits fumiers radins. Encore une fois, il ne s'agit pas pour moi de vivre de ma plume (j'ai renoncé à ce doux rêve il y a bien des années, par la force des choses et sous le poids des missives de refus) ni même, grands dieux non, d'égaler les ventes du dernier Angot ou Soupline (trop fort ce surnom, non ? J’en use et en abuse, mais quand on tient une aussi renversante métaphore, on ne la lâche pas) mais enfin, vos efforts pourraient tout de même donner quelque visibilité (comme disent les jargonneurs de la Bourse) à un livre, le mien, qui n'a même pas eu la chance d'exister en librairie, ou si peu. Alors, merde quoi, pourquoi ne vous être pas encore rués auprès de vos libraires habituels, du charcutier local, voire au devant de quelque éboueur matinal, pour exiger un exemplaire de ma magnifique production ?

Car, oui, ma situation est catastrophique : tous me bâillonnent et me boudent, tous me méprisent, même ! Les libraires incultes, ignares, qui feignent d'ignorer l'impact cataclysmique de mes écrits, les réseaux de distribution phagocytés par des syndicalistes socialisant, comme les petits éditeurs, et que dire, vous le savez, des critiques littéraires ! Tous, inféodés au pouvoir bolchévique et aux officines de censure islamistes, prétendent ainsi me censurer, et camouflent leur autoritaire bannissement sous d'oiseuses considérations liées à ce qu'ils appellent mon « style de comptable bourré » ou mes « opinions de vieille bourgeoise édentée ». La voilà bien, la conspiration des cacomèles idiots et des phocographes nihilistes !

Après tout, mon livre est bon ou, s'il ne l'était décidément pas, je sais ce que j'y ai mis, ma substantifique moelle, mes sueurs et mes sécrétions, mes matinales ablutions, très peu de virgules et un maximum d’adverbes empesés, bref toute mon âme, ce qui est quand même d'un autre calibre que, pour faire vite, la substance amorphe d'un Bénier-Burckel ou les écoulements saumâtres d’un Renaud Camus, par exemple, dont tout le monde parle en bien, et qui n'est pas mauvais mais absolument pas bon. Si tant est qu'on puisse écrire une phrase aussi merdique.

Je vous invite donc, DE TOUTE URGENCE (disons que ce sera le cadeau de Noël que vous me ferez), j'exige donc, j'ordonne, je vous fais ni plus ni moins qu'INJONCTION de vous procurer mon « Maudit soit Andreas Wercklakenmorgenmeister ! », qui vous mérite et que vous ne méritez pas. Parce que, sous mes airs placides, débonnaires, je suis à deux doigts, voire un seul, voire un petit cheveu de rien du tout, de supprimer ce groupe Fâssebouque : vous irez, mes chers, commenter l'actualité du Magazine Littéraire, et vous en serez fort marris !

Ténébreuses Amitiés.
José Désensio »

Consanguin wants you !

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