20 juin 2008

Le Vade-mecum du Petit Consanguin (3)

L’éminent docteur Hans Grüber est de retour et poursuit son édifiant recensement lexical consanguin. Chevalier de l’Ordre des Épées de Feu, biographe de Pascal Sevran, doyen honoraire de la Faculté des Arts et Métiers Disparus depuis Trois Siècles de Frankfort, et légendaire bouffeur de culs, « Herr Doktor », comme on l’appelle dans certaines loges ésotériques américaines et dans certains backrooms viennois, propose aujourd’hui d’enrichir encore notre vocabulaire de petits rats noirs grouillant autour des échecs du 20e siècle. Consanguins, à vos cahiers !


Assistanat = welfare state = socialisme = collectivisme totalitaire et brutal = laxisme nihiliste = voyoucratie de zone défavorisée = trafics de drogue = vols de berlines en quartier latin = chute de l’Oxydant = satanisme sodomite (cf. ce mot).



Aurore Ontique : groupuscule folklorique à l’orthographe défaillante, bande d’identitaires consanguins fans de makina et de défilés en armes à l’aube à l’heure où blanchit la campagne. Ne bite absolument rien à Heidegger, mais le cite tout le temps histoire d’alterner avec de longs dégueulis européistes et xénophobes. Appelle à l’apocatastase palingénésique de l’europe souveraine identibertaire et libarbare (enfin un truc dans ce goût-là). Cumule quinze ans d’âge mental et douze poils de barbe. Encéphales concaves.


Autorité : y’en a pu, ma petite dame, et c’est ben dommage.


Bibliogon : (1) terme forgé par quelque azimuté obscur un soir de cuite au Labourée-Roi, désignant une "bibliothèque de combat", soit une trentaine d'ouvrages très connus qui peuvent servir de pavés en cas d'algarade urbaine. Sert depuis de bréviaire pour les Consanguins les plus high-tech, qui lui servent de groupies. (2) Name-dropping consanguin, composé d'auteurs qu'on n'a généralement pas lu, mais qu'on aime mentionner dans l'espoir de se parer d'un tout petit peu de leur réputation sulfureuse. Tout bon Consanguin citera pêle-mêle Drieu, Bloy, De Maistre, la Bible, Raid Magazine, Nietzsche, Sun Tzu, Clausewitz, Céline, Muray, Heidegger, Penthouse, Vigile Hebdo, mais en moyenne un sur trois cents seulement aura ouvert l'un de leurs ouvrages. (3) Postérieur consanguin ("Mes frères, pensez bien à insérer l'intégrale de Mishima dans votre bibliogon").


Eurabia : (1) titre d'un recueil de blagues juives écrit par Bat Ye'or, érigé en 2e Torah par les forces métacarolingiennes thermoccidentalistes à pistons. (2) désigne, dans la géographie hallucinogène du consanguin, le complexe politique supranational s'étendant de Ryad, Arabie Saoudite, à Amsterdam, Pays-Bas. Eurabia est un califat, où évolue la race de l'Islamogauchiste (cf. ce mot). (3) Nom du labrador de Philippe Val.


Français de souche : C'est quelqu'un qui s'oppose au nucléaire civil au Vietnam parce que Saint Louis n'aurait sûrement pas été d'accord. (cf. notre étude spéciale).



Haine : (2) réaction gauchiste habituelle devant l’exposé de notre altruisme insensé et de notre tolérance aveugle. Procède de la « haine de soi », argument psychanalytique en polystyrène à invoquer face à ladite réaction (cf. ethno-masochisme).


Happening Kültürel : (1) Anglicisme consanguin désignant les rassemblements sauvages de dangereux talibanlieusards hyperfestifs à l’Ikéa de Roissy. (2) Toute manifestation culturelle qui n’entretient pas de rapport avec l’art religieux, la tradition gauloise ou l'art réaliste.


Néant idéologique : désigne tout thèse sociétale qui n’inclut pas les concepts de « tradition », « sang », « sainte », « charter », « décadence nihiliste post-historique », « noblesse », « bière », « harley davidson », « espace vital », « ordalie », « pont-levis » et « écrouelles ».


Obligatoire : tout ce que le Petit Consanguin n’aime pas, tout ce qui l’énerve, tout ce qui est contraire à ses croyances et à ses dogmes, est par définition « obligatoire ». Fête obligatoire, tolérance obligatoire, antiracisme obligatoire, progrès obligatoire, lois obligatoires, sexe interracial obligatoire, mariage biconfessionnels obligatoires, homosexualité obligatoire, etc. Ainsi, le Petit Consanguin peut se réjouir et se vanter (tout seul dans son coin) d’être le seul vrai démocrate dans ce monde d’apparatchiks nihilistes, et le seul vrai rebelle dans cette époque de conformisme tiède.



Pogrom : (1) terme explosif, à manier avec la plus grande prudence. A déjà explosé à la gueule d’Alain Finkielkraut, d’Alain Soral et de pas mal de dignitaires frontistes. (2) Roman médiocre d’Éric Bénier-Bürckel (autre référence dispensable à ajouter à votre vade-mecum). (3) Amusant sobriquet du ministre italien de l’immigration et de la chasse aux roms.


Préjugé xénophobe : sain « anticonformisme-radical », coquetterie provocante, ou fier nationalisme bière et saucisson.


Repentance : (1) Fonds de commerce de Pascal Bruckner. Ex : « Il faut en finir avec la repentance ». En finir avec la repentance, c'est assumer l'entiereté de l'histoire de France avec une intarissable fierté, et notamment ses périodes les plus troubles, ses gouvernements les plus illégitimes et ses actes les plus odieux. (2) Complot médiatico-associatif visant généralement plus Vichy, la colonisation ou la guerre d'Algérie que la Commune ou la révolution française, bien entendu. Rafles d’hiver ou gégènes d’été, la France n’a pas à rougir des flots aussi tumultueux que sanglants dans lesquels l’Histoire l’a entraînée. Car comme le dit notre président Sarkozar : « Nous n'avons pas à rougir de l'histoire de France. La France n'a pas inventé la solution finale. » Non mais sans déconner.



Rioufol 500 : anxiolytique islamophobe à fort taux de conservateurs. Posologie : un édito par jour. Effets secondaires : hémorroïdes, atrophie du foie, psychose meurtrière, mauvaise haleine.


Socialo-occultiste : insulte surpuissante agissant comme un filtre de protection lors d’un cyber-combat rapproché contre un ou plusieurs ninjas "alterchéviks". N’a rigoureusement aucune signification, mais insérer un trait d’union donne toujours l’impression qu’on a réfléchi au concept hybride invoqué.


Sodomites : AAAAAAAAAAAAAH ! Inominepatrifiliietspiritusancti…


19 juin 2008

Grande braderie


Le Sarkozar écrase les prix, profitez de votre pouvoir d’achat en hausse pour hériter des vocations favorisées par sa campagne. Consolez un frustré, sponsorisez un consanguin !


« Achetez nos cathofuturistes, madame. Des vrais chrétiens à l’ancienne, gras et xénos ! Des gros cons qui vont sur les chemins offrir le message d’amour mitraillette au poing ! Des missionnaires débiles, tout pleins d’insultes à la bouche, de sainte haine à déverser grassement sur leurs ennemis héréditaires : les progressistes impies et les mécréants basanés, madame ! Ceux de l’autre religion, de la prosélyte concurrente, madame ! Ces ennemis millénaires, défenseurs de l’hérésie la plus insupportable à nos yeux limpides et nos cœurs purs, l’islam conquérant, madame ! Tremblez, madame ! Ils viennent jusque dans nos bras égorger nos fils et nos compagnes ! (Heureusement qu’il y a quelques écrivains azimutés, CNN ou « Le Figaro » pour nous le rappeler de temps en temps.) Profitez-en, de nos catholiques guerriers, ma petite dame, on les brade ! Eh oui, ils sont glauques à souhait, ils endorment et dépriment le Français plus vite qu’un épisode de Derrick, bref, ils ne valent plus rien… On vous les offre pour rien ! »

Prière Consanguine, glossolalie du natio



Que le conservatisme rétrograde, la réaction sanglante et la Tradition Sclérosée soient avec vous.

07 juin 2008

Graphomane & vieilles dentelles

Juan Asensio, le pourfendeur des décadents nihilisto-festifs à roulettes, nous fait cadeau cette semaine de quelques confidences sur son amour immodéré pour son Ecriture, son intarissable passion pour le stalkère. Confidences enthousiasmantes, que les langues chagrines et les esprits chargés viennent ternir, par pure jalousie cela va sans dire.


Exclusif ! L'une des rares photos du Stalkère, ici au coeur de sa ténébreuse Zaune.

« J'ai écrit mon petit article, maintenant je le regarde : mon dieu, qu'il est beau ! Chaque mot est bien à sa place. J'ai visiblement atteint la meilleure expression possible des idées que je voulais transmettre à la postérité. Mine de rien, Dostoievski et moi on a un point commun : le talent. C'est incroyable parce que, à mesure que les phrases sortent, elles viennent naturellement s'aligner à la suite des précédentes, formant d'emblée un ensemble parfait ; et même, en dépliant ma prose, je découvre, oserai-je l'avouer, des choses que je ne savais pas connaître. Quel phénomène intéressant ! Pendant que les autres, tous les autres, annônnent pesamment leurs syllabes et leurs termes (un gros tas de m..., je ne vous le cache pas), (hihi), eh bien chez moi ça coule, ça jaillit du plus profond de moi pour surgir à la surface de l'écran scintillant. J'aime tellement me relire ! Généralement il n'y a presque rien à corriger ; un accent oublié, une faute de frappe de ci de là tout au plus. Ces phrases, c'est moi, tellement moi et tout moi, tantôt lyrique, tantôt profond, tantôt cocasse, mais toujours bien, ça n'arrête jamais, un feu d'artifice permanent. Un permanent feu d'artifice ! Et tout ça tient en l'air de soi-même, et…

L’Impudent Importun

- Mais non, mais non pauvre idiot. Ça tient en l'air parce c'est ce que font les blogs : tenir en l'air. Et ce n'est pas ta prose qui scintille, c'est l'écran. Les fascinés du Verbe, c'est toujours le même panneau ; c'est spécifique au web.

- Ah oui ? Mais comment expliquez-vous qu'on ne retrouve pas cette qualité chez les autres prosateurs de la toile, Monsieur l'Impudent Importun ?

- Facile, triste pitre : c'est Narcisse et son miroir. Cette fascination cheap ne fonctionne qu'avec soi.

- Vous ignorez sans doute que je ne compte plus les lecteurs enthousiastes, charmés, ravis...

- Ben ça, mon coco, c'est ton numéro d'intimidation, et le conformisme de ta clique, les identitaires, les gros fans benêts du Moi=Moi, les partisans de la tautologie comme forme ultime de la littérature et de la pensée. Comme vous êtes forcément des moutons, ça sera celui qui gueule le plus fort qu'on écoutera.

- Vous n'y connaissez rien. Vos écrits, je gagerais, sentent le purin.

- On essaie, mon p'tit vieux, on essaie. Avec le purin on fait toutes les belles choses, on fait pousser les plantes et tout et tout. Un des trucs, allez je te le donne, c'est de ne pas en parler à l'intérieur du texte, ça doit être un point aveugle, de préférence.

- Vous êtes un inculte : Artaud est passé par là. Maintenant il faut écrire « caca » en toutes lettres.

- Ah mais attends, ma truffe, Artaud écrivait caca, mais uniquement pour parler de caca ! Sinon il écrivait autre chose. Et c'est vrai que c'est un putain de problème le caca, on en fait trop, on ne sait plus le recycler ou chaipas, pis on le prend de haut, personne veut plus mettre les mains dedans alors qu'il faut, il faut bien, et jusqu'au coude, si on se mêle de vouloir savoir de quoi il retourne dans l'homme, ce qu'on peut y mettre et ce qu'on peut en sortir si tu veux. Ou p'têtre même pas, p'têtre que c'est juste qu'avoir la trouille du caca c'est juste débile, et qu'on s'en sert pour nous tenir en laisse. On a honte de trop aimer son caca, pis honte de trop haïr celui des autres. Mais je ne t'apprends rien, je pense : c'est là ton unique idée, et ton grand cri de guerre : moi j'ai pas peur du caca, d'abord ! Pas mauvaise l'idée, mais bon c'est juste un point de départ ; après faut bien quand même se mettre à bosser. Alors que toi tu répètes, et tu répètes encore, j'ai pas peur du caca, même pas peur du caca, pas peur du caca, non, du tout, pas peur, et qu'est-ce que ça veut dire à la longue, ben ça veut dire que t'as peur du caca, sinon tu resterais pas bêtement bloqué là-dessus.

- Vous n'êtes rien du tout, vous n'existez pas, vous faites partie du monde lamentable de la « littérature » contemporaine, cette farce, ce cortège d'imbéciles, comme on le voit bien dans teknikart par exemple.

- Arrête mais t'es trop drôle vraiment ; tout le monde le sait bien que sur cent livres qui sortent y en a quatre vingt dix sept qui sont ridiculement nuls ; non, je veux dire, sur cent livres primés. Et pis alors, « teknikart » serait un repère de génies que ça n'y changerait rien, quel rapport entre la littérature et « teknikart » ? C'est bien un magazine sur les jeux video, non ?

- Vous êtes de ceux qui m'attaquent, qui voudraient me voir réduit au silence, à qui ma grandeur fait offense. Mais tel l'albatros je vais ma route d'un pas altier.

- Bof tu sais, moi j'te dis ça, je te lis pas je t'ai jamais lu ; bon là je passe une heure à réfléchir à comment c'est possible des types comme toi ; je suis un partisan de profiter des erreurs des autres, si ça peut vous les éviter c'est tout benef. Bon des erreurs aussi criantes que les tiennes je pourrais pas les faire, impossible. Non, et pis tu vois, j'aime bien la littérature, j'trouve ça vachement chouette, alors c'est sûr que par rapport à ça j'ai moins envie de rire, j'suis plus en colère que si tu déblatérais des conneries à propos du football. Tu devrais d'ailleurs (hé, les footeux, je rigole : je ne vous souhaite pas un pneu crevé pareil les mecs).

- Mon corpus critique...

- Ne vaut absolument rien, tintin. Quand par miracle tu réussis à tomber sur un bon auteur, tu en tires des conneries affligeantes, tu lui fais dire le contraire de ce qu'il dit. Mais sinon bien sûr l'intérêt de tes travaux c'est de lister tous les auteurs bidon qui peuvent apparaître sur le marché. Les glauques de préférence, ceux qui pensent que Houellebecq ne file pas assez le cafard, qu'il faut absolument raconter un viol satanique pour montrer qu'on n'a même pas peur d'être vachement triste, Selby, ce genre de marrade... Bon ben voilà si tu prends l'Assommoir c'est pas très très fun ; m'enfin c'est pas complaisant, et puis quel putain de sujet l'alcoolisme, faut oser, parce que ça c'est vraiment quasi-universel, contrairement aux viols sataniques qui restent quand même un trip plutôt exotique. Mais une bonne vodka bien fraîche, c'est vachement dur de cracher dessus. Et puis tous ces gros réacs qui miment la littérature, ces Matzneff, ces je sais pas qui et je veux pas le savoir, ou cet autre blaireau dont tu te lèches les babines, Roux, de Roux chais plus, le genre de mec qui n'a même pas écrit, ce genre de blague, des mecs même pas au courant pour Beckett, du tourisme quoi, de la cosmétique, des coupes de cheuv' à la BHL, toute la panoplie, petit carnet de moleskine en bandoulière, poses très graves en terrasse de café, sourcil froncé, genre mais alors, mais, oh, qu'advient-il donc que sens-je en moi, mais c'est une idée, oh, laissez-moi seul avec elle de grâce, ma muse à moi qu'elle est, l'inspiration me visite mesdames et messieurs, pour vous qui ne la connaissez pas c'est une dame blonde extrêmement bien gaulée genre Mélissa Theuriau, et elle est habillée dans une espèce de rideau blanc qui fait des tas de chouettes plis pis elle tient un rouleau de parchemin à la main, et pis elle me lance des oeillades... Non non non ma truffe, c'est pas du tout du tout comme ça que ça se passe, je vais te dire comment ça se passe en fait : on se dit putain, mais putain qu'est-ce que je fous là moi, d'abord c'est où, et puis pourquoi si seul tout à coup, et pis j'ai froid, et puis comment que je vais rentrer moi, mais c'est que je suis complètement paumé, c'est où le haut d'abord, de là trouver le bas, ça sera déjà ça, ah ben oui suis-je con, j'ai le sang à la tête, me suis connement mis tête en bas, putain je suis rouge comme une tomate, oh l'air fin, oh pauvre de moi... Tu vois l'idée.

- Vous êtes un grossier butor indigne de fouler le sol des élus, de là votre hargne, fruit malade de votre impuissance, elle-même fruit malade, putride, dégénérescent, de votre bassesse immonde et malade. Parfaitement, et même vice-versa, ajouterais-je, si un béotien de votre nature pouvait sentir qu'il y a là, et même précisément, une idée radicalement géniale, et pas vos vulgaires excrém.., vos vulgaires, euh, vos vulgaires, et malpropres, dis-je, certes, avec panache, vos vulgaires moelenas, voilà, et je ne parle pas de vos hématémèses, mais laissez-moi rire, ah je ris, franchement. Les petits insectes purulents et ignares de votre acabit ne peuvent point retenir le vol de l'albatros déchaîné par sa vision céleste, qui le mène, toujours plus loin, mais aussi, car il faut le dire, sans crainte, farouchement dirais-je même, car je suis comme ça, plus haut, plus loin et plus haut donc, dans une splendide et merveilleuse harmonie qui n'eut jamais rien à voir avec l'ignoble et révoltante, à la lettre, c'est-à-dire avec un timbre, décomposition funeste du désespoir morbide et éxcrem... et vraiment très décevant, des êtres aveugles, sourds, infirmes malades, souffreteux, en mauvaise santé, qui toussent, de votre infecte espèce, et je pèse mes mots, Monsieur, je ne vous salue pas, restons polis.

- C'est ça parle-moi encore de toi. Bon je me tire.

- Ahem. J'en étais sûr : il a eu peur.»

Consanguin wants you !

Consanguin wants you !
*** Enrôlez-vous dans le Choc des Civilisations ***

And remember...