28 janvier 2007

Nos spécialistes

Clash des civilisations. Anne-Marie Delcambre, professeur d'arabe dans un lycée défavorisé d'île-de-france, spécialiste de l'amalgame historique et de la stigmatisation partisane, tire la sonnette d'alarme : la prolifération en France des imams barbus n'a de cesse d'augmenter. Avec elle, tous nos frères consanguins de souche n'ont pu faire autrement que de constater que les nouveaux ayatollahs qui sont sur le point de prendre le pouvoir et nous imposer la charia', contrôlent également les médias. La semaine écoulée, pas une rue, pas un kiosque qui ne fasse l'apologie du nazislamisme en marche !! Les barbus s'affichent partout dans nos rues.

Occident, en avant ! A la suite de grands intellectuels comme Anne-Marie Delcrampe ou Alexandre Del Sale, Ivan Rioufol, éditorialiste éminemment réactionnaire au Figaro, tempête contre notre acculturation grandissante et avertit : en 2007 il nous faudra faire un "choix de civilisation". Rioufol, Delcrampe nous montrent la voie, frères consanguins : soyez réactionnaire, soyez nationaliste, voire bien basiquement raciste, mais dépeignez-vous en Résistant ! Usurpez la "résistance à l'oppression" pour faire prospérer nos nobles idéaux. Si même Alain Soral a en eu l'idée, c'est bien qu'elle est à la portée de n'importe quel sursinge blogger consanguin !

erratum : Il semble que l'intense couverture médiatique islamiste dénoncée ci-dessus soit en fait liée au décès de l'abbé Pierre et à la multiplication des unes de journaux consacrées au personnage... mais les services de contre-espionnage des aéroports de Roissy enquêtent...

GI Joe dans la Matrice



OKAY ?

22 janvier 2007

Consanguinité plurielle et couples singuliers

On note ce mois-ci, dans la presse écrite, une analyse originale bien que peu aimable envers quelques unes des nos plus superbes plumes consanguines. Certains journalistes, ces malpensants, ces « maljournalistes », n’épousent pas nos nobles idéaux, mais sentent bien nos accointances morales et témoignent de nos contradictions fertiles. La presse, au fond, cet ennemie du consanguin.

« Les duos Dieudonné/Soral et Desensio (dit le stalkère)/Dantec sont, dans des registres il est vrai très divers, voire divergents, la même engeance. On a affaire ici à deux écrivains, Soral et Dantec, au talent médiocrement équivalent (vignettes, vantardise et rock’n’roll) (sentences à l’emporte-pièce et lucidité de sconses morts), s’acoquinant avec deux comiques troupiers aussi peu drôles l’un que l’autre, y compris et surtout quand ils font des efforts.

Affinités électives.

Dans les deux cas, on ne sait qui, du comique ou de l’écrivain, a le plus besoin de l’autre ; on n’ose imaginer de rupture, elle serait catastrophique pour les nerfs de chacun, mais très certainement elle ne durerait pas : les deux amis se prendraient bien vite en pleurant dans les bras en se jurant mutuellement de n’insulter désormais fidèlement que l’intelligence humaine, « Mais pas toi, plus toi, non, plus jamais!.. Snif!.. ».

Les deux paires (qui en revendiquent elles-mêmes d’énormes), ont aussi en commun d’avoir choisi de tenir, depuis plusieurs années maintenant, des discours au goût de sang de plus en plus prononcé, si consanguins, et d’exprimer en public leur désir évident de voir poindre à l'horizon de nouveaux pogroms et de nouvelles batailles de Poitiers qui les illumineraient peut-être de leurs feux, ces promoteurs d’apocalypses bichromiques au folklore guerrier (fortins playmobil, bateaux pirates et ADM). Oui : aujourd’hui, ces quatre zèbres évoluent bien à l’extrême-droite, terrain suffisamment vague, zone assez floue, on le voit, pour accueillir toutes sortes d’imbéciles défendant des positions non seulement contraires mais inconciliables. C’est du reste le propre, historiquement, de ce camp politique que d’avoir attiré des déclassés « superbes » (autoproclamés tels) et des staliniens désoeuvrés, des étudiants attardés se prenant pour le Christ et des caméléons cyniques naviguant entre rouge-brun et rouge et noir. On le voit, rien n’a changé.

Ces quatre clampins sont pourtant quelque peu différents. Prenons les deux écrivains, qui apparemment se détestent (l’on se souvient d’un superbe défi lancé à travers l’Atlantique par le boxeur Soral au roi du pogo Dantec, malheureusement sans la moindre suite concrète, aux dernières nouvelles…). Soral crie donc « vive la France ! » (ce « sauve qui peut » des crétins), a rejoint le parti nationaliste du protoconsanguin borgne et pond pamphlet antisémite sur pamphlet antisémite. Dantec, exilé au Québec, pourfend la France bobo-islamisée, trouve le même protoconsanguin borgne trop à gauche et veut en finir une fois pour toutes avec le monde musulman, hardi petit. Vous me direz : à part l’objet précis de leur haine, il n’y a finalement, entre ces deux petits provocateurs bilieux, pas la moindre différence ! Et vous n’aurez pas tort. Quelques petites distinctions sont néanmoins à faire : l’ambition n’est pas la même de part et d’autre, et conduit chacun à des attitudes et des engagements aussi contradictoires qu’aporétiques.

Soral (ici chez Ardisson) est un apparatchik déçu, un « penseur » en sucre, un sociologue de foire télévisée, un ancien du P.C.F. qui a cru, en bon autodidacte, pouvoir passer d’un seul coup du monde de la pub où il croupissait au monde des célébrités intellectuelles en lisant tout Clouscard, Lukàcs et Goldmann. Une sorte de Beigbeder à testostérone, en somme. Il ne savait sans doute pas, le naïf, que le monde intellectuel médiatique dont il voulait faire partie par la seule force du raisonnement n’était plus, depuis la fin des années 70, que très superficiellement « de gauche ». Une série de lapsus, d’erreurs de jugement et de provocations douteuses a fini par faire de Soral l’idiot utile du F.N., le militant à plein temps d’un parti tout entier dévolu à la gloire de son leader maximo.

Ainsi se comprend le changement de ton de Soral, qui, passé de l’hystérie paranoïaque d’il y a deux ans à un faux calme de speakerine enjôleuse, explique aujourd’hui très posément au crétin de la radio québécoise Rock’Ik les pseudo-raisons de son ralliement au camp lepéniste. Tandis qu’à l’inverse, un Dantec plus éructant que jamais bavait quelques mois plus tôt dans la même émission sa haine des musulmans, en des tirades dignes du dernier des hell's angels bourré.

Il faut dire que des plateaux d'Ardisson aux radios réacs, ces deux martyrs censurés, ces soit-disant "infréquentables", finissent pas se succéder sous les mêmes feux.

Dantec (ici chez Ardisson) a choisi, lui, la voie plus pure et plus dure de l’Écriture, okay ? Son combat passe essentiellement par la lecture de Bloy ou du Figaro, la citation imbécile du Coran, et par le démoulage de son illisible pavé annuel, salmigondis de délires villiéro-christiques et de SF saturée de lipides. C’est une voie royale, qui ne manifeste ni fausse modestie ni peur du ridicule. Et qui oblige Dantec à lancer de temps à autre un gros crachat en direction d’une cible faussement polémique (les terroristes islamistes, les bobos) pour se faire de la publicité, au cas où son chemin de croix le ferait oublier du commun des mortels.

Dieudonné et Desensio, les entrées-de-gamme de leurs genres respectifs (l’humour rire & chanson et la critique maisons & jardins), sont à la fois plus grossiers et plus efféminés ; pendant que Soral argumente, Dieudonné, à l’arrière-plan, illustre ses propos par des grimaces, et tandis que Dantec écrit ses romans, Desensio passe des heures et des heures à le défendre sur les forums qui lui sont consacrés. On pourrait dire que Dieudonné et le stalkère reproduisent en mineur le parcours de leurs maîtres à éructer. Si Soral et Dantec sont les metteurs en scène et interprètes de leur grotesque descente aux enfers, Desensio et Dieudonné sont les auteurs de gentilles séries B sur les mêmes thèmes, petit budget et muppet show. Mais ils veulent être tout aussi féroces que leurs aînés : par périphrases, Dieudonné saura pour sa part admirablement jongler avec l’idée d’un « parti juif » omnipotent, ou, pour paraphraser Richelieu, d’un Etat (juif) dans l’Etat (français), et servir ainsi la soupe à son camarade Soral, voire aux négationnistes de tous poils friands d’éditos poisseux et de voyages à Téhéran.

Desensio, lui, (ici dans la Matrice) n’a pas besoin de mettre de gants pour étaler sa légère xénophobie sous prétexte de haine du terrorisme : l’amalgame est à la mode, en particulier sur internet. Il est vrai par contre que, tout comme son maître Dantec, Desensio se veut un grand solitaire, un « fauve christique ». S’il est indéniable que sa Zaune sent le fauve et la frustration… les vrais « solitaires » n’ont pas pour habitude de ramener leur fraise sur tout ce que le globe comporte de médias pour beugler leur acrimonie de vieille rombière embourgeoisée... Desensio s’acharne, sur tel forum ou tel blog, à faire rire tout le monde à ses dépens (et alimente par là son sentiment d’être (presque) seul au monde, (presque) seul contre tous, et donc forcément davantage dans le vrai que le reste de la planète. Dommage qu’il n’ait pas mis autant d’ardeur à découvrir d’autres aspects de la féminité que ces dessous affriolants qu’il vendait à d’opulentes ménagères lyonnaises dans son jeune temps. Ça finit par se sentir à chaque phrase.

Jusqu’où vont-ils descendre ?

Dieudonné, quant à lui (plutôt chez Fogiel), est plus connu que le Ftalker. Ce n’est pas difficile, il n’y a là aucun exploit. Il ne perd pas son temps sur internet : il préfère tapisser les murs des métros d’affiches le montrant en uniforme nazi, hoho haha. Ce qu’il est drôle, hein ? La provocation 100% de matière grasse. Après tout, les consanguins ont pris l’habitude résolue d’invoquer leur vieille ennemie terminale, la liberté d’expression, au secours des pires manifestations de l’esprit : tous maudissent la démocratie molle et le relativisme nihiliste, mais ne sont malheureusement capables que d’y ajouter la caricature infecte et le bellicisme de salon, et voudraient en plus les faire passer pour des perspectives. Ils n’en finissent plus d’en appeler à la culture et à la libre pensée pour justifier leur imposture et leur propre embastillement mental. Ces gens sont enfermés, il leur reste la parole. Pourquoi doivent-ils l’avilir elle aussi ? Mystère.

Une chose est sûre : les « camps », puisqu’ils ont aujourd’hui moins de lecteurs que de « partisans », de Dantec & Desensio d’un côté et celui de Soral & Dieudonné de l’autre, se regardent en chiens de faïence, hésitant entre l’escarmouche de conjoncture et la fusion d’intérêts. Pour combien de temps ? Car ils n'en sont pas, ni les uns ni les autres, à un reniement près. Ces guignols prétendent à une certaine "verticalité morale" ? Il se rejoignent en réalité dans la versatilité intellectuelle. Leurs suiveurs sont les mêmes : les bloggers « nationo-libertaires », les Rastignac de gala étudiants, les néo-droitistes décomplexés ou les illuminés de salons littéraires. Et puis ils ont en commun un ennemi mortel : la capitale, Paris, le « centre intellectuel et financier » dédaigneux et jacobin certes, mais là où se tournent les spectacles, les émissions de radio et de TV, où se décident les unes des journaux et les têtes de gondoles... Un ennemi qu’ils voudraient voir se traîner à leurs pieds, tout en sachant la chose impossible.

L'intelligenstia. Un ennemi qu’ils désignent par des vocables différents (ce sera « les juifs » pour Dieudonné ou Soral, « les musulmans », les « gauchistes » et les « bobos » pour Desensio et Dantec ; ce sera de toutes façons la « pensée unique », « l’establishment », la « globalization »). Admirez d’ailleurs la façon dont chacun glisse : rien de plus facile que de vomir les demeurés violents du BETAR et la barbarie sioniste, mais les propos de Soral fleurent bon le « complot juif » bien connu des historiens… Rien de plus facile que de s’emporter devant les crimes des islamistes et la sauvagerie obscurantiste des terroristes, mais Dantec globalise au « monde musulman », bien entendu (puisqu’on vous dit que c’est dans le Coran !).

Ces « iconoclastes » sont en butte à un élitisme qu’ils taxent encore de germano-pratin ou d’universitaire (à l’instar d’un Robert Redeker qui ne s’est pas senti « assez soutenu » par les intellectuels français après avoir reçu trois mails de menace à cause de sa logorrhée raciste pourtant flamboyante). Ils sont tous victimes d’un complot, qui veut étouffer leur soi-disant lucidité. Ils détestent les plateaux télé, mais tous espèrent secrètement les attentions d’Ardisson, de Stéphane Bern ou de FOG.

Autant de complots, autant de miroirs piqués par le temps qu’ils ne cessent jamais de désigner, d’inonder le salive chargée, de prétendre briser, incapables qu’ils sont de reconnaître qu’ils ne prennent vie que dans la haine d’une chimère mentale qui instrumentalise l’histoire, et qu’ils expulsent à grands renforts de gémissements constipés à chacun de leurs écrits. « Huuuuuuuuuuuuuuuuuuaaaaannnhh… » - ça va mieux les gars ?

Ah, comme il reste toujours un peu de testostérone à évacuer (et puis les groupies adorent tellement ça), nos deux héraults se balancent des défis d’écoliers à travers l’atlantique. De temps en temps. Avec un débile comme Yann Moix en arbitre, on aurait tenu la rentrée littéraire du siècle.


Les consanguins bénéficient pourtant, grâce à la référence à ces divers pantins plus ou moins médiatiques, d’une gamme de colères en soldes très pratique. Ils peuvent tout à la fois haïr le musulman, le juif, le mondialiste ou le libéral, le socialiste ou le démocrate, ou l’inverse, bref un ensemble de détestations à la carte et un arsenal de poses anticonformistes susceptibles d’épouser leurs préjugés et de leur conférer une caution-qui-a-lu-des-livres. Voyez les cautions : Soral, abruti épais en mal d'engagement politique, et Dantec, illuminé notoire en route pour la canonisation évangéliste. Les consanguins ont le choix : Dantec s’astique sur le manche d’un merkava, Soral drague la boue nationaliste, et même, voyez : Nabe apprécie les djihadistes. »

Voilà une analyse qui si elle foule au pied nos grands engagements consanguins et notre noble croisade civilisatrice, si elle raille nos plus grandes références intellectuelles, a le mérite de souligner que notre combat est pluriel, et qu’en gros tout ce qui n’est pas nous est nécessairement contre nous, l’important étant de communautariser. Frères consanguins, dites-vous bien, quoi qu’en disent nos détracteurs : chacun à leur façon, Dantec, Soral, ou leurs deux reproductions serviles, convergent tous à des degrés variés vers la figure du rayonnant connard identitaire, notre idéal d’honneur, de bravoure et d’endogamie.

21 janvier 2007

Affreux, sales et méchants

Nos plus cordiales et consanguines salutations à Davide Pursang, qui a rapidement annoncé son installation quartier Mouffetard quelques mois après avoir brillamment annoncé son installation à Marseille. Remercions-le d’abord de nous tenir également informés de ses heures de réveil, de la qualité de la cantine le midi et du pedigree de son berger allemand dès que possible, nous nous languissons d’informations aussi essentielles à la bonne marche du web. Regrettons ensuite qu’à l’instar des maisons d’édition et des capitaux-riskers, le mistral ait lui aussi chassé le jeune et bouillonnant éphèbe aryen, le Percutant Mégalomane à paillettes.

Chronique ciné. : rien d’original, mais louons encore une fois des films comme Matrix ou Fight Club, d’avoir permis à toute une génération de consanguins frustrés de s'imaginer qu’ils pouvaient philosopher !

Alain Soral, « rebelle depuis 16 ans », sait ce qu’est la marginalité intellectuelle et la résistance à la pensée unique. Pour lui, le comble de la rebellion, jeune con anarchiste, c’est le F.N. Voilà une vraie expertise révolutionnaire, à n’en pas douter. Soral invente « le Marginal Intégral », la version 2.0 du « libre-penseur » qui se fait lourder de Science-Po et qui renifle le cul des borgnes. Quand un pitre sous-demeuré wannabe médiacrate, use du classique discours antisystème de gauche et du vernis marxiste et les met au service de l’offensive électoraliste des « patriotes » aussi populistes que vérolés, c’est toute l’Infranationale Consanguine qui jouit. Bravo Soral, occident en avant !

PS : L'actrice américaine Carrie-Ann Moss nous fait dire qu’elle a déposé une main courante contre un certain « Fauve Chris-trique » qui la harcèle d’emails, comprenne qui pourra. L’individu a semble-t-il un casier chargé, il aurait déjà chourré un exemplaire de Hotvidéo dans une station service et brisé deux phares de voiture il y a quelques années… Un mec dangereux, assurément.

Consanguin wants you !

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And remember...