13 février 2009

The art of stalking

Cette semaine, le Ftalker s'étrangle de rage. D'abord, le Salon du Livre ne l'a toujours pas invité en tant que "vedette américaine". Cela fait à présent 17 ans que ce salon se tient Porte de Versailles sans que José ne soit jamais convié. Et pourtant, comment ignorer la stature imposante du scooter basque, qui tient le monde de l'édition tout entier dans son ombre immense ? Pire : une association consacrée à la coopération entre professionnels du livre et pouvoirs publics, a dressé une cartographie des sites littéraires SANS MENTIONNER LA ZAUNE. Hérésie. Blasphème. Crime de lèse-majesté. Comment peut-on ignorer le Ftalker ? Comment peut-on si ostensiblement dédaigner José Felipe Cabrón Gonorrea de Désensio, el maaacho, el único ?

Qui ose prétendre s'intéresser aux livres sans citer celui qui les contient tous ?

Pas mal de monde, en fait. La belle colère de José n'est malheureusement pas neuve. S'il avait reçu un euro à chaque refus de ses manuscrits et autres critiques, diable, le Ftalker pourrait renflouer le système bancaire occidental à lui tout seul. D'ailleurs, le féroce littérateur n'hésite jamais à mentionner sur son blog les déplorables réponses que lui font invariablement les maisons d'édition et les salles de rédaction. "Trop long", "pas dans notre ligne éditoriale", "aussi grotesque que mal écrit", "ne nous appelez pas, c'est nous qui vous rappelons", "super, ta blague, non vraiment", "va te faire enculer gros réac en plastique", "j'en rigole encore, sacré Juan", "avez-vous songé à consulter, cher monsieur" ou même "si vous nous écrivez encore une fois nous portons plainte pour harcèlement".


On imagine sans peine la frustration du pourtant stoïque et mesuré Ftalker. Qui s'empresse de commenter les lettres de refus, à grands renforts d'épithètes animaliers et de dénigrement névrotique, histoire de leur donner une leçon depuis sa Zaune. Non mais des fois.

Dernièrement, le Ftalker s'est fait bannir du blog de l'éditeur parisien Léo Scheer, après avoir passé plusieurs mois à y tenir le rôle d'épouvantail drapé dans sa suffisance. Malgré ses nombreux efforts pour y revenir planqué derrière un proxy, rien n'y fit.

Le Ftalker a donc aussitôt republié une note vengeresse, qu'il avait auparavant supprimée de son blog pendant la - longue - période qu'il a consacrée à faire la cour à cet éditeur. Pensez donc, il s'agit notamment pour ce dernier de s'intéresser à la notion "d'écrivain du net". Comment penser ce concept sans faire référence, tout de suite, plus vite que ça même, à l'incontournable Ftalker, précurseur cybernétique du dégueulis réactionnaire en colonnes serrées ?

Alors le grand bretteur se venge sur son blog, et crucifie littéralement les éditions Scheer. Fidèle à sa méthode, Ftalky-walky ne se penche pas spécialement sur les productions de cette maison, ni ne dresse la moindre critique des oeuvres publiées. Il s'en prend plutôt, mesurez la pertinence de l'entreprise, à la psychologie de l'éditeur, rien de moins. Et décoche une quantité de traits ravageurs, dont la victime aura assurément bien du mal à se relever... (Evidemment, une frêle cohorte de commentateurs vient immédiatement pratiquer de longues léchouilles sur le Ftalkounet tout colère, qui vont de la pique maladroite au relâchement total des sphincters - un certain Samuel Gerbe proposant d'appliquer des solutions tout simplement finales aux sous-races qui peuplent l'édition, et allez, le net en général).

Dieu sait que le Ftalker a essayé. Dieu sait quels efforts il exposa pour obtenir un sésame auprès de cet éditeur, essentiellement en hurlant pis que pendre sur ses poulains. Evidemment qualifiés de pouliches dès qu'il s'agit d'une auteur. Insultées et vilipendées comme seul un corbeau saturé de viagra sait le faire - ah mais précise-t-il, c'est pour protéger les jeunes pousses du vice de l'éditeur (c'est bien connu, on affirme toujours vouloir protéger quelqu'une en la traitant de poufiasse tous les jours pendant trois mois). Mais sérieusement, vous imaginez ? Des femmes qui publient, des éditeurs qui éditent, alors que Desensio périclite ?? Impensable. Délire hérétique. Méchante blague. Caca.

Au final, c'est même l'une de ces écrivaines qui s'est permise, sur son blog, de trousser un troublant portrait médico-légal de notre aimé Scooter. La garce a mis le doigt sur une pathologie que l'incroyable talent du Ftalker dissimulait pourtant très bien au monde. Les médecins ont même gravé dans le marbre scientifique le pseudonyme terrible du Ftalker, et même le "ftalking".


Le Ftalking.

To ftalk, ftoolk, ftalken.

Pour le fantastique critique littéraire, il en va des éditeurs comme des femmes : les refus s'accumulent, malgré les stratégies de harcèlement et d'omniprésence développées. Desensio fait le siège des forums comme d'autres s'abandonnent à l'obsession sexuelle, et il y pratique un onanisme frénétique jusqu'à ce qu'on le soulage - ou qu'on le chasse, le plus souvent. Certes, le fils de Dominique de Roux avait pensé, un temps, héberger José aux éditions du Rocher. Mais las ! Cela fit long feu, et Desensio continue donc aujourd'hui de confier ses rages flamboyantes à son seul géranium. Et à ses cent trente millions de lecteurs, bien entendu.

Et l'insolente d'expliquer que José Desensio passe son temps à jouer les grands méchants loups en plâtre pour échapper à une condition somme toute banale, vulgaire, à des années lumières du fauve christique qu'il est - et que tout le monde feint d'ignorer, bordel de merde. Le Ftalker, un crevard sur la béquille ? Une telle accumulation de frustration étant nécessairement assez explosive, il semble alors qu'on doive protéger la société des excès comportementaux du patient.


Les spécialistes n'hésitent pas à parler de contention, de camisole chimique, voire d'injonction judiciaire. On le traite comme un paria dangereux. Voilà le sort qu'on réserve aux hommes libres et aux rebelles-penseurs, dans notre pays !!! C'est bien la preuve, une fois de plus, que le monde n'est pas prêt pour la prose de José Désensio, et que chacun de ses mots peut y introduire de véritables bouleversements métaphysiques, des cataclysmes intellectuels aussi destructeurs que terrifiants...

Voilà pourquoi, oui, voilà pourquoi les éditeurs, les femmes, et les gens en général, ignorent soigneusement l'exubérante vitalité critique de l'homme que l'on nomme le Ftalker. Personne ne peut regarder le soleil en face.

12 février 2009

Hommage : gégène et chamamé

Sociologue au charme ravageur, doyen de la Faculté des Sciences Grégaires de Stuttgart, grand commandeur de l’ordre des Chieurs de Haches, chevalier des Arts Officiels et des Lettres Pures, et adepte de la capoeira catégorie des plus de 135 kg, le Professeur Miguel Enfoiros est LE spécialiste des tendances Consanguines.

Le Professeur Enfoiros est né en 1957 dans une famille de grands propriétaires terriens, en Argentine. Le jeune Miguel délaisse souvent le ranch familial et fréquente assidument son voisin, le Dr. Helmut Heinrich Dussander, un émigré allemand très discret installé en Argentine dès 1946 et reconverti dans la restauration bio et l'assistance logistique aux Escadrons de la Mort.

Miguel Enfoiros mène de brillantes études à la Faculté d'Ethnologie Géopolitique et de Répression Populaire de Buenos Aires, avant d'intégrer la prestigieuse Académie de Tchakouliabinsk en tant qu'instructeur, puis en tant qu'enseignant (promotion "Mengele" 1979). Son agrégation en poche, le Professeur Enfoiros rentre en Argentine, et fait fortune pendant la législature du démocrate-chrétien Augusto Pinochet, en tant que consultant au Ministère des Sports de Chasse. Il fréquente assidûment le Commodore Shrapnel, qui l'initie aux sciences humaines et notamment au traitement des dissidents par les plantes.

Il rédige également de très nombreux mémorandums tactiques dans le cadre de l'Opération Condor, ce qui lui permet d'affiner à la fois ses pleins et ses déliés, ainsi que son apprentissage des techniques contre-révolutionnaires. A ce titre, Miguel devient rapidement féru d'outils aussi exotiques que la poire d'angoisse, la vierge de fer, la noyade partielle, la privation de sommeil, l'inhalation de fumée, la brosse à dents, le chevalet, la goutte d'eau, le corps plié, etc... Il en conservera un certain stoïcisme devant la souffrance des autres, et une admiration secrète pour les geôles de Pol Pot - odieux dictateur aussi rouge que jaune, auquel Miguel a évidemment toujours préféré le mahatma Pinochet.


En 1990, Miguel Enfoiros s'installe en France et rejoint le GRECE, où il devient rapidement expert ès extrême-droites européennes, puis mondiales. Biographe autorisé d'Augusto Pinochet, d'Antonio de Oliveira Salazar et de Timothy McVeigh, Miguel Enfoiros travaille à Paris, où il seconde Jean-Claude Martinez dans la préparation de ses cours de droit constitutionnel pendant 6 ans, avant de disparaître purement et simplement, suite à l'affrontement fratricide entre lepénistes et mégretistes en 98.

Plus personne n'a de trace de Miguel Enfoiros pendant 6 ans. On dit qu'il est retourné en Amérique du Sud pour monter des opérations contre les FARC ou Hugo Chavez, avec le succès que l'on sait, mais d'autres sources citent une retraite spirituelle au Cambodge.

Miguel Enfoiros réapparaît en 2004, à la tête d'une officine de sensibilisation au survivalisme sise près de Chartres. Il est rapidement contacté par le MPF de Philippe de Villiers pour rédiger un rapport sur l'influence croissante du Coran sur les bourgades françaises de plus de 5.000 habitants, intitulé "Abductions extraterrestres et mosquées clandestines : l'effroyable imposture". Plus récemment, la "Droite Libre", organisation radicale pratiquant l'entrisme dans les rangs de l'UMP, s'adjoint ses services jusqu'aux élections présidentielles de 2007. Miguel côtoie ainsi le gonzo-politologue Alexandre Del Sale, auprès duquel il se familiarise avec les réseaux d'influence de Charles Pasqua.

Depuis, Miguel Enfoiros est consultant régulier pour la Confrérie des Consanguins, et continue de donner des conférences dans le monde entier dans le cadre de son association "Extreme Rightism & Leather Fetichism". On note qu'il rédige plusieurs articles en 2007 pour la "Société des Sursinges Babilleurs" que sa grande connaissance des régimes autoritaires sud-américains passionne.

Par ailleurs, Miguel Enfoiros rejoint nombre de consanguins dans leur fétichisme du cuir et des blondes, et si possible des blondes en cuir. On sait combien les natios post-fascistes adorent la dominatrice plantureuse et la blonde aux pigments asgardiens, la "western girl" quoi. Support our troops.


Certains esprits chagrins ont parfois dénoncé la sexualité trouble du Professeur Enfoiros, qui ne porterait pas que sur des walkyries de boulard... D'aucuns insinuent même que ses nombreux voyages en Asie du sud-est doivent autant à ses recherches sur le totalitarisme khmer qu'à son penchant pour les pubis glabres. Et de fait, il est arrêté en 1996 pour attentat à la pudeur, mais c'est après avoir pratiqué un coït avec un fusil d'assaut semi-automatique sur le balcon de son hôtel à Pnom Penh (le dossier fut classé sans suite grâce à de vieilles amitiés au Quai d'Orsay).

En toute hypothèse, il s'agit là d'un précieux intellectuel, un éminent sociologue dont les travaux guident les consanguins dans la nuit de la mondialisation.

Que sont-ils devenus ?

In memoriam, Sylvie. Vos conceptions de la législature
municipale étaient pourtant d'une grande noblesse.

11 février 2009

Ivanhoé Rioufol des Croisades

Ivan Refioul, dit le « Ivanhoé des Croisades » ou encore « Ivan l'Horrible », fait partie de nos avant-postes, nos éclaireurs, à l’instar d’Eric Zemmour ou de Claude Imbert. Il s’agit là de l’un des « républicaniens », ces porte-paroles qui vomissent tout haut ce que les consanguins régurgitent habituellement tout bas. Mais surtout, Ivanhoé est passé maître dans l’art de détourner les mots et de prendre en otage les concepts, dans la plus pure tradition Leborgniste. Ses termes sont toujours choisis avec la volonté de simplification binaire qui caractérise tout entreprise de stigmatisation incantatoire. Idéologue et propagandiste, Ivanhoé s’exprime chaque jour dans l’un des journaux les plus lus de France, et sur son blog bien entendu (comme le sait tout consanguin, un blog permet une activité émétique plus soutenue qu’un simple éditorial, même à gros tirage). Refioul a érigé son talent émétique en Art Subtil de la Propagande en Milieu Conquis. Toute honte post-mittérandienne bue, prenant bonne note du score du FN en 2002, Ivan se lâche comme un sauvage sans discontinuer, depuis des années maintenant.

L’activité éditoriale d’Ivan Refioul consiste en un reflux actif et volontaire par la bouche, du contenu gastrique – voire intestinal, lors des plus spectaculaires rafales. Elle se distingue de la régurgitation populaire qui, elle, est passive. Le quidam se contente en effet de réflexions racistes dans le métro, ou de jurons xénophobes lancés au téléviseur après une dure journée de labeur. Ivan Refioul a fait de cette régurgitation molle de conservatisme rance une activité quotidienne, ouvragée, en un mot, éditoriale. Plus qu’une régurgitation, l’activité d’Ivanhoé consiste en une longue expulsion constante de tout ou partie du contenu de l'estomac par le clavier. Action protectrice, elle a pour but de protéger l'organisme contre l'ingestion d’idées toxiques et l’exposition à des phénomènes culturels différents.

Car quand le quidam veut foutre les algériens dehors et envoyer la troupe aux martiniquais, Ivan Rioufol parle d’identité et de communautarismes. Il faut souligner à quel point les mots sont devenus, sous le clavier de nos républicaniens, totalement interchangeables. L’immigration est responsable des trois quarts du déficit français, ainsi que de la quasi-totalité des actes de délinquance commis sur le territoire, écrit le savant Refioul. Ce que le consanguin de base a traduit depuis longtemps par un « la France aux français », slogan qui étincèle dans le firmament idéologique avec l’éclat d’un œil de verre.

Ivanhoé érige donc, non pas la nation, mais le nationalisme, en socle fondamental à partir duquel décrypter tout autre phénomène. Ivan choisit notre degré de communautarisme favori, le degré national, pour prétendre ensuite combattre toute autre forme collective, taxée de communautarisme (le communautarisme musulman qui se cristallise autour du Coran, le communautarisme européen qui se cristallise autour de Bruxelles, le communautarisme gauchiste qui se cristallise autour de Marx et au-delà, d’un humanisme douteux, etc).

Une dose de régurgitation islamophobe quotidienne, et ça repart.

Son mécanisme éditorial est d'une superbe obédience droitière : dans le tronc cérébral d’Ivanhoé se trouve le centre idéologique recevant des informations du cortex, de la pression des ventricules cérébraux, des viscères, et d'une zone de chimiorécepteurs appelés « xénobloquants ». Soumis à des images (un voyage présidentiel au Mexique, des troubles socio-économiques dans les territoires les plus exotiques de la république, une fronde périurbaine violente ou une manifestation sur le pouvoir d’achat), le tronc cérébral envoie des efférences vers le tube digestif, plus particulièrement vers le duodénum. L’organisme tout entier est alors pris de convulsions.

Ça monte, et c’est irrépressible. L’éditorialiste allume alors son PC, avec une certaine difficulté puisqu’il est pris de tremblements. Il lance un doc word et aussitôt, se produisent les mouvements rétropéristaltiques du duodénum, suivis d'une contraction du pylore avec atonie gastrique, puis d'un relâchement du cardia avec contraction simultanée du diaphragme et des muscles abdominaux - ce qui provoque la remontée des arguments. Guebouul-gwarg.

Enfin, un phénomène réflexe chez le sujet conscient permet la fermeture des voies aériennes supérieures, ce qui prive son cerveau de toute nouvelle arrivée d’air pendant le temps que dure la rédaction de l’éditorial. L’alimentation du cerveau en air reprend ensuite petit à petit, dans la mesure du possible dans une salle de rédaction du Figaro.

En résultent de nombreux éditoriaux dont le propos n’est autre que de présenter le multiculturalisme comme l’ennemi absolu de l’identité française, qui est définie classiquement comme blanche, catholique et conservatrice. Tout trouble économique, toute vague sociale, tout soubresaut culturel est nécessairement induit par un stimulus exogène, par essence vicieux, et probablement islamique. A l’instar du circuit digestif de l’éditorialiste, le pays tout entier devrait donc, à son sens, rejeter vigoureusement toute forme d'extranéité, combattre les tentations cosmopolites conçues comme autant de chevaux de Troie, et éliminer les parasites. Ivanhoé s’accroche à une notion de « société naturelle », exempte donc de parasites, et révèle ainsi le sain essentialisme qui préside à toute démarche consanguine.

Ivan Refioul ne sort jamais de son bureau, ne lit jamais autre chose que les communiqués élyséens et le blog de Daniel Pipes, ne voyage jamais à l’étranger (ne serait-ce que pour mesurer les petites nuances qui distinguent la bande de Gaza et Clichy-sous-Bois), truque les chiffres (notamment ceux de la démographie française, qu’il ignore ou déforme à loisir), mais prétend livrer à chaque édito un instantané du pays aussi exact qu’un procès-verbal.

Ivan Refioul pose le problèmes en termes simples. L’alternative politique est claire : c’est l’ultralibéralisme catho-conquérant (inspiré du néoconservatisme protestant américain), ou alors l’islamisation bolchévique. La civilisation rentable-durable sarkopilotée, ou la barbarie obscurantiste amenée par l’ethnomasochisme des gauchistes. Partant de là, Ivanhoé prône un statut du ressortissant national ontologiquement supérieur, à partir du moment où il procède d’une adhésion sans condition à sa conception de la nâtion, entendue comme un complexe idéologique, ethnique et historique homogène. Contre le multiculturalisme et la mondialisation, dépeins bien évidemment comme deux totalitarismes meurtriers, avec chars d'assaut, goulags, camps de rééducation, empoisonnement des opposants au polonium, torture des dissidents, et famas dans le cul des masses hypnotisées, n'est-ce pas. Toute proposition contraire est taxée de « régressisme » par Ivanhoé, et doit être traitée comme telle.

S’ensuit alors une litanie consanguine exemplaire : Ivanhoé parle de "tribalisation des quartiers", de "libanisation du pays", "d’intifadas anticapitalistes", "d’antiracisme stalinien", ce qui démontre selon ses détracteurs qu’Ivan Rioufol ne maîtrise absolument, définitivement, radicalement, aucun des concepts qu’il invoque et des réalités qu’il travestit.

Mais peu importe, puisque l’effet se produit. Cette aseptisation des thèses métaconsanguines joue pleinement son rôle dans l’exacerbation des antagonismes culturels, vers un gros affrontement multipolaire, interethnique ou pluriconfessionnel, dont on aura beau jeu de dire, ensuite, qu’il était inévitable et que les droit-de-l’hommistes et les immigrés l’ont provoqué... Matez un peu la stratégie. Le fantasme de la Guerre de Tous contre Tous opposé au Retour à l’Ordre Moral Identitaire. Le reste n’est qu’une question de mots, et à ce jeu, Ivanhoé pratique un nivellement hors norme.

Puisque la société est en crise, crise économique, crise existentielle, crise sociale, il faut trouver des bouc-émissaires. Les consanguins sont les spécialistes du débusquage de bouc-émissaires : les juifs, bien sûr. Les arabes, forcément. Les immigrés, de toutes façons. Les fonctionnaires, depuis longtemps. Les profs, les athées, les chercheurs, etc. Les asiatiques, dans pas longtemps.

Prenez l’exemple des Caraïbes françaises : ce qui est incontestablement un problème social et économique, reprend des couleurs ethniques fortes sous la plume d’Ivanhoé, qui parle de séparatisme ethnique et d’interventionnisme étatique, les deux monstres habituels qui terrorisent les lecteurs du Figaro et fédèrent les troupes d’extrême-droite (terme dont la désuétude actuelle nous emplit d’aise, soit dit en passant). Les guadeloupéens en révolte n’ont pas de problème économique : ils rejouent seulement les guerres de décolonisation, par poussée communautariste évidemment !

Le communautarisme, encouragé par le socialisme, une équation binaire comme on en trouve trop peu aujourd’hui. A ce titre, bien entendu Ivanhoé est l’un des tous premiers à taxer une bonne partie de ses compatriotes d’antisémites, puisque selon lui, les altermondialistes, les gauchistes, les opposants à Israël et puis tant qu’on y est les antisarkozystes, sont tous des antisémites (dont certains s’ignorent, rendez-vous compte de l’œuvre de salubrité publique à laquelle se livre Ivan). Car pour tout républicanien, le communautarisme juif est différent des autres : il est bel et bon, celui-là. Il est mérité. Il est intouchable. Il est "justifié", parce qu'il est à la pointe du combat de l'Occident contre les Hordes de Cthulhu. Et de reproduire ainsi les amalgames entre judéïté et Israël, amalgame qu’affectionnent non seulement les horribles islamistes, non seulement les burlesques gauchistes anticréditistes, mais également les consanguins soraliens pour lesquels nous avons tant d’amitié... En cela comme en d'autres domaines, Ivan Rioufol fait assurément oeuvre scientifique, et démontre par A + B que les perses et les sarrasins sont d'odieux orques à grandes dents qui veulent dévorer nos enfants.

D’ailleurs pour Ivan, le monde n’a connu que deux génocides : la Shoah et le génocide vendéen. Le reste, comme dirait Patrick Balkany, ce sont des photos truquées. Des « points de détail » de l’Histoire, en somme.

Pourquoi un éditorialiste français devrait pénétrer les subtilités de l’islam, pourquoi devrait-il distinguer entre musulmans et fondamentalistes ? Est-il besoin d'être ethnologue, sociologue, théologien, géopoliticien ou historien pour parler de ces phénomènes ? A-t-on besoin de convoquer sans cesse cette prétendue "complexité du monde" ? Les musulmans sont tout simplement priés d’en finir avec leur religion, qui n’est autre, comme le disent nos républicaniens, qu’un fascisme. Consanguins, réjouissez-vous ! Dantec, Del Sale, Imbert, Berseker, Daguieff, ceux que Daniel Lindenberg rassemblait sous le terme générique de « nouveaux réactionnaires », et qui se sont tous emportés contre les amalgames auxquels se livrait cet horrible pourceau maoïste, se rassemblent quand même aujourd’hui sous le vocable de « rebelles » - nonobstant le fait que leurs (nos) idées ont à présent pignon sur rue. Peu importe, puisqu’il suffit de conserver un lexique de martyr et un vocabulaire de « résistant ». Et tous se piquent de parler de l'islam, "l'islam facial", un gros monolithe liberticide qu'il faut combattre ailleurs et humilier ici. Rappelant malgré eux, mais pour notre plus grande joie, les ténors nationaux-socialistes qui expliquaient la "psyché juive" dans les années 30, nos républicaniens n'hésitent d'ailleurs jamais devant un bon point Godwin des familles.

Ivanhoé vomit donc beaucoup, pour notre plus grand plaisir. Il est parfois même atteint d’un violent syndrome de Mallory-Weiss, qui déchire la muqueuse située à la jonction entre l'œsophage et l’estomac. Provoquée par des vomissements répétés et prolongés, une telle logorrhée conservatrice aboutit à une hémorragie aigue, que les dîners mondains et les cabinets ministériels présentent comme une saine expression journalistique – bien loin de la fange internétique dénuée de toute déontologie. Les productions d’Ivan Rioufol ont en effet des propriétés émétiques fortes, qui permettent une contagion soutenue des opinions ainsi révélées au péquin moyen via le Figaro. Et ça, ça s'appelle la propagation consanguine, et c'est ce à quoi ont rêvé Carl Lang et Bruno Gollnish depuis plusieurs décennies, ce qu'on oublie trop souvent de rappeler.

Après Robert Redeker et Michel Gurfinkiel, nous décernons donc à Ivan Refioul le très convoité Prix Goebbels-Whipple, pour l’ensemble de son œuvre.


Ivanhoooé, Ivanhooooé...

10 février 2009

Wir tanzen mit Fascismus


La critique a des couilles comme ça

Cette semaine, le Ftalker s'épanche une fois de plus sur sa condition de critique de droite. Nous bénéficions ainsi qu'un portrait qui dépasse les limites de la littérature, à laquelle finalement le gros des troupes consanguines ne s'intéresse que modérément, pour embrasser tout bon leader consanguin qui se respecte. Qu'est-ce qu'une critique de droite ? A quels signes reconnaît-on un critique de droite ? A partir des propos de notre sémillante Pétrolette des Lettres, nous avons extrapolé une description plus précise. Le critique de droite se réfère non pas à une théorie, mais à une Vérité Révélée, LA Vérité, qui ruine toute comparaison, et qui condamne toute critique de la critique pour censure tchékiste.

Cette note se distingue par deux caractéristiques majeures. Sa morale tout d'abord, férocement édifiante : la droite française décomplexée à 140 % qui se débat sous nos yeux et échoue pourtant à redresser la France-Monsieur, est encore une caricature de ce que devrait être une droite politique sérieuse, forte, autoritaire, identitaire, policière et sacerdotale, qui n’a jamais existé du moins dans notre pays.


La Droite Décomplexée ne va pas assez loin.

Évidence métaphysique ensuite : la critique littéraire est de droite ou n'est pas, puisque l'intelligence, la sensibilité, la droiture, le discernement, le sens commun sont de droite, comme d’ailleurs le bel esprit, la politesse, la chevalerie, la vérité, la morale, la propreté, l’eau de cologne, la gastronomie, le vin, les Aston Martin, les cathédrales, la beauté physique, la police, les bergers allemands, le service public continu et la défiscalisation, bref l’esprit impérial. Sont de gauche en revanche la laideur, la dépression, la délinquance, le nihilisme, le sexe, la désinvolture hédoniste, le dionysiaque, le lucre et la luxure, la gourmandise, les cheveux longs, la radioactivité, les éditeurs, les journalistes, les internautes, le réchauffement planétaire, les paradis fiscaux et les parasites intestinaux. Le Ftalker rejoint là, une fois de plus, les plus archétypaux des consanguins. Preuve qu'un ultracatho réactionnaire et un "païen" xénophobe s'entendent en fait très bien...


Le critique de droite

Qu'elles soient actantielles, psychanalytiques, deleuziennes, foucaldiennes, structuralistes, déconstructionnistes, antiréductionnistes, et j'en oublie forcément, toutes ces grilles de lectures qui se prétendent impartiales voire scientifiques, ne peuvent rendre compte des Profondeurs de l'Ecriture, Acte souverain, Miracle absolu de la Grâce, illuminatio Dei per secula seculorum. La critique de droite est buissonnière, passionnée, métaphysique, verticale, sanguinaire, viscérale, essentielle, religieuse, catholique évidemment. Le monde a perdu de vue ce que devait être une vraie critique de droite, vitaliste, survivaliste, gorgée de sang frais, le sabre au clair et le regard furibond, la critique de droite est solidement campée sur ses jambes et elle a une paire de bollocks énorme qui lui pend au milieu. La critique de droite est virile et bourrue, elle sent le shnaps et le jambon braisé, elle est décomplexée : elle réhabilite la conquête et le suprémacisme, elle colle sa métaphysique lyophilisée à tout va, elle se réclame d’une transcendance qui ne craint pas de puer des aisselles. La critique de droite pète en se signant, et reconnecte le divin avec son trou du cul.

L'extase du binaire

Car le critique de droite préfère l’Absolu au Relatif, et croit toujours se tenir au zénith du premier, pour vomir sur la bassesse du second. Le critique de droite remplace l’analyse par l’invective. Le critique de droite invoque l’Eternel féminin pour dégueuler sa misogynie galopante, la Littérature pour taper sur le journalisme, Dieu pour fustiger le rationalisme, la Métaphysique pour contester la géopolitique, ou l’Essence, pour critiquer l’existence. Le critique de droite ressemble beaucoup à un mollah pakistanais.

Elle prétend, cette critique de droite, davantage gloser sur la divinité qui réside dans chaque caractère d’imprimerie, que placer la Littérature sous un prisme analytique ou politique. La critique de droite fait donc systématiquement dans l’anti-intellectualisme, sous prétexte de réhabiliter certaines pensées aristocrates. Elle tourne en boucle sur trois références (Heidegger, Kierkegaard et Nietzsche) et s’y vautre avec la délectation des obsessionnels.

La critique de droite se met en scène, et elle affirme bien fort que la Littérature ne s’écrit que devant un bourreau, pour adopter le statut de Victime. Le critique de droite est un martyr, et au lieu d’éclairer les auteurs explosifs dont il traite, ce sont ses propres articles qu’il approche du feu pour se persuader qu’ils sont inflammables. D’ailleurs, la critique meurt jeune. La critique a du soleil sur son front, qui met dans ses cheveux blonds, de la lumière. La critique porte du Mennen et garde un morceau de rillettes sur le menton, mais elle a quand même le port altier et le profil aquilin. Elle ressemble un peu à Clint Eastwood, à Robert Redford, ou à Jean Sarkozy – enfin un truc classe.

Si le démon de la théorie et du grand ensemble ronge la cervelle de gauche, c'est l'urticaire de la liberté qui afflige le critique de droite : il veut tellement intoxiquer ses contemporains qu’il s’envenime tout seul, s’empoisonne doucement et s’inocule une telle dose de ressentiment qu’il le confond avec une prétendue liberté d’esprit que l’Autre s’empresserait d’arraisonner. Conséquence immédiate pour le petit critique de droite : il s’attend à ce que de rigoureuses mesures sainement prophylactiques soient instamment prises à l’encontre du pestiféré qu’il est. Il les espère : puisqu’il croit empoisonner son époque, il attend l’antiseptique que la société doit logiquement lui administrer, validant par là ses poses de martyr et ses cris de rebelle à la panséunique. Le critique de droite adore être critique de droite : les trois quarts du temps, son positionnement politique lui fait également office de travail. Le critique de droite n’a qu’à se dire tel pour estimer qu’il « critique ». Le critique de droite n’a plus qu’à pratiquer du name-dropping pour inscrire ses glavioscrits dans une tradition de pensée ou un processus savant. Le critique de droite, c’est un peu Poujade qui a lu Botho Strauss.


Le jeune ignore,
le gauchiste ment,
le critique de droite sait.

La simplification en armes

A l’instar de n’importe quel bavasseur politique, le critique de droite nie toute pertinence au clivage droite-gauche, qu’il dénonce comme un trompe-l’œil éculé. Mais dans la seconde, il qualifiera tout ce qui lui plaît de droitier, et revendiquera un statut de « réactionnaire ». Et cette revendication lui suffit, comme il suffit au bobo parisien de se dire « de gauche » au milieu de son loft rempli d’art dégénéré, de musique téléchargée et d’odeurs prohibées. Rien de plus simple en effet que de s'apitoyer sur le monde entier quand on ne souffre que d'un tiers provisionnel un peu lourd, ou de la difficulté à se procurer de la coke à un prix décent... Et c'est bien ce qui rend fou le critique de droite : comment peut-on être blanc, catholique, bien portant et pété de thunes, tout en professant des idées séditieuses contre l'Ordre établi ? C'est bien sûr parce qu'on est un bobo pleutre qui se donne un genre entre deux vernissages au champagne.

Le critique de DROITE méprise tout le monde : l'anarchiste révolutionnaire, l'ultragauchiste autonome, le bobo hypocrite, le socio-démocrate, et le libéral cool : ils ne sont tous que des impies matérialistes qui opposent leur relativisme jouisseur à l’héroïsme ascétique du critique de droite, drappé dans la Tragédie et botté de cuir. Le critique de droite est le nec plus ultra de l’élitisme : il craint les masses, méprise les intellectuels et honnit même les élites matérialistes. Il rêve de leur substituer une élite spirituelle, dont le rayonnement fera plier les particularismes, assainira la société et dissoudra les velléités mélangistes. Le critique de droite prend toujours prétexte du sulfureux et de la dissonance pour étaler son amour de l’ordre et de la hiérarchie.


La critique littéraire,
c'est la guerre-euaaaAAAARRH

Le critique de droite est la quintessence de l'homme de droite, le réactionnaire au sens de Nicolas Gomez Dalida, qui pervertit les concepts de démocrate et de progressiste pour se présenter en réceptacle de la contestation traditionaliste. Le réactionnaire a une conscience supérieure du tragique, et remplace l'effort par le sacrifice - symbolique, c'est tellement plus reposant que l'effort réel. Aucune entreprise humaine ne peut apporter le soulagement, seule la religion est vecteur de paix. Et pas n'importe quelle religion, mais celle du critique de droite, forcément.

Le critique de droite, le Réactionnaire a la nostalgie de la lourdeur et du drame. Il s'en repaît chaque jour, mais vit dans la frustration de la catastrophe qui ne vient pas. Il tonne contre la décadence et le nivellement, mais les faits, ces connards têtus, lui refusent continuellement l'Apocalypse-qui-vient. Alors il la décèle en toute chose.

Et le critique de droite utilise un prisme de pensée qui n'est rien moins que métaphysique, il surclasse donc nécessairement toute autre discipline et si on n'est pas d'accord c'est qu'on s'inscrit contre Dieu, au minimum. Le critique de droite a besoin de se soumettre à quelque chose de plus grand que nous tous, et c'est en religion qu'il l'a trouvé. Et comme le Jour du Jugement Dernier est sans cesse repoussé sine die, entre-temps le critique de droite s'en remet à toute expression de puissance virile. A défaut de se prosterner devant le divin, il s'alanguit, servile, aux pieds de la puissance brute, du leader charismatique, un pinochet de service ou un napoléon de circonstance. Parce qu'en cette puissance virile, le critique de droite retrouve sa volonté d'affirmation, son priapisme dictatorial.

Et au fond, le critique de droite se débat avec LA seule question : a-t-il la force de darder sa critique à la face du monde ? Sa critique peut-elle se gorger de sang suffisamment longtemps pour impressionner l'auditoire ? Sa critique est-elle assez épaisse, assez longue pour clore le clapet des révolutionnaires et des progressistes ? En un mot, est-ce bien lui qui a la plus grosse ?

Huuuuuumpf !

07 février 2009

Wollt Ihr den totalen Krieg?

06 février 2009

La Consanguinité à son maxxximum !

Cette semaine, mention très spéciale à l'un des plus en vue des représentants internationaux de la Consanguinité. Il s'agit d'Avigdor Lieberman, leader d'un parti nationaliste israélien, que la psychose militariste ambiante a conduit à la troisième place des récentes élections législatives (en vue desquelles les différents partis de ce pays ont rivalisé de virilité guerrière). Et comme à chaque fois que le "sécuritaire" devient un zargument téléctoral, ce sont des consanguins, des fun-fascistes ou des populistes qui raflent la mise. Cela fut démontré dans l'hexagone, après que le Walker Texaw Ranger l'eût démontré aux USA un peu plus tôt.

Dans une région où les fanatiques plus ou moins consanguins, mais mahométans, sont plutôt nombreux et virulents, il était donc bien évidemment indispensable, dans une logique belliqueuse et manichéenne comme doit en adopter tout bon intégriste, de promouvoir l'extrême-droite israélienne, dans ce qu'elle a de plus raciste et de plus virulent. Ainsi, c'est son leader, un bon gros consanguin truculent, qui s'est posé en arbitre des élections, et qui a pu faire basculer la majorité législative dans le camp des plus conservateurs.

On n'ose espérer une telle évolution en France, on n'ose même y croire : on n'ose croire qu'un Benoît Fleury puisse devenir professeur d'histoire du droit, par exemple, ou qu'un Philippe Vardon puisse devenir parlementaire, ou bien ministre, tiens.

Nous avons déjà eu l'occasion, ici-bas, de louer la saine propension de certains juifs à proner la consanguinité, qu'ils s'expriment d'ici ou depuis le Moyen-Orient. Ici par exemple, Alain Finkillkraut n'hésite que rarement à parler d'Israël comme une nation "pure" en bute à la "créolisation" du monde, et invoque plus ou moins ouvertement un statut spécifique, une "lumineuse exception", une appartenance "divine", au bénéfice d'une communauté religieuse - la sienne bien sûr. Ah : La Communauté ! Celle à laquelle Alain appartient, quand ça lui convient (parce qu'à d'autres moments, l'admirable s'efforce toujours de paraître un républicain anti-communautariste - quand il s'agit de fustiger des français musulmans, par exemple). Il est toujours plus facile de dégueuler sur des banlieues "rouges" ou "vertes" dans les colonnes de Haaret'z, que d'afficher sa métissophobie dans les pages du Monde...

Nous avons déjà eu l'occasion d'expliquer en quoi la judéophobie, cette antique thèse consanguine continentale, n'a décidément plus le vent en poupe, et qu'hormis quelques grands consanguins résistants à un certaine "pensée unique philosémite" (Jean-Marie Leborgne, Alain Soral, Robert Faurisson, et une bonne partie des sites consanguins leborgnistes, dont François Setouche n'est pas le dernier à héberger de fiers porte-paroles, mais également bon nombre d'antisémites d'extrême-gauche, ces fieffés rougeâtres ayant parfois leurs bons côtés), il ne faut décidément pas se clamer "antisémite". On serait mal vu à traquer des signes de violence ou de pédophilie dans la Torah. Certains consanguins le regrettent... Et d'autres, les plus radicaux peut-être, les plus résolus souvent, prônent une redéfinition plus large de l'antisémitisme, qui viserait, après tout, TOUS les sémites.

Et puis, au diable les pesanteurs bien-pensantes, décomplexons, que diable ! Après tout, "la France n'a pas inventé la Solution Finale". Et d'ailleurs, l'antisémitisme de plume n'a-t-il pas fourni parmi les plus belles pages de littérature consanguine ? Bagatelles, me direz-vous. Oui mais pas seulement.

Nous avons déjà eu l'occasion de décrire le schisme danteco-soralien, et de souligner le prosionisme pittoresque des consanguins occidentalistes qui ont emboîté le pas des Maurice Gné ou Ivan Rioufol. Sans parler des adorables petits soldats du fun-fascisme à Calebute Noir. Nous donc avons déjà eu l'occasion de dire combien la judéophobie n'est plus à la mode, et qu'elle sert plutôt parfois d'épouvantail masquant un léger accent d'islamophobie sous nos latitudes...

Certains consanguins sionistes, dont les efforts propagandaires sont presque dignes du regretté Goebbels, n'hésitaient pas par exemple à assimiler l'Autriche au IIIe Reich, à l'époque où le sémillant Jorge Haïder y empilait les discours sulfureux. Ils plébiscitent maintenant un ex-videur de boîte de nuit russophone, reconverti en Leborgne israélien ("c'est quand même un comble n'est-ce PAAAS Madame ChraZRAL ?") chantre de l'homogénéité raciale et religieuse. Gageons que Maurice Gné Dantec, qui de son côté ne manque jamais une occasion de dénoncer le "négronazi" Obama et son cosmopolitisme totalitaro-planétaire youpi tralala les sucettes à l'uranium, va en revanche se réjouir de la promotion politique d'un ultra en Terre Sainte...


Les lunettes noires de Maurice Dantec lui confèrent une super-vision bio-ionique et révèlent la réalité métacognitive du TOUT VA BIEN négronazi bolchévico-musulman.


Nettoyage ethnique, segmentations racistes, frappes nucléaires sur l'Iran ou l'Egypte : Avigdor Lieberman présente toute le programme du grand leader consanguin. Celui qui a des couilles au cul et qui met un point d'honneur à les montrer. Une sorte d'afrikaaner conquérant, qui certes ne parle pas encore très bien l'hébreu, mais qui endosse quand même les habits de l'ultranationaliste ancré dans sa terre. Et il est vrai que depuis l'appartheid et à part quelques sauteries en pays slave ou quelques coupe-coupes sombres en Afrique noire, on avait peu revu une telle détermination dans le suprémacisme ethnique.

C'est bien simple :

- Quand Ahmadinejad parle de "rayer Israël de la carte", c'est une folie criminelle. (Et c'est vrai : où donc renvoyer nos juifs à l'heure du Jugement Dernier ?)

- Quand Lieberman parle de bombarder ses voisins arabes, c'est de la "légitime défense". Après tout, au nom de la "sécurité" de l'unique état nucléaire de la région, on a bien le droit d'arroser ses voisins de bombes à sous-munitions, de tuer des milliers de civils ou de brumiser la bande de Gaza au phosphore : c'est un peu un attribut de droit divin.

Parce que, mes frères, sachez une chose : quand on est un vrai chrétien, on comprend le vrai sioniste, enfin bref, dès qu'on n'est pas musulman, hindouiste, socialiste ou homosexuel, on sait que I can kill 'cause in God I trust ! Yeah ! Dites, sérieux : ça nous change des délires des djihadistes ceinturés d'explosifs, nan ? Ben là voilà, la suprématie occidentale !

Construisons la Paix avec Olaf.

Alors donc, mes frères, quel meilleur choix, pour régler le conflit israélo-palestinien, que de promouvoir un ancien videur de boîte de nuit ? Tout le monde sait, et les consanguins bloggers de la réacosphère française en particulier, qu'un videur de boîte s'y entend comme personne pour rebomber un arabe. Il suffit d'aller sonder certains Macumba de province pour comprendre que la psychologie du portier est LA psychologie qui fait encore défaut à nos Eric Besson et autres Brice Hortefeux.

Alors oui, Avigdor Liberman renvoie le surestimé Sharon au rang de modéré un peu hésitant. Certes, Lieberman a tout pour foutre le feu aux poudres et booster tout autant les programmes "pan-israéliens" que les pulsions terroristes des intégristes arabes.

Mais que diable, mes frères, admirez quand même le résultat du travail de sape de nos propagandistes hexagonaux : quand les palestiniens votent à Gaza pour des fous de dieu sanguinaires et enturbannés à force de privations et de vexations, l'on parle parfois de leur nature violente et de leur fanatisme atavique. Nous n'inventons rien mes frères, c'est presque tous les jours dans les colonnes du Figaro. Et quand les israéliens font de même (juste après avoir déversé quelques kilotonnes de bombes alentour), on dit qu'il s'agit là d'une saine réaction immunitaire.


Oui, les républicaniens comme Eric Zemmour, BHL, le désopilant André Glucksman font beaucoup pour la sanctification de la consanguinité juive. Par exemple, l'inénarrable Patrick Balkany, qui célébrant le mariage de deux juifs dans sa mairie levalloisienne, explique doctement de sa grosse voix de vigile bourré que "les images des enfants palestiniens morts, c'est des photos truquées, on sait bien comment font ces gens-là !" pour enchainer sur un mémorable "qui donc fait la queue devant les ANPE, en France ? C'est pas des Cohen, hein, c'est des Mohamed !"... on reste pantois devant un tel élan de consanguinité assumée, joviale et convaincue (1). Patrick, dis-toi bien que depuis nos blogs de consanguins fans de grosses vannes racistes, on t'aime, Patrick, on te kiffe. T'es trop fun-fasciste, Patriiick.

Remarquez, mes frères consanguins, que nous savons fort bien nous scandaliser, sur nos blogs, d'une prétendue "islamisation de l'europe" actuellement en cours (et peu importe si aucun chiffre ne vient réellement corroborer ce mécano fiévreux et raciste)... mais que nous sommes beaucoup moins choqués par l'évolution ethnico-religieuse de la région judéo-palestinienne depuis disons une soixantaine d'années. Parce oui mes frères, Israël est un état oriental que notre propagande érige en état occidental. Israël est aussi à nos yeux, au grand dam de ses civils et des populations arabes environnantes, la tête de pont d'une certaine forme d'occidentalisme militant. Les consanguins conçoivent volontiers ce pays comme un "poste avancé" de la lutte contre le terrorisme islamiste.

Et bien plus encore que le nouveau premier ministre Netanyahu, Avigdor Lieberman symbolise cet emballement délirant de la réalité. Car qui mieux qu'un spetsnaz russe doté d'un QI de truite connaît la psyché orientale ? Qui plus que lui est légitime à revendiquer, à l'unisson avec les ultra-orthodoxe judaïques, la constitution d'une grande Allemagne Impériale du Tigre à l'Euphrate ? La consanguinité hébraïque a tout à apprendre des méthodes Poutiniennes. Regardez ce que le grand peuple russe a fait des tchétchènes, après tout.

Seule ombre au tableau : Lieberman promeut le mariage laïc. Plusieurs petits partis extrêmistes s'érigent donc ouvertement contre cette possibilité, qui ferait tache, avouons-le, au sein de ce qui est, rappelons-le, martelons-le, même si c'est un bobard aussi énorme que de présenter la Chine comme le paradis des droits de l'homme, "la seule démocratie dans cette région du monde". Les dirigeants israéliens sont aussi épris de pluralisme qu'Israël est ethniquement homogène (c'est-à-dire, pas vraiment). Mais, allons plus loin : n'y a-t-il pas qu'en Israël qu'on articule un langage clair ? Ses voisins arabes se contentent de borborygmes poussés entre deux curées de mammouths, comme chacun sait. Et au-delà, sachons voir les nuances : si Lieberman parle de mariages laïcs, ça reste dans le cadre d'une sacro-sainte "loyauté envers le Grand Israël, qui doit s'étendre de l'Alsace aux Pays Baltes."



A n'en pas douter, la consanguinité vient de faire un énooooorme progrès au Moyen-Orient. Nous autres, petits consanguins français qui n'avons de cesse de dénoncer la folie meurtrière des Hassan Nasrallah et des Mahmoud Ahmadinejad, restons donc tout naturellement totalement silencieux alors qu'un authentique consanguin accède à un poste clef au beau milieu d'une poudrière géopolitique. De là à dire que nous serions les complices des crimes à venir dans la région, il n'y a qu'un pas - que les gauchistes palestinophiles ont franchi depuis longtemps, dans leur obsession repentante et pacifiste du dernier ridicule.

Disons plutôt que nous sommes partisans de toute forme de "purification" ethnique où qu'elle se produise dans le monde, dès lors que c'est notre noble sang occidentalo-grumeleux qui triomphe des forces du mal marxisto-coraniques, et que c'est le sang des autres qui coule dans les caniveaux.

Gageons même que BHL verra en Lieberman une sorte de nouveau Jean Moulin. Il a bien réussi à voir en Michel Houellebecq un "ennemi public" (bien que Mesrine n'ait jamais bénéficié de mises en place aussi impressionnantes que le Dépressif de Cork, par exemple).

Ah ! mon médicament - merci.

Allez, frères consanguins. C'est en votant systématiquement pour d'anciens vigiles et d'ex-gudards qu'on se hissera, nous aussi, au firmament de la Consanguinité.


(1) Gageons que ces merveilleux propos parfumés au houblon sont également tenus lors des diners d'anniversaire du Sarkozar, et qu'ils suscitent moultes rires et accolades.

Consanguin wants you !

Consanguin wants you !
*** Enrôlez-vous dans le Choc des Civilisations ***

And remember...