28 septembre 2008

Le Vademecum du Petit Consanguin (4)

Cette semaine, le docteur Hans Grüber, récemment promu « consultant spécial au détournement sémantique et au réarmement nationaliste » par Brice Hortefeux, livre quelques nouvelles définitions indispensables à tout bon consanguin. Saluons donc une nouvelle fois l’irremplaçable linguiste propagandaire, qui place dans nos bouches les précieux schèmes d’une langue réappropriée et toute entière consacrée à l’anathème et à la stigmatisation. Consanguins, à vos cahiers !

Archaïsme : désigne tout ce qui est poids mort pour la bonne santé d'un corps déroulant sa foulée d'un bon rythme, en t-shirt NYPD. La France, non seulement elle va devoir se lever tôt, mais elle va devoir faire son jogging matinal pour se débarrasser de la mauvaise graisse (les profs, les syndicats, les fonctionnaires, les clandestins, les immigrés, les intellectuels, les chômeurs, les malades). Car nous, les consanguins, sommes persuadés de faire partie du muscle. L'archaïsme, c'est le passé, en gros les chimères libertaires qui ont proliféré pendant le 20e siècle et dont Mai 68 fut le point d’orgue. L’achaïsme, c’est l’idée très bête selon laquelle nous ne serions pas les meilleurs, les plus beaux, les plus civilisés et les plus forts. Quand on veut, on peut. Bientôt les paralytiques, les handicapés et les cotorep aussi vont se relever, faire un footing, et aller bosser.

Islamiste : musulman de souche.

Hypertolérance : Notion soeur de la Repentance et de l'Antiracisme. La tolérance, c'est accepter la différence de l'autre. « L'hypertolérance », c'est trop accepter la différence de l'autre. L'hypertolérance c'est la gangrène gauchiste-nihiliste-antirépublicaine-judéophobe (... et y en a un peu plus, j’vous le met quand même ?). Comme pour le métissage multiéthnique ou l’ultra-repentance, expliquez que « l’hypertolérance » est le « totalitarisme du XXIe siècle », et que seule une Réaction profondément xénophobe, nationaliste et droitière nous sauve de la barbarie et fait de nous des hommes. C’est con à hurler des insanités dans la nuit ? Oui, mais en ces temps de décomplexion conservatrice et d’extase raciste, plus c’est gros, et plus ça passe. Klemperer a expliqué il y a déjà longtemps en quoi les superlatifs pouvaient nous être utiles.

Paix (la) : dites que c’est « l’intervalle entre deux guerres ». ça fait terriblement philosophe, genre moi j’ai une Vision de l’histoire. C’est aussi con que de dire que « la guerre est l’intervalle entre deux paix », mais ça nous place toute de suite dans une pose guerrière qui nous fout des papillons dans les couilles.

Police de la pensée : désigne l'organisation paramilitaire ultra-violente qui sévit en France, notamment, et qui persécute les consanguins. La Police de la pensée empêche quiconque de lire Giraudoux ou Céline, a remplacé le planning familial par le métissage obligatoire dès l'âge de 16 ans, tabasse nos scouts dans les commissariats, harasse tout homme blanc en costume de contrôle d'identités, enrôle nos enfants dans des centres d'endoctrinement communistofestif, contraint les bons chrétiens à prier tournés vers la Mecque, oblige les petites filles à porter le voile, etc, etc.

Poivrit : n. masc., désigne un "poivrot" accoudé au bar, dont le discours rance et les insultes leborgnistes finissent par occasionner de minces dépôts infectés à la commissure des lèvres. Lorsque l'infection se prolonge plusieurs années, le dépôt bactériologique devient prurit. L'on parle alors de "poivrit". L'avènement de l'internet a permis aux "poivrits" de quitter le zinc pour rejoindre le clavier.

Terrorisme intellectuel : alors ça, c’est le hold-up de la décennie, qui a tourné à notre avantage. Dans les années 80, la gauche au pouvoir pratiquait un « terrorisme intellectuel » qui nivelait un grand nombre de questions sociétales et diabolisait toute pensée dissonante. Il fallait être « politiquement correct », et nous vivions, nous autres consanguins, dans la clandestinité, ou dans la honte de voter LeBorgne. Heureusement, nos porte-paroles ont su exécuter un admirable retournement de sens, et c’est désormais nous qui pratiquons le terrorisme intellectuel, avec une maestria que nous envient les Harlem Désir et autres Jack Lang aujourd’hui. Notre terrorisme intellectuel est simple : il consiste à la reductio ad hitlerum. Quiconque n’épouse pas nos thèses réactionnaires, xénophobes et nationalistes est un gauchiste - donc un propalestinien - donc un pro-islamiste - donc un antisémite - donc un nazi. Cette combo est infaillible, issue en droite ligne des méthodes du procureur stalinien, ou moins grossièrement, du procès en sorcellerie.

Il s’agit bien entendu d’un pur sophisme, s’appuyant sur une inculture aigue et des amalgames intentionnels, mais elle est aujourd’hui reprise par nos plus vaillants représentants, de l’éditorialiste diarrhéeux Ivan Refoule au chansonnier Philippe Vassal en passant par le serial-propagandiste Pierre-Léandre Taguieff. Avant d'être repris par tous les petits persécutés de la droite française pour condamner leurs adversaires, le terrorisme intellectuel est un livre de Jean Sevillia. Jean Sevillia est un type du Figaro Magazine (forcément), et aussi un historien très drôle, qui prétend par exemple démontrer que l'Inquisition, ce n'était pas si terrible que ça. Au final, c’est le bon gros Point Godwin érigé en thèse idéologique. On s’est pas trop foulés, ça se voit gros comme un furoncle sur la gueule d’Arielle Dombasle, mais traiter un démocrate cosmopolite de nazi fait toujours son petit effet consanguin. Hein Jean.

Hé héhé héééééééééééé..

Traitre : cf. "ethnomasochiste". (N'oubliez pas, on est en guerre-civile-tout-le-temps-partout).

Vagin : le Mal absolu.

World Global partouze : "béance festive fusionnelle mondiale" - désigne le reste du monde, par opposition à la chambre à coucher du consanguin.

(Featuring Ordet)

Civisme et délation


24 septembre 2008

Le nouveau Dantec arrive en librairie !

Nouvel opus de notre écrivain fétiche, qui poursuit sa quête cathofuturiste pendant que Michel Welbec empoche les droits d'adaptation de "la Possibilité d'une Mine". Maurice Gnê se positionne désormais au coeur de la fission nucléaire thermométaphysique romanesque, et livre un nouveau livre-monde, un véritable "manuel de survie en territoire mytho".

Explorant les frontières de la création, Maurice propose, au travers de l'histoire d'un ancien flic accro à la méthédrine et lecteur de Sun Tzu, une description cataclysmique des affrontements interethniques au Frankistan, bref à nouveau de la mauvaise SF narcissique mixée à un gloubiboulga aussi xénophobe que mystico-guerrier, jusqu'à ce que le roman, l'écrivain et son héros basculent tous trois dans une véritable expérience d'écriture, une N.D.E cérébrale, que n'abrège miséricordieusement que le mot "fin".

Maurice Gnê Dantec, ici chez Michel Drucker

"Apocalypse Conjunction III, le Retour"

A cette occasion, l'inusable Davide Pursang propose aux Calebutes Noirs, le collectif des lecteurs du maître aka la Communauté des Blaireaux, l'organisation d'un séminaire d'intégration, lors d'un week-end au coeur des ruines du XXe siècle.
Lieu :
Le Galaxy, route de Rumilly-les-Haches,
08000 CHarleville-Mézières.
Prix d’entrée : 3 euros.

Accès :
-par la route : autoroute A4 direction Metz, puis de Reims, prendre l'autoroute A34, ce dernier tronçon de 80 km étant gratuit. Sortir à Montfront-sur-Tagueule, premier rond-point à droite direction les Glaires, 2e rond-point à droite direction Prurit Centre, prendre le chemin vicinal jusqu'au château d'eau, continuer sur 100m entre les thuyas.
-par le train : à 2h de Paris, puis sur place à Charleville, trolleybus 12, arrêt Ancienne Boucherie, chercher le château d'eau, cotninuer sur 100m jusqu'au parking du Galaxy.

samedi 13 novembre de 17h à 21h :
- représentation théâtrale de la compagnie de l'Embobineuse, avec Laurent Shames dans le rôle du laxatif, mise en scène Bruno Gollnish.
- lectures par David Kersan, Alexandre Del Sale et Captain América d’extraits en avant-première de “Comme les règles de ta mère dans un shaker du Buddha Bar" de Maurice Gnê Dantec, à paraître cet hiver aux éditions du Rocher.
- diffusion de 4 titres du groupe Crachats Culculs, avec Maurice Gnê Dantec, Davide Pursang et Henri Dès.
- lecture des 911 derniers éditos d'Ivan Rioufol.
- quêtes pour Robet Redeker et Sébastien Deyzieu.

Maurice Gnê Dantec répondra aux questions du public et dédicacera ses ouvrages, au rayon charcuterie du Shopi de la rue des Oedèmes Intestinaux, de 21h à 21h13.

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Le reste du weekend, toujours en présence de Maurice Gnê Dantec, sera réservé aux membres des Calebutes Noirs, la Communauté de ses lecteurs. Le samedi soir : pique-nique rillettes et Villageoise sur la place du marché, réservé à la communauté des lecteurs. Soirée au Milord, punch gratuit. Le dimanche : 06h00 : réveil au clairon. 7h00 : séance de masturbation collective au lavoir de Saint-Patton. 10h30 : visite du cimetière américain de Chaussy-la-Vérole. 13h30 : visite de l'Eglise de Saint-Lié de Mohon, de la fabrique de cendriers Jupiler, promenade sur le port fluvial, collation. 16h00 : exposition consacrée aux attentats du 11 septembre (spectacle pyrotechnique inclus) au mémorial du Conflit Préventif. 17h80 : dîner-karaoké au KFC de Charleville, durant lequel David Pursang déclamera le répertoire de Laibach ainsi que les poèmes de Guy Miiières. 18h35 : retour.

Renseignements : démonia@mauricedantec.com

19 septembre 2008

T’as pas de face(book)

Cette semaine, l’inaltérable Juan Asensio nous a adressé un mail tonitruant, apte à réveiller les consciences et mobiliser les énergies, comme le disent les caciques du parti socialiste lors de leurs pitoyables grand’messes pré-post-électorales. Le grand Juan s’indigne, et avec raison, ô combien raison, de ce qu’en plus des éditeurs, des distributeurs, des critiques et des chroniqueurs, les lecteurs ne semblent pas non plus s’intéresser à sa dernière et formidable production, « Maudit soit Adreas Werkenkrakendermeister ! ».



Il s’agit à l'origine d’un message d’abord adressé à ses habituelles groupies, agglutinées sur la page Facebook de notre inénarrable conquérant, que nous relayons avec plaisir afin d'aider notre aimé Ftalker dans sa vaste et noble entreprise d'intoxication mondiale au kougloff.

« Mes chers tous.

Je vous avais envoyé, il y a quelques semaines, de très nombreux emails vous enjoignant de vous procurer sans délai mon dernier ouvrage, « Maudit soit Andreas Werkmeiskrekken ! » aux éditions La Nuit Ténébreuse des Maudits du Grand Occident.

Non, certes, que j'escompte retirer de ces ventes un quelconque kopek, puisque les éventuelles recettes tirées de l'hypothétique vente de cette bouse iraient toutes – hélas ! - à mon cher éditeur, qui en a bien besoin puisqu'il est nouveau ET tout petit ET spécialisé dans le paveton pédant, ET quasiment condamné d'entrée de jeu puisqu'il signe des purges comme moi, et que, du reste, j'ai signé un contrat où mon à-valoir est proche de zéro. C'est dire si mon austérité de sombre et ténébreux bouffon ne va pas se transformer en indécente opulence, et si par le fait malheureux je pourrai ainsi continuer de pester contre l'absolue étanchéité du monde actuel à ma prose tonitruante et à mes traits acérés. Fort bien !

Mais je dois vous dire, mes chers amis, que J'ai reçu les premiers chiffres de ventes de mon livre et qu'ils sont abominablement nuls, ridicules, hilarants, et en tous cas bien inférieurs, de loin, au simple nombre de participants de ce Fâssebouque : c'est à dire qu'il s'en est vendu trois. Pas cinq, pas quatre, non non, juste trois. Je soupçonne mon aimable Samuel Gourio d'en avoir acheté deux, et j'en ai acheté un autre pour l'adresser à Maurice Dantec dans sa retraite canadienne, donc a priori, personne n'a lu ce Grand Oeuvre. Damn.

Que les choses soient donc parfaitement claires : je dépense, pour mon blog Stalkère ET pour cet espace Facebook qui se veut d'échanges, un temps et des efforts parfaitement prodigieux, une énergie proprement colossale, qui ne sont je crois guère payés de retour, sauf, de temps à autres, à recevoir les encouragements de certains d'entre vous, goulus esthètes, que je ne manque d'ailleurs jamais de remercier d’une bonne léchouille parfumée au salami-bourbon. Mauvaise troupe, j'attendais un peu plus de gratitude de votre part, et un peu plus de considération pour mes écrits surtout, qui je le sais vous terrassent pourtant chaque jour de leur puissance stylistique et de l'absolue pertinence de leurs propos, qui comme le savait Gadenne, ne sont pas sans rappeler les plus subversifs brûlots de l'histoire de la Littérature mondiale, chaque texte signé Asensio renvoyant par exemple le "J'accuse" de Zola dans les cordes.

Mais, ma foi, dialoguer ici avec moi, Juan Asensio le Grand, avoir l'insigne honneur de m'adresser la parole et de me soumettre quelques commentaires boiteux sur mon impressionnante plume, espérer une réponse, recevoir les mots que je condescends à vous adresser en récompense, mes braves, cela suppose de connaître, je crois, j'en suis sûr même, quelque peu mes livres et leur(s) complexe(s)problématique(s). C'est le minimum de sérieux, de cohérence et, tout simplement, de politesse que je suis en droit d'exiger de vous.




Car j'exige, moi messieurs. J'exige, car ce que je produis, en vérité, n'a rien d'une proposition, d’une thèse grotesque ou d’un pâle essai dispensable. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une véritable Parole, une Réelle Présence, un immarescible Souffle qui... euh.. qui souffle sur vos têtes, renverse vos préventions et balaie vos sensibilités. Un Souffle, quasi divin oserais-je dire, dont je suis naturellement en droit d'exiger qu'il soit lu par l'ensemble de mes contemporains, à commencer par vous, mes groupies Facebook, et plus généralement qu'il soit enseigné à l'école en lieu et place de Kafka, de Balzac ou de Proust. Car tous, tous sont condensés en mon Ecriture. J'exige donc que, pour m'adresser la parole, vous LISIEZ au préalable l'ensemble de mes productions. Et mon livre, adoncques.

Je pense donc que vous aurez tous saisis où je veux en venir, bande de petits fumiers radins. Encore une fois, il ne s'agit pas pour moi de vivre de ma plume (j'ai renoncé à ce doux rêve il y a bien des années, par la force des choses et sous le poids des missives de refus) ni même, grands dieux non, d'égaler les ventes du dernier Angot ou Soupline (trop fort ce surnom, non ? J’en use et en abuse, mais quand on tient une aussi renversante métaphore, on ne la lâche pas) mais enfin, vos efforts pourraient tout de même donner quelque visibilité (comme disent les jargonneurs de la Bourse) à un livre, le mien, qui n'a même pas eu la chance d'exister en librairie, ou si peu. Alors, merde quoi, pourquoi ne vous être pas encore rués auprès de vos libraires habituels, du charcutier local, voire au devant de quelque éboueur matinal, pour exiger un exemplaire de ma magnifique production ?

Car, oui, ma situation est catastrophique : tous me bâillonnent et me boudent, tous me méprisent, même ! Les libraires incultes, ignares, qui feignent d'ignorer l'impact cataclysmique de mes écrits, les réseaux de distribution phagocytés par des syndicalistes socialisant, comme les petits éditeurs, et que dire, vous le savez, des critiques littéraires ! Tous, inféodés au pouvoir bolchévique et aux officines de censure islamistes, prétendent ainsi me censurer, et camouflent leur autoritaire bannissement sous d'oiseuses considérations liées à ce qu'ils appellent mon « style de comptable bourré » ou mes « opinions de vieille bourgeoise édentée ». La voilà bien, la conspiration des cacomèles idiots et des phocographes nihilistes !

Après tout, mon livre est bon ou, s'il ne l'était décidément pas, je sais ce que j'y ai mis, ma substantifique moelle, mes sueurs et mes sécrétions, mes matinales ablutions, très peu de virgules et un maximum d’adverbes empesés, bref toute mon âme, ce qui est quand même d'un autre calibre que, pour faire vite, la substance amorphe d'un Bénier-Burckel ou les écoulements saumâtres d’un Renaud Camus, par exemple, dont tout le monde parle en bien, et qui n'est pas mauvais mais absolument pas bon. Si tant est qu'on puisse écrire une phrase aussi merdique.

Je vous invite donc, DE TOUTE URGENCE (disons que ce sera le cadeau de Noël que vous me ferez), j'exige donc, j'ordonne, je vous fais ni plus ni moins qu'INJONCTION de vous procurer mon « Maudit soit Andreas Wercklakenmorgenmeister ! », qui vous mérite et que vous ne méritez pas. Parce que, sous mes airs placides, débonnaires, je suis à deux doigts, voire un seul, voire un petit cheveu de rien du tout, de supprimer ce groupe Fâssebouque : vous irez, mes chers, commenter l'actualité du Magazine Littéraire, et vous en serez fort marris !

Ténébreuses Amitiés.
Juan Asensio »

01 septembre 2008

Souvenirs : les Petits Chanteurs à la Croix de Fer

Consanguin wants you !

Consanguin wants you !
*** Enrôlez-vous dans le Choc des Civilisations ***

And remember...