31 août 2006

Le Choc des civilisations : du pain béni pour les Consanguins



Cette semaine il nous paraît souhaitable d'insister sur l'élément philosophique le plus brillant de ces dernières années, la trouvaille conceptuelle providentielle qui nous tient lieu de grille de lecture et d'abécédaire des idées rampantes. Frères consanguins, nous savons vos différences. La consanguinité est plurielle. Patriote identitaire, journaliste raté, nanarchiste de droite, écrivain belliciste à encéphalogramme logarythmique, nous savons vos différences. Mais par-delà ces différences de forme, par delà ces divergences secondaires, il nous faut serrer les rangs en vue du grand soir que nous attendons, planqués derrière nos écrans et nos poses de vikings. Et pour nous fédérer, quoi de mieux qu'un dogme ? Quoi de mieux qu'une nouvelle vérité révélée, qu'une prophétie autoréalisatrice bien basique et passe-partout ? Puisqu'en éternels perdants nous ne pouvons nous définir qu'en Réaction à l'autre, puisqu'en indigents crétins nous ne pouvons qu'articuler de verbeux préjugés, nous devons nous réunir autour d'une théorie fondatrice, universaliste, globalisante et bancale ! Il nous faut un Dogme, et sa Sainte Inquisition suivra ! Et ce Dogme, mes frères, nous l'avons trouvé. Il a suffi de deux crayons de couleur, d'une mappemonde et d'une demi-cervelle. Il lui a suffi des thèses du Choc des civilisations pour emporter notre adhésion, notre enthousiasme, et sceller notre nouvel endoctrinement.

Il nous faut porter toujours plus haut nos rêves spermeux d'empire occidental et nos fiévreuses projections millénaristes d'enragés au biactol ! Il nous faut briser la bien-pensance multiculturelle et planter sur son cadavre l'étendard de la sous-pensance consanguine, cette sous-pensance libératrice, sauvage, virile et pieuse ! Oui mes frères il nous faut marteler nos fumisteries conceptuelles, axées sur ce fameux "choc des civilisations", ce formidable mécano à l'usage des consanguins binaires de toutes obédiences. Nous avons déjà eu l'occasion de dire combien la consanguinité était plurielle. Mais regardez, mes frères, regardez combien la consanguinité plurielle se réunit, communiante et grégaire, dans la célébration du choc des civilisations !

S'y retrouvent le raciste primaire qui voit dans cette thèse la prolongation intellectuelle de son bon vieux "la france aux français", l'islamophobe qui trouve fort commode de rapprocher la petite frappe de banlieue et l'islamiste à kalashnikov, pour déduire qu'aucun étranger n'est "soluble" dans SA république blanche et consumériste. S'y retrouvent l'ultracatholique délirant, le milicien fan d'ordre et d'uniformes bien coupés, l'atlantiste mégalomane ou fanatique, l'occidentaliste illuminé et sentencieux, le rouge-brun paumé, l'identitaire à poil ras, voire tout ce que le globe compte d'états-majors expansionnistes et de colonels sanguinolents. S'y retrouvent même nos pires adversaires, puisque le fou de dieu bardé de dynamite, le redskin à bombers et keffieh, voire le philosophe de plateau télé, parviennent eux aussi à souscrire à cette summa divisio, cette nouvelle "guerre froide" artificielle, cette bipolarité de circonstance, ce nuage de fumée grotesque qui veut résumer tout antagonisme, tout affrontement, quel qu’il soit, en l’affrontement de deux blocs monolithiques aussi grossiers que déterministes.

N'oublions jamais, mes frères, que la consanguinité est avant tout binaire. N'oublions jamais que le "choc des civilisations", cette fumisterie selon ces bolcho-intellectuels élitistes et ces troupeaux bien-pensants, constitue pour nous une grille de pensée tout-faite, le fast-food de la géopolitique, le reader's digest de la théologie, l'opportunisme conceptuel au service de nos plus bas instincts.

Consanguins ! Vous qui n’êtes au fond que de pleutres idiots croulant sous leur inanité vaniteuse, de ridicules oisillons déplumés se rêvant en nouveaux croisés, vous voulez du prémâché et du mystique pour vos pauvres cervelets en forme d'interrupteurs ? Pensez "choc des civilisations" ! Oubliez la complexité du monde, oubliez les flux sociaux, oubliez les mosaïques culturelles et les imbrications sociétales, oubliez l'absolue hétérogénéïté des concepts "d'occident" et de "religion", assassinez la nuance et l’histoire, vous dormirez mieux et pourrez arguer d'un discours prêt-à-l'emploi en toutes circonstances. De Wolfowitz à Zarkaoui, de Dantec à Ramadan, de Del Valle à Dieudonné, de Villiers à Huntington, d'Ahmadinejad à Olmert, du Bloc Identitaire à la Tribu K, frères consanguins : adoptez vos repères ! En toutes circonstances, dénoncez le nihilisme, le relativisme, la décadence ; vautrez-vous dans le manichéïsme guerrier, la phraséologie ésotérique et le binarisme géostratégique ! Consanguins, bêlez !! Dansez vite avant l'apocalypse, puisqu'on vous dit qu'elle est à nos portes, apportée par le sarrasin, par le bolchévique métisseur, par l'oecuménique élitiste, par l'Autre.
Ensemble, frères consanguins, conchions l'Autre, lui là, accusons-le de nos frustrations abyssales, généralisons, excommunions les traîtres, brûlons les voix discordantes, brûlons les ouvrages qui prétendent élever la vue et préciser la focale ! Nous n'avons besoin que de nos préjugés virides et d'une thèse bien binaire, bien salope faut dire, pour nous sentir repousser quelques testicules et nous dépeindre en combattants. Qu'il est doux, qu'il est facile, frère consanguin, de te dire "combattant" depuis le rassurant confort de ton intérieur moderne et câblé, qu'il est doux de pouvoir inscrire ta vulgarité mentale dans un clivage nouveau, à peine sorti du four, mal démoulé, et si pratique !

30 août 2006

Le bâillon des Sous-pensants

La semaine dernière, nous apprenions la clôture du Dring, cette formidable embarcation de guerre battue en brèche dans les tourbillons du net, son merveilleux équipage de culs-de-jatte reclus dans la sentine - et nous relations ce non-évènement plus bas. Cette semaine, « Consanguin » a affaire à d’indélicats pirates : probablement quelques gauchistes technologiquement avancés, ou quelque personnalité pathologiquement retardée anéantie par notre parole consanguine. Toutefois, telle l’hydre à cent têtes, nous couper un membre est inutile. Les consanguins n’usent pas de leur tête. Et ne sont pas pourvus.

La sous-pensance est avide de censure ? Nous lui ferons rendre gorge.

Frères consanguins, petit matamores et grandes brêles ! Nous sommes entrain de migrer vers des serveurs moins poisseux que ceux, adeptes de la censure inique et de la collaboration zélée, de Haut & Fort ou Blogspirit, puisque notre noble prêche consanguin ne peut y prospérer. Vous retrouverez sous peu les inénarrables aventures de la Compagnie des Bloggers à Croix de Fer, où figurent en bonne place les régurgitations grumeuleuses et les esprits confus des José Desensio, Davide Pursang, et autres sursinges fun-fascistes ou dégoulinantes goules réactionnaires, en raison de l'incroyable fatuité avec laquelle ils n’ont heureusement de cesse de se peindre eux-mêmes, et de la colossale médiocrité trouble qui caractérise leurs deux ou trois embryons d'idées.

Les efforts désopilants développés par la filouterie mégalomane et obséquieuse, qui se lamente des railleries et des coercitions sur l'internet mais pratique dans le même temps la plus avortée des censures quand elle le peut, nous ravissent tant ils sont vains. Ses pitreries nous font croître en nombre et gagner en résonnance. Sus aux censeurs, frères consanguins !

Consanguin reste debout sur ses pattes courtaudes, pour tenir bien haut le flambeau réac dans la pénombre de cette société qui le martyrise. Tu es frrrançais-môsieur, con comme une souche, bourrin et dévoré de frustration pitoyable et de préjugés visqueux ? Frère consanguin, éditorialiste d’écluse ou blogger frustré, ce blog est pour toi.

29 août 2006

En rouge et noir

Une bien triste nouvelle attriste cette semaine les consanguins. La disparition de leur webzine « réactionnaire percutant » préféré, Dring. C’est dans un petit pop digestif que va se dissiper cette prodigieuse, cette ahurissante aventure rouge et noire. Hommage.



En rouge et noir.

Son animateur, Davide Pursang, fier impresario, acteur prodige, écrivain mort-né, blague de fin de soirée, nous explique récemment à quel point, une fois achetée sa villégiature méditerranéenne, il semble cependant amer et frustré, frustré d’abandonner Dring et de céder sous les coups de boutoirs assénés par les cloaques bien-pensants. Davide est sincèrement peiné, fatigué de ces critiques, de cette bave qui sans cesse entache la blanche colombe idéaliste, Davide est éreinté par cette vindicte qui, à le lire, régente déjà tout l’internet. Sans doute le bon Davide se fatiguait-il également d’annoncer régulièrement à ses ouailles de colossales exclusivités médiatiques et d’impressionnantes bombes à fragmentation littéraires, pour sans cesse reporter, décaler…et abandonner. Bien des maisons d’édition risquent donc de perdre également un marronnier à forte plus-value humoristique, sans parler du vide sidéral que Pursang risque de laisser sur le net, qui ne présente déjà pas tellement d’occasions de rire.

Dring s'arrête, les fantassins à charges syllabiques ont d'autres projets. Dring va disparaître, mais pas en raison de la dramatique pauvreté intellectuelle de ses contributeurs, alléguée par certains, ou autres "propos d’humiliés acariâtres et d’atlantistes à l’haleine chargée" qui ont fait le quotidien du Dring. On note avec joie, au passage, que Davide a musclé son vocabulaire à force de lire Dantec, (on se souvient du style de midinette bègue qui a été celui de ses quelques essais stylistiques). Davide Pursang, petit censeur de bibliothèque verte, irrémissible plaisanterie mythomane selon certains, se rêvait probablement en terrifiant écrivain maudit… mais ses conceptions très marketing de la littérature ne l’ont conduit qu’à un contrat à durée indéterminée en tant que cyberclown à paillettes, et le préavis vient, hélas, de tomber.

Davide semble donc aujourd’hui, frères consanguins, un homme fatigué. Claqué, le gars. Une lassitude étrange, la maladie des prétentieux sans talent, entend-on dire avec effronterie. Fatigué sans doute d’avoir passé son temps à beugler à quel point la bande de trompettes qui officiait sur son site étaient des dandys sanguinaires et nihilistes sculpteurs d’eux-mêmes, autant d’auto-mises en scène belliqueuses qui n’ont eu pour écho que les rires déclenchés aux quatre coins du web à en écouter certains. Amer, Davide Pursang ? Il animait pourtant une terrible cohorte de snipers magnifiques, de moines combattants brunâtres, raillés sans cesse par les ratés des forums, les obsédés de la calomnie, les pseudo-artistes et autres gigolos. Davide, en parfait consanguin, rappelle ici l’antienne de cette bien-pensance qui persécute les esprilibres et autres prétendus non-conformistes à tendance poujado. L’excuse des poisseux, l’alibi des rampants ! diront nos adversaires. Qu’ils rient, qu’ils savourent leur victoire sur les consanguins : Davide s’en fout, Davide fait de la plongée.

J’exilerai ma peur.

Pour Davide, l'Internet est devenue une jungle, une faune où la crapule et les hystériques viennent vomir leur petit fiel revendicatif, où la parole est devenue four de haine, où tous les ratés viennent jouir en salissant, où on voit la pensée unique investir la toile par l'habit du pseudo-subversif et la crasse s'installer. C’est fort bien dit. Certains s’étonneront sans doute que Davide s’emporte ainsi contre l’état de fait qui a précisément permis son avènement parmi nous et la création du Dring, concentré de médiocrité braillarde par excellence, mais nous devons ignorer ces mauvaises langues pour nous focaliser sur l’essentiel du message de Davide. On saluera au passage le lyrisme en balsa que notre Davidou aime encore à pratiquer. L'Internet est devenu un cloaque, une impasse, un piège pour ceux qui aiment la liberté, clame Davide, fort déçu que ses sempiternelles tentatives de censure et d’intimidation par-ci par-là n’aient pas suffi à faire taire les moqueries. Un cuisant constat d’échec, sur tous les fronts, pour l’escouade libre et consanguine qui allait dynamiter les salons germanopratins, les salles de rédaction parisiennes, et les esprits post-modernes.

Dring avait pourtant tout pour fédérer bien des consanguins : fascination pour les fight clubs et les armes, emprunt des champs lexicaux guerrier et tactique, dansons avant l'apocalypse en guise de gimmick inepte, millénarisme militariste et Choc des civilisations à chaque page (sans oublier la rubrique "la bonnasse de la semaine", parce que le taux de clics, merde, le taux de clics…).

… le taux de clics n’aura peut-être pas suffi ? Il est donc particulièrement triste, aujourd’hui, de constater que l’immense explosion thermodynamique, que la tempête de phosphore, que l’amageddon radioactif que devait constituer Dring dans le landernau intellectuel français, finit en piteux pétard mouillé, après n’avoir brillé au mieux que comme lampion de fête foraine. Certains prétendent ne pas s’en étonner, certains s’esclaffent. Les vautours n’ont donc pas attendu pour taillader la noble chair encore palpitante de ces fiers canonniers, et pondre leur ignoble progéniture dans les entrailles encore fumantes du Dring. Pursang est amer, comme dégoûté, mais regarde déjà au loin, vers l’apocalypse.

J'irai plus haut que ces montagnes de douleur.

Davide ne peut plus. Il ne veut plus livrer une seule ligne pondue par l’un des guignols de son webzine en pâture à la salissure. Il ne veut plus que leurs mots, leur saint prêche, censé déciller les hommes et fendre les consciences, ne serve au mieux que de blagues grotesques lors des soirées de tous ces gauchistes, ces tièdes et ces traîtres, ces contempteurs de la pensée consanguine, assidus des pissotières techno, fans d’art dégénéré ou nihilistes fumeurs de joints.

Dring a connu des succès, le moindre n’étant pas, à force de louanges fellatoires et de poses millénaristes, à force de gesticulations islamophobes et de trépignements droitistes, de séduire Maurice Dji. Dantec, éminente référence consanguine (un poids lourd, qui affrontera Alain Soral lors du championnat de swing-boxe entre écrivains azimutés à la rentrée). Davide a réussi, il est vrai, à se proclamer agent de l’auteur exilé, et à foirer absolument toutes les dates de sorties de ses productions, sans parler des opérations promotionnelles avortées. A ce titre, on regrettera longtemps que Maurice Dji Dantec n’ait pas bénéficié, lui le prophète high-tech de toute une génération consanguine, d’une interface web à la hauteur de ses visions. On regrettera que la communauté des Calebutes Noirs soit restée lettre morte.


De sorte qu’aujourd’hui, puisque le Dring se meurt, peut-être nous les Consanguins pouvons-nous reprendre le flambeau dans la nuit de l’époque. Les Calebutes Noirs n’ont pas vu le jour, mais nous savons combien de slips brunâtres nous lisent encore, à l’instar des fans du Dring. Les Calebutes Noirs, amis consanguins, nobles combattants de l’Oxydant Martyr, c’est vous, chers lecteurs.

La montagne morte de la vie.

On regrettera aussi que notre autre magnifique looser, José Desensio, ait finalement rejoint ce frêle esquif au moment où il arrivait au port. Le Dring coule, et ses chroniqueurs se retrouvent entrain de patauger dans leur vase idéologique. On songe à Alexandre del Salle, que personne ne doit jamais soupçonner de ségrégationnime sous-cutané mais qui signe des douzaines de pétitions troubles aux côtés de la fine fleur de l'extême-droite racialiste française ; on songe à Bruno Veniel-Orlan qui verse encore de chaudes larmes sur son traumatisme miterrandien ; on songe à Roland James qui va devoir retourner faire le guignol à poil dans les faubourgs de Marseille... Certains se raccrocheront sans doute à de viriles publications (Tchin-Stoûm peut-être, qui rassemble quelques invalides de guerres imaginaires et autres caporaux avachis), d’autres retourneront, comme le Stalquère, dans leurs propres Zones de contamination. Le Stalquère, qui d’ailleurs n’en finit plus de republier ses anciennes prestations, le sombre marcheur qui ne passe plus un mois sans afficher sa photo, dans une sorte d’admirable éjaculation narcissique permanente, semble décidément très désireux de sortir enfin de cet anonymat crasseux qui l’accable injustement depuis tant de temps. Car dame ! Il s’agit d’être publié à présent ! Cet aigle subira donc probablement une fois de plus la moquerie des sans-grade, qui le compareront à quelque frêle coquelet aphone, poule idiote caquetant dans sa basse-cour gluante, égrainant parfois ses vexations et autres fins de non-recevoir opposées à ses tentatives, illustrant souvent son absolue incapacité à dépasser les clivages les plus simplistes. Desensio grouille et se répand, et c’est pour ça que ses moqueurs se trompent lorsqu’ils voient en lui un insecte : il est un nid de rampants à lui seul, tremblez pâles phocomèles anarchistes !!

C’est sans doute aussi pourquoi ce critique à l’intégrité granitique, à l’intransigeance monolithique… peut parfois se faire agneau dans les bras d’un éditeur fan de Dominique de Roux et accorder quelques opportunes fellations. Le Stalquère a donné un coup d’agrafeuse à ses meilleurs critiques et entretiens, l’occasion bien sûr de discourir sur sa fantastique personnalité de résistant solitaire à la déréliction littéraire et politique de la France. On se félicite que grâce à de tels exercices linguaux, le noble marcheur ait trouvé une écurie à sa mesure, entre nostalgiques de tables rondes et monarchistes à jabot.

En rouge et noir.

Ainsi Desensio fait plus que de marcher au pas : il plane dans les cimes de la haute consanguinité éditoriale. On s’en félicite, mais on ne s’inquiétait pas : ses considérations habituelles sur, au hasard, l’histoire de l’esclavage ou les problèmes des banlieues, auraient pu lui permettre de trouver refuge au sein de la communauté des blogs consanguins, nos sacrés gaulois, nos cybergoloïdes « de souche » qui se lamentent en boucle sur « l’ethnomasochisme », et s’enthousiasment comme des fans de Robbie Williams pour les déclarations éminemment consanguines du vice-président du sénat italien ; nos hooligans occidentalistes et identitaires, voire nos « post-fascistes-bellicistes-retrosexuels-eugenistes-fetichistes » (la respectable Société Philosophique Néanderthalienne).

Les blogs « de souche » sont méprisés par « l’establishment », qui y voit un gouffre d’extrémisme bavouillant. Ces blogs, nos beaux blogs consanguins, sont dépeints par la pensée unique comme les terriers de veules et pleutres « gaulois » dont le nombre suffirait difficilement à organiser autre chose qu'un petit pèlerinage à Orange entre copines ou un big band de danseuses à béquilles. Ces blogs consanguins, pensons-nous, constituent pourtant le fer de lance de notre belle et saine jeunesse, patriote et traditionaliste, surfant entre grégarisme raciste, paranoïa mythomaniaque et trouille de clocher.

Ces blogs, rassemblant une flopée de vaillants patriotes et de celtes bourrus, (d’ignobles brêles à Q.I. de flétan et d’infâmes saletés racistes selon les rouges et les traîtres à la nation…), auraient pu accueillir le Noble Marcheur Solitaire Qui Tourne En Rond Dans Sa Zone, mais les manières un peu rustiques du gros de la harde consanguine auraient sans doute détonné avec l’aristocratique Langue du Stalquère. Les lubies crépusculaires de ces délirants farfadets consanguins et leur binarisme xénophobe obsessionnel s’abreuveraient sans peine des délires prétentieux du matamore et de ses invités, (rappelons que nombre d’entre eux trouvent chez lui une « caution » culturelle), mais Desensio aspire à d’autres plateformes, semble-t-il. Et Dieu sait si nous tenons à maintenir nos hiérarchies.

J’afficherai mon cœur.

Nous aurons également une pensée émue pour les écrivains perdus, les ex-cancéristes sclérosés, les journalistes ratés et chroniqueurs-dédains qui ont participé à l’aventure du Dring, puisse le web les recycler eux aussi dans son grand tourbillon sanitaire.

Au final, les adversaires du Dring ont voulu lui faire ravaler son perpétuel gazouillis fielleux déguisé en critique politique ? Gageons qu’ils ne remportent qu’une bataille, et que la consanguinité saura proliférer ailleurs, en s’étranglant d’imagerie guerrière entre deux connexions à www.gunsandchicks.com. D’autres encore diront qu’il est sain qu’un petit webzine mégalomane qui se complait dans l’imprécation belliciste à deux balles finisse en fuite de gaz. Tous des esprits chagrins, eux aussi.

Rassurons-nous, nous recroiserons encore nos chers petits Davide Pursang, José Desensio, et leurs pompeux compères, qui sauront bien nous narrer leur shopping du week-end ou la couleur de leurs selles à grands renforts de lyrisme nauséeux et de métaphores imbéciles – n’est-ce pas ce que ces toréadors du verbe, ces infranihilistes métasculpteurs d’eux-mêmes, ces flamboyants mongoloïdes mégalomanes ont fait jusqu’à présent ?

En rouge et noir !

03 août 2006

Chiffres à l’appui

Cette semaine, après l'étourdissante analyse du champ intellectuel consanguin menée par le professeur Miguel Enfoiros, nous vous proposons à la fois détente et statistique, puisque l'inénarrable stalquaire nous fait l'amitié de nous communiquer les ratios de fréquentation de sa Zonette, blog manifestement fort fréquenté. C'est donc avec la modestie qui caractérise les plus humiliés qu'il nous dévoile ses chiffres, entre deux kougloffs toujours aussi formidablement vaniteux et empesés. Quand Narcisse rencontre l'INSEE.

"Je ne sais pas si ces chiffres signifient quelque chose mais, à tout hasard, à tout hasard hein, histoire de parler, quoi, discrétement en passant, je les livre et les expose, en gras corps 24 s'il-vous-plaît, juste en passant parce que vous savez bien que j'ai observé, depuis la création de ce glog voici à présent bien des mois, un silence modeste quant à ce qu'il est convenu d'appeler "les statistiques de fréquentation" de ma zone, donc ainsi disai-je, moi qui jamais ne m'enfle ni ne m'autolustre : pour ce qu'il est convenu d'appeler le mois de mars, les compteurs du stalquaire ont enregistré 280 827 524 479 130 visiteurs uniques qui ont effectué douze milliards sept cent huit millions trois-cent trois mille visites et ont vu, voire lu (!!!) quelques treize milliards de pages. Les "chiffres" les plus anciens dont je dispose datent de ce qu'il est convenu d'appeler le mois de novembre 2004 : ils indiquaient alors trois visiteurs uniques pour deux visites et onze millions de pages vues, voire lues (un cercle satano-masochiste du Vaucluse a même commandé des impressions papier à Google). Ainsi voilà rapidement démontré, j'allais dire "mis en Lumière", de cette divine et irréludescente Lumière qui transit l'homme seul face au feu de glace qui braqué vers les phocomèles suceurs de gnous leur fait pousser des hurlements atroces de brûlés vifs qui les accompagne dans le Néant duquel ils n'eurent jamais dûs s'extraire, ne les y aurait-on soi-même aidé de par cette horrible époque de tolérance fanatique débauchée qui ne, voici donc mis en Lumière le fait incontestable, (j'allais dire inexputricable), selon lequel, moi l'insignifiant, moi le refoulé des rédactions, moi la blague d'éditeur, moi la plaisanterie du web, on me connaît, on me voit, on me lit môsieur, et ce qu'il est convenu d'appeler mon cloaque de buse solitaire est fréquenté comme un hall de gare (j'allais dire ferroviaire). Ces chiffres bruts me paraissent énormes, ils sont énooOORMES, énoOORMEUHS, surtout pour un site tel que le mien, le miiiieeen ! moi José Désensio, moi moi moOAA, et c'est rien de moins que difficile, moi je, ah, je ne l'ignore paa... je le sais, et... euh... ah.. ah, ah, ah, aah... aah... aaaah... uuuuuuh aaaa-PUTAIN-BERNANOOOOOSSSSE !!!!!... ...j'en jouis."




Il va sans dire, comme lui-même le dirait donc, que ceux de nos contempteurs qui railleraient cette touchante parenthèse autofellatoire seront bien entendus animés par la jalousie et l'envie ; personne ne saurait moquer cet humble et laborieux pitre consanguin ni son opiniâtre sacerdoce égomaniaque, enfin...

Des racines et des brêles

Cette semaine, nous souhaitions rendre hommage non pas à nos belles plumes consanguines, à nos snipers bègues, à nos franc-tireurs populistes ni à notre fier aréopage d'intellectuels et de théoriciens..., mais plutôt aux petits, aux sans-grade, au tout-venant, aux quidam réacs et aux mini-fafs banals, aux militants acnéïques de la consanguinité, nos amis blogueurs. Certes encore plus dénués de talent stylistique, de profondeur réflexive, mais tellement bourrés de préjugés.

Il y a quelques milliers d'années, mes ancêtres, ma nationale ascendance - d'authentiques néanderthaliens tricolores en fin de cycle - végétaient déjà sur les hauteurs du haut-plateau de Millebuses, et se planquaient dans ses grottes. Ils avaient peur d'à-peu-près tout... Ils portaient de longs cheveux mais c'étaient pas des beatnicks cocos, eux, ils se nourrissaient de vers, avaient des puces et embaumaient la chair infectée. Ils étaient très bêtes, mais fallait pas gazer avec eux. Sous peine de coups de massues. Cette tradition du coup de massue perdura d'ailleurs très longtemps, bien qu'elle fut essentiellement tournée vers les membres de la tribu elle-même, ô combien autarcique et bourrine. Tant et si bien que les envahisseurs de tous poils, de toutes époques, de toutes provenances, préférèrent ignorer notre petit plateau champêtre inoffensif et sans intérêt. Plus récemment, leurs descendants mes aïeux, quittèrent leur bled sclérosé pour monter à la câpitâle. Confrontés à la pression urbaine, aux brassages culturels et aux journaux télé, ils conçurent une grande nostalgie de l'époque bénie où ils vivaient entre eux. Rien qu'entre eux. Chez eux. Et il y a une petite vingtaine d'années, je naissais quelque part dans Paris, dernier fruit donc d'une lignée que je voudrais robuste et "immaculée", et qui n'est que trés moyenne et bas-du-front... D'un vide-ordure et d'une poubelle de table je suis le fruit. Il est inutile de le préciser de nos jours. ça me confère un "pedigree", qui s'il n'a de consistance scientifique qu'au sein du bol d'eau tiède qui me tient lieu de cervelle, me permet néanmoins de dégobiller mes conneries consanguines et nationalistes sur mon petit blog.

Alala cette vilaine bien-pensance

On ne le présente plus. Enfin si, quand même... Sociologue au charme ravageur, membre d'honneur de l'Académie de Tchakouliabinsk et auteur remarqué d'une passionnante enquête sur les enculeurs de placentas, ses analyses ne nous laissent jamais indifférents. Pour vous, en toute simplicité, voici le retour tant attendu du Professeur Miguel Enfoiros !


Consanguin : Cher ami, lors de notre dernière rencontre, vous nous avez généreusement fait partager votre point de vue sur la culture consanguine de l'écrit. Un souvenir chargé d'émotion ! Et c'est avec une impatience un peu crétine que nous vous proposons aujourd'hui de pousser cette réflexion plus loin encore, vers un horizon vertigineux : notre profondeur intellectuelle.

M. Enfoiros : Hé hé hé ! OK, allons-y. En fait il y a peu de choses à dire sur votre indicible médiocrité infra-intellectuelle, ce petit cocktail de lieux communs qui bout à basse température. Mais l'exercice, comme d'habitude, promet d'être divertissant.

La première chose qui me frappe à ce sujet, c'est votre manichéisme désarmant, cette formidable naïveté qui, entre autres détails grotesques, vous distingue instantanément du reste de l'espèce humaine... Nourries de fantasmes identitaires d'une invraisemblable puérilité, d'obsessions conspirationnistes de bas étage et de pitoyables frustrations sécuritaires, vos "théories" binaires s'enchaînent d'une manière extraordinairement prévisible. Néanmoins, le processus s'avérant toujours déceptif, la surenchère est permanente ; il vous faut sans cesse inover sur la forme, à n'importe quel prix. Quitte à investir du jour au lendemain un nouveau champ mystico-religieux pour paraître plus exalté, plus romantique - un petit tour de passe-passe pour séduire les plus jeunes. Hier la mode était au viril paganisme celtico-nordique ; authentique et généreux, tout droit sorti d'une pub Herta, le guerrier païen résistait fièrement face au juif capitaliste. Aujourd'hui c'est un gloubi-boulga néo-techno-catho qui s'impose face à la menace islamo-terroriste. Un revival d'un genre inédit, qui jadis aurait même fait hurler de rire Bloy ou Guénon.

Au final, ces gesticulations se soldent toujours par une vision fondamentalement simpliste de l'humanité ; un principe de réalité aussi pauvre que débile, où le "choc des civilisations" et la résistance contre le "Système" sont aussi faciles à décrypter qu'un album de David Guetta. Tout effort de connaissance est ici synonyme d'hérésie. Comme leurs homologues beaufs de gauche, et dans une approche strictement symétrique, un seul refrain suffit aux Consanguins pour bricoler leur discours metamerdique : la légendaire et si contradictoire lutte contre la "pensée unique" (ou "bien-pensance", si l'on est sensible au charme moisi du dialecte vieille France).

Consanguin : Ah, la pensée unique ! Alors là, vous pointez du doigt la clé de voûte de notre pensée : avouez que ça a de la gueule !

M. Enfoiros : Mmmm... Tout le monde tombe toujours d'accord pour dénoncer la pensée unique, c'est merveilleux. Comment vous expliquer cela autrement ? A ce stade de nullité rhétorique apparaît le point de ralliement ultime de la contestation consensuelle, territoire de non-argumentation par excellence, où les semblants d'idées se croisent dans l'insignifiance d'un pet de cafard. Tout devient possible, les portes ouvertes s'enfoncent à coup de bazooka et les débats les plus navrants fleurissent, s'enchaînant sur des sujets parfaitement surréalistes (au hasard : la gloire d'un Grand Occident imaginaire, la renaissance d'un christianisme primitif via la figure charismatique d'un panzer-kardinal, les risibles fantasmes prépubères d'un attaché de presse amateur de pin-up ratées, la nécessité d'inventer l'eau en poudre ou le dé à deux faces, etc.).

Finalement la pensée consanguine est assez peu "intellectuelle". Elle reste bloquée dans le champ des petites déviances comportementales, n'intéressant que les sociologues débutants et les psychiatres véreux. Elle surgit comme par automatisme, telle une connexion neuronale qui s'enclenche chaque matin au réveil, lorsque pointe l'envie subite de chier du cerveau, pathétique réflexe de soulagement après une nuit sans sexe - une de plus.

Consanguin : Mais tout de même, les choses sont simples : il y a le Bien, et il y a le Mal. Avouez que le monde est rempli de gens très vilains qui font rien qu'à menacer les gens biens ! Par exemple, euh, je sais pas, il y a les socialo-communistes, les droidelomistes, et puis les arabes, les musulmans, tout ça...

M. Enfoiros : Ah. Les Arabes et les Musulmans, oui, je vois. Un sujet que nos guérilléros en culotte courte affectionnent tout particulièrement, semble-t-il. S'ils n'ont certes jamais lu une seule ligne du Coran, ils se donnent au moins la peine d'en parler, me ferez vous remarquer. Mais le plus remarquable reste sans doute leur ignorance crasse et irrémissible des lignes de partage contemporaines de la "sphère" arabo-musulmane - et je n'évoque même pas ses plus intimes subtilités. Fort d'une encyclopédique sous-culture glanée dans une quelconque "station spatiale pour écrivains" ou sur d'héroïques forums hyper-méga-subversifs, le consanguin lambda s'imagine que "Motalefeh", "Mudawana" ou "Sahwa" sont des patisseries libanaises, et croit dur comme fer que Front Polisario a sorti son dernier album en 1987.

La misère intellectuelle de vos congénères ne connaît aucune limite. Seul l'art de la pose, pathétique stratégie de diversion, leur donne l'illusion d'avoir quelque chose à dire. A la manière de certains rappeurs travaillant leur image de "mafieux" en carton-pâte - et la similitude est étonnante - le consanguin de base aime se parer d'une aura de guerrier solitaire pour donner le change, usant et abusant d'un champ lexical cyber-militariste. Notons que son ignorance s'y étale tout aussi joyeusement, car au stade précambrien, il est tout aussi peu aisé de lire Sun Zi dans le texte que d'apprendre le fonctionnement et le maniement réel d'un HK MP5 ou d'une bombe à impulsion eléctromagnétique. Décidément même le vernis ne tient pas... Dénué de toute profondeur intellectuelle, le consanguin n'est pas même crédible en superficie.

Et bien !! Voilà qui remet le facteur à cheval, si vous me permettez l'expression ! Je l'ai toujours dit, il faut vraiment qu'on s'organise pour apprendre à tirer. Merci, merci mille fois cher Professeur, une fois de plus votre intervention fait mouche ! Amen.

Diarrhéeux diaristes (partie 2)

La suite de l’exposé du professeur Hans Grüber, dont il semble toutefois qu’il n’ait pas forcément adhéré aux flamboyantes charges de nos meilleurs consanguins… Qu’importe, puisqu’il y est question de ces généreuses plumes, qui savent plaire par ailleurs, puisque nous nous sommes laissés dire que des pin’s avaient même été fabriqués à leur effigie !

« Parlant de fioritures pseudo-lettrées, le Stalquère revient aussitôt à l'esprit. Il est si digne, si consanguin de prétendre haïr cette Epoque et aimer la Littérature, peu importe si au fond on la maltraite et on la mutile pour distiller sa mélancolie de fête foraine et pour dissimuler sa vacuité morale et sa vanité narcissique.

Lorsque cet « immense matamore » ne sombre pas immédiatement dans l'invective de gamine scatophile, il se contente d'indéfiniment fustiger les "commissaires politiques de l'égalitarisme", les "gardes rouges du droit-de-l'hommisme", le "politically correct nihiliste", bref encore et toujours ces crédos endogamiques, autant de poncifs fades et de prétextes crétins à l'émission incontinente de condamnations foireuses et de sentences infâmes. Le principal étant, au fond, de s'afficher comme « énervé », à défaut d'avoir en fait le moindre début de commencement de propos pertinent. Car en consanguinie, c’est le style qui passionne.

Et quel style ! La complainte érigée en monument pamphlétaire, la jérémiade devenue encyclique.

Juan Desensio gémit, parce que sa pompeuse prétention à établir une "ontologie du Mal", (qui se ramène toujours, en dernière analyse, à une autoglorification simiesque et à un assassinat méthodique et obstiné de la langue française), ne trouve écho chez aucun véritable penseur, ni même chez aucun véritable éditeur. Enragez, consanguins : sa noble plume restera à jamais incomprise et sans souffle, prisonnière de la tuyauterie marécageuse qu'il appelle sa zone, de façon si attendrissante.

Certains consanguins semble se réjouir d’un prétendu « talent » du Stalquère dans la polémique, lui dont la principale technique consiste pourtant à retourner critiques et anathèmes dans un parallélisme affligeant de faiblesse (tactique ancestrale dite du « miroir », héritée des plus grands polémistes des trois sièles précédents, au moins), à moins bien sûr qu’il ne cède à nouveau au syndrome de la Tourette qui l’accable.

Qu'il est doux de lire ce matamore expliquer pendant des heures qu'il n'a que faire des individus qui s'abaissent à le contredire ou le railler. Qu'il est grand d'assister à un tel déballage d'inanité suffisante et de vulgarité amphigourique. Qu'il est tordant de lire les logorrhées ordurières de ce mini vociférateur furibondieusard, qui pourtant roucoule comme un enfant doucereux dès qu'un contempteur lui adresse une vague caresse. Qu'il est tordant de le voir alors s'allonger sur le dos et offrir sa panse aux éventuelles flatteries de circonstance.

Qu'il est beau de le voir se goberger de caler désormais ses fèces au milieu de l'auge kersanienne en compagnie de l'Intranationale des Pleureuses Vindicatives. Qu'il est grotesque de le voir agiter son arrivisme et sa soif de reconnaissance publique derrière ses poses de blogger maudit et ses contrefaçons d'intégrité morale. Qu’il est doux de le voir ravaler sa petite langue de vermine et sa fierté de rampant devant Pursang, cet autre consanguin curieusement qualifié d’inepte brêle partout sur le net - malgré son panache et sa constance dans l’hystérie mégalomane…

Erigeant le name-drop en démonstration philosophique et le commentaire de texte en proposition littéraire, le Stalquère n'est monté en boucle que pour le plus grand plaisir de son lecteur. A jamais il saura ressasser, avec des mots que le commun des consanguins ignore en général totalement, les mêmes pitreries caricaturales.

Secondé en cela par son inséparable Transpoupin, qui fournit aux consanguins non pas une langue, mais un corpus de références culturelles. L'on passera sous silence l'incongruité, voire le contre-sens, qui consiste à s'enorgueillir d'une réelle culture cinématographique ou fantastique et de la fréquentation d'artistes aussi divers que Palahniuk, Danielewski, Dick, Argento, Bacon, Giger ou Cronenberg, tout en se livrant à des coucheries consanguines avec le chiot d'appartement de la Zone, ou ses compères galeux. D'aucuns, parmi les « nihilistes bobolchéviques abhorrés » que les consanguins voient partout, liront chez le Transpoupin une salissure, un détournement d'avion ou un accident de vélo - bref, une lésion cérébrale. Possible. Lui-même n’y trouve finalement que le moyen de comparer la taille de son sgueg et l'épaisseur de son inspiro ("j'ai tant de films, j'ai lu tant de livres, de quel droit m’interrompez-vous ?") dès qu'on cherche noise à son comparse Desensio, ce prétendu terroriste littéraire qui se prend des raclées dans chaque recoin du web - aucune contradiction ici non plus, bien entendu.

Quoi de surprenant donc à ce que cette escouade à cocarde lustrée et bouffie de prétention, vienne grossir les rangs de Dring, le « Geignard Boys Band » dirigé par David Pursang, nonobstant les anathèmes échangés l'avant-veille entre les différents nano-protagonistes en présence – jolie brochettes de divas juvéniles en vérité.

Las ! Trois fois las ! Las las las ! Comme leurs jérémiades ne trouvent qu’un écho trop ténu pour leurs ambitions dévorantes, ces pitres s'emportent contre l'insensibilité du public moderne ; tout est bon dans le cochon. Cette engeance consanguine réussit à maquiller sa capitulation intellectuelle derrière l'imprécation trépignante. L'on maîtrise l'art d'allumer les contre-feux, chez les consanguins. Flinguer le politiquement correct, le Nouvel Obs ou les bisounours du Parti Socialiste évite sans doute de s'interroger sur la puanteur de ses propres écrits, et nos amis savent adopter le discours du martyr.

En définitive, l’édifiante lecture de leurs éboulis intestinaux et de leurs mictions pompeuses, répandus sans pudeur sur leurs cyber-microcosmes insanes, n’apporte au mieux qu’un vague sourire de mépris, au pire une nausée de dégoût. Ces zones sont par excellence consanguines, qu'il ne soit permis à personne d'en douter.

« Nous sommes tous des caricatures islamophobes »

Ces jours derniers, les consanguins nos amis nos frères semblent se crisper sur une sacro-sainte liberté d'expression dont ils s'estiment tout soudain les dépositaires et les derniers bénéficiaires, dans un monde qui chute, tout ça.

On a plein de leaders, de grands intellectuels, qui disent comme nous. La "liberté d'expression", un truc de gauchiste normalement, mais aussi un nouvel étendard "made in occident" face à une "bien-pensance" qu'on qualifie volontiers d'à-plat-ventriste ou de nihiliste, et bien plus encore face à notre antienne psychédélique de "l'islamisation" du monde en général, de la france en particulier, des quartiers, des MJC, des cabines téléphoniques et des passages piétons, (islamisation qui s'élabore, comme chacun sait, au sein de puissantes assemblées internationales telles que "l'Organisation Mondiale Coranique" ou la "Fédération Méphitique Islamiste", qui régentent nos vies et voilent nos enfants, tout ça).

Nous, consanguins, avons soudain logé "l'esprit occidental" : il se cachait finalement dans les pages d'un journal à sensations danois. Notre argumentaire face aux terroristes et aux intégristes à QI négatif consiste donc désormais à nous exciter sur le Prophète Mahomet, et à affirmer que nous avons le droit, OUI NOUS AVONS LE DROIT, en majuscules s'il vous plaît, parce que TOUT NE VA PAS BIEN, de caricaturer la représentation fondamentale d'un autre monothéïsme que le nôtre, "parce qu'en face on ne se prive pas de le faire, na." Et de nous livrer à des turpitudes intellectuelles et des anathèmes rageurs similaires, dans le ton et les arguments, à ceux des plus galeux des fous de dieu. Voilà toute la puissante "supériorité intellectuelle",
démocratique et moderne, dont nous nous enorgueillissons, nous les crapauds coasseurs de Dring, les saloperies "de souche" ou les islamophobes ataviques de blogs jaunis. Voilà les "droits de l'homme" (les "vrais", hein, les nôtres, blancs et cathos, pas ceux de la LDH et leur universalisme idéaliste), voilà le "rationalisme", les "principes démocratiques" dont nous sommes les protecteurs.

Voilà à quoi nous entendons exercer NOTRE liberté d'expression : de lamentables coups de gueule jetés à la face de toute une communauté de croyants, d'ignobles généralisations génocidaires, d'infâmes cris de guerre de petits bourgeois engoncés dans nos certitudes de derniers hommes, une haine de cul-de-jatte qui ne fait plus de distinction entre l'intégriste fanatique et le simple croyant. Voyez l'humilité et l'amour dont nous parons notre propre monothéïsme : une excommunication civilisationnelle et globalisante, une déclaration de guerre binaire à l'opposé de tout rationalisme. Comparez nos envolées aux propos délirants des imams vérolés, des assassins lobotomisés de cinéastes néerlandais, des exciseurs, des lanceurs de fatwas ! Nous étalons notre propre délire vindicatif et clamons qu'une religion, qu'une foi toute entière, est intrinsèquement mauvaise et criminogène. Bon, oui, parfois du bout des lèvres nous admettrons qu'il y a des musulmans modérés, limite on en connait, et on citera Salman Rushdie (qu'on n'a pas lu) pour choper une caution qui ne soit pas directement issue de l'électorat villiériste. Ouais. Mais regardez-nous parler de "nazisme du 21e siècle" à longueur de pages (preuve qu'on n'a pas pigé grand chose au nazisme non plus, soit dit en passant, mais passons, justement).

Nous sommes les « intellectuels et chrétiens éclairés », vers qui les musulmans modérés devraient donc se tourner, s'il y en a, parce qu'à nous lire c'est un peu rare. C'est en nous, "libres-penseurs" entourés de nos chiens jappeurs, que les peuples opprimés par les chariahs et les écoles coraniques médiévales devraient trouver soutien et dialogue. Voilààà. Voilà résumée l'expression de la modernité, la "Vision" métaphysique, le Projet humain, dont doivent se vanter les occidentaux, un exemple assurément face aux hordes barbares de poseurs de bombes et d'égorgeurs d'enfants. Voilà le fier et admirable occidental, qui condamne l'ordure barbue voilant ses épouses mais qui se goberge en même temps devant Rocco Siffredi gavant la gorge d'une femme avec du PQ. Summum de la finesse civilisée et des libertés de l'esprit et du corps.

Nous l'affirmons haut et fort, depuis nos webzines gluants : la quintessence de la liberté d'expression se résume aux blasphèmes les plus nazes, et il serait étrange, voire nihiliste, à nos yeux, de dépasser nos anathèmes de chapelles à la con pour dénoncer l'intégrisme comme seul et véritable ennemi, comme seule véritable perversion, au sein de toute confession et de toute obédience. Regardez-nous plutôt revendiquer le monopole de la mesure humaniste et de la lutte contre la barbarie, tout en brandissant l'arme atomique comme « punition » ultime. Qu'est-ce qu'on est cons, mais qu'est-ce qu'on est cons. On va marteler une évidence ("il est possible de tout caricaturer") pour tartiner nos préjugés ("les méchants nunulmans").

Comme à l'accoutumée, nous fustigeons la gauche molle et "l'ultra-tolérance capitulatrice" (oui on invente des mots, mais on a le droit, on est des français "de souche", nous), la passivité des gouvernements occidentaux, nous cherchons à débusquer les Daladier 2006 et désignons les "collabos islamophiles" (vivent les analogies de merde). Cultivant les contradictions d'handicapés mentaux, nous geignons qu'on laisse caricaturer la Sainte Vierge ici-bas et qu'on laisse brûler impunément nos ambassades là-bas. (On est tous danois, cette semaine). Qu'importe si nos discours rejoignent ceux des intégristes wahhabites, dans la forme comme dans le fond : nous aussi, d'une certaine façon, nous sommes des ploucs mal dégrossis, des bouseux fanas d'armes à feu qui nous revendiquons "inventeurs" des mathématiques (avec des chiffres arabes, bref...), "inventeurs" de la physique nucléaire, (et accessoirement de l'obésité oisive et du prime-time coca-cola, bref...). On rote son petit Huntington illustré, en bons veaux bushistes ou xénophobes pur porcs, on se branle sur le "choc des civilisations", ça a autant de consistance qu'un bouquin de développement personnel mais on est à donf, on a trouvé un étendard, qu'on vous dit.

Notre démarche est simple : par islamophobie baveuse dénuée de tout discernement, nous, chantres de "l'Esprit Saint et de la capacité raisonnante", érigeons une provoc ridicule, (des petits dessins de journal provoc remis au goût du jour par des imams en panne de fatwas), des caricatures un peu fades, du Cabu basique, en summum de la Liberté d'Expression. Rien que ça. (On a presque tous fermé nos gueules quand Théo Van Gogh s'est fait dessouder, mais c'est parce qu'on savait pas tous qui c'était, v'savez..)

Par opposition aux dynamiteurs de consultats et aux couilles molles des pages Rebonds, nous, nous sommes "d'authentiques humanistes". Certes nous plongeons toute une partie de l'humanité dans la damnation éternelle, on condamne tout musulman parce que musulman, ça ressemble à rien, c'est de la connerie en barre, mais on assume grave : on a trouvé un étendard, qu'on vous dit.

Par opposition aux barbares et aux sauvages, nous, les chantres du Verbe, nous conchions... carrément tout un Livre Sacré. Nous prenons prétexte des moeurs d'un prophète pour juger tout un culte. En fins connaisseurs de l'âme humaine, nous la mutilons et l'amputons au nom de notre propre Vérité Révélée. Ben ouais, en fait, quand on se regarde, nous autres, on est un peu des "moines-combattants post-modernes", quoi. (Bon, des clebs pavloviens, des brutes virtuelles, mais ça c'est rien que des insultes de gauchiste).

Parce qu'on ne s'arrête jamais vraiment, on amalgame à la hussarde les petites frappes de banlieue incultes et délinquantes, aux kamikazes cinglés bardés d'explosifs qui défilent en se tapant sur la tête, pour dénoncer un panarabisme de foire. Parce que c'est clair : pour nous, il y a un « vice intrinsèque » dans la religion islamique, tadaa ! Et n'oublions jamais les autres, les bobolchéviques. En pleutres et lamentables terroristes intellectuels, nous faisons basculer toute voix discordante dans le camp des « nihilistes marxisants myopes », des « petits truands à BMW fans de Scarface » ou des « ayatollahs occidentophobes ». Hop !

Au-delà de tout ce folklore grotesque, nous professons donc la "guerre de civilisations", alliés objectifs des djihadistes les plus cons, et dénonçons la lâcheté de masse planqués derrière nos écrans d'ordinateur et notre confort matériel, crétins puérils, guerriers de jardin d'enfants, snipers en carton, et G.I. Joe's littéraires. Parce que ce qui fait tressauter nos petites verges d'assis, c'est de précipiter la radicalisation extrémiste et la bipolarisation artificielle, tout en se disant libre-penseurs franc-tireurs.

Nous sommes tous de fins lettrés, des ennemis des autodafés et de l'obscurantisme, oui madame, mais nous voulons néanmoins nous "torcher le cul" avec les pages d'un Livre Sacré, sacré pour des millions d'êtres humains. Qu'importe si au passage il y a de bonnes chances qu'on avilisse le message du Nôtre. Nous profitons ici de la faiblesse congénitale des intellectuels et des gouvernements occidentaux, pour étaler notre haine symbolique, nos comparaisons iniques et nos simplifications ahurissantes de connerie crasse : il s'agit de nos raisonnements, de nos professions de foi. On mélange tout : des dessins nullissimes, Nietzsche, Spinoza, Voltaire, ou même Théo Van Gogh ou Salman Rushdie, quand on en a entendu parler. Peu importe si c'est nous qui bradons la liberté d'expression au prétexte de la défendre, bien plus encore que les poules d'eau qui peuplent les quais d'Orsay et se prétendent en charge des relations diplomatiques pour le compte des Occidentaux-Avachis-et-Télévisés. Cette Liberté, malgré la violence des faits et l'importance des enjeux, nous la mettons au service de nos propres cris de haine engluée. Tsouiin-tsouiin ! Nous, on a encore une certaine conception de l'Honneur !

Face au fanatisme criminel, à l'obscurantisme sanguinolent, aux fatwas et aux chariahs, nous sommes d'authentiques penseurs, de flamboyants esprits éclairés, des conquérants, un peu. Nous avilissons le rationalisme et l'humanisme dont nous nous prétendons les dépositaires, pour en faire un dégueulis sclérosant. Flippés de clocher et paumés de service, voilà à quoi se résume notre "troisième voie" entre occident nihiliste et corrompu et islamisme sauvage et djihadiste : un pitoyable beuglement libidineux qui en reproduit en creux toutes les impasses spirituelles. Opposer la Croix au Croissant, voilà qui remplacera avantageusement toute forme de réflexion sur la complexité du monde et de l'histoire, voilà qui nous tiendra lieu à la fois de dialectique et de guerre sainte... et voilà qui contentera les veaux de tous bords. Donnez-nous du pain, des jeux, et un semblant de ligne de démarcation.

Nous consanguins, préférons comparer les textes saints et voter pour le nôtre, plutôt que de simplement considérer que ce sont les clergés et les exégètes président aux fatwas, aux évangélisations génocides et aux explosions de violences. Nous préférons condamner toute une foi plutôt que de savoir les perversions que les hommes y introduisent. Nous conchions, nous conchions : en modèle réduit, en théorie marécageuse, la vulgarité binaire sert notre cause minable, un peu comme la violence sert la cause homicide des néandertaliens terroristes et des talibans analphabètes. Bon, on s'en tape : nous on est occidentaux, bordel. On est la pointe de l'espèce humaine : on sait faire des petites bannières rigolotes avec le drapeau danois, qu'on met sur nos sites de merde, pour dire qu'on est tous des caricatures islamophobes.

Réclame

Nous aussi, nous avons nos professionnels. S'ils ne cèdent pas au "tout-scientifique" issu de la détestable philosophie des Lumières, ils sont tout aussi efficaces.

Diarrhéeux diaristes (part 1)


Nous retrouvons cette semaine le professeur Hans Grüber, qui a eu l’amabilité d’examiner pour nous, malgré le manque d’intérêt caractérisé qu’il a exprimé à l’endroit des plumes consanguines qui prolifèrent sur le net, les dernières publications online de nos rédacteurs et diaristes réacs préférés. Il s’est donc arrêté sur plusieurs d’entre eux, et a notamment plébiscité, dans le cadre de son analyse critique, la Zone de notre aimé stalquère. Ce dernier s’affirme donc encore une fois comme l’un des plus brillants exemples de consanguinité. L'actualité consanguine reste riche, dans notre fier et beau pays qui s’aime si peu, mais comme elle a tendance à tourner un peu en rond autour des débats sur le colonialisme, nous préférions revenir sur ceux qui vocifèrent si fort de leur fluettes voix de flippés. Voici donc la première partie de l'exposé que nous a adressé le docteur Hans Grüber.

"Tout d'abord, saluons la volonté de l’inénarrable Juan Asensio, autoproclamé non sans un certain sens du grotesque grandiloquent : « le stalquère », d'alterner ses sempiternels pâtés creux et autosatisfaits, avec d'insolites et désopilantes contributions externes.

En effet, cette tendre volaille aux prétentions aquilines n'a de cesse de recueillir dans son mini-bouge quelques autres plumes caquetantes. A ce titre, nous avons étudié le très amusant Francisque Poury, qui prône sans complexe la vente libre d'armes à feu aux ménagères de moins de cinquante ans, et le rétablissement de la peine de mort - y compris en l'absence d'homicide. Voilà l'exemple parfait du consanguin fiévreux, qui se flatte de raisonnements poussés et de vocabulaire choisi, pour dégueuler son discours bien bourrin de cow-boy à la française, qu’un port d'arme rassurerait manifestement dans sa virilité à l’occasion de tout déplacement ferroviaire.

Fantastique Poury !! On se laisse bercer par sa passion pour la balistique et les armes de poing, qui seraient bien entendu vecteur de calme et de paix sociale en France si elles étaient proposées à tout un chacun, et en particulier à toutes les petites brêles réactionnaires prêtes à en découdre – symboliquement sans doute - avec les ennemis de cette belle et grande Nâtion.

En guise de consécration d’une « authentique » légitime défense, ce monsieur Poury préconise de porter, non pas une, mais deux armes à feu. Preuve s'il en est que le visionnage massif et répété des chefs d’œuvre de Chuck Norris ou de Charles Bronson finit peut-être par atrophier le cortex du spectateur. Monsieur Poury persiste, et l'on se laisse bercer encore par sa flamboyante réhabilitation de la peine de mort, dite « dissuasive », malgré ce que nombre de juristes, philosophes, statisticiens et criminologues ont pu souligner concernant la totale fumisterie d'une telle thèse, et l’absence de tout caractère « préventif » de la peine capitale.

Mais fi ! Tout bon consanguin naturaliste ignorera la connerie crasse et l'inculture juridique de ce clown triste pour se vautrer avec délectation dans sa terrible vision d'un far west quotidien présenté comme la quintessence du bien-vivre-en-France, idéal d’une « francité » milicée, sauvage mais terriblement « dionysiaque », barbare mais tellement « vivante ». Il s'agit selon lui « d'honneur », ni plus ni moins. Nous notons toutefois l'immense respect de monsieur Poury pour ce parangon de probité, de droiture morale et de pertinence politique qu’est l'hôte de l'Elysée, un respect surprenant et tellement peu néopoujadiste. Passons, là n’est pas la moindre des contradictions du conservatisme consanguin...

Nous avons également examiné le cas Raphaël Dordure, aussi loufoque qu’hilarant. Ce petit consanguin prometteur n'a de cesse d'invoquer ce que nous appellerons par commodité les « crédos endogamiques ». Il s’agit de fumeux poncifs tel le classique et très médiéval « réarmement moral du pays », l'ahurissant « ethnomasochisme » (si prisé par les meutes identitaires à poil ras et queue molle), l'incontournable et urgente « réforme intellectuelle et morale » de la nation. Dordure semble bien lui aussi, à la suite de nombreux « calebutes noirs », embastillé dans son cauchemar d'intifada-sur-marne - ce cauchemar qui n’est qu’une « préfiguration prolégoménique au maelström apocalyptique démoniaco-socialiste des phocomèles et autres pithécantropes platement logophobes dans ton cul salope salope je vous emmerde bande d’étrons urophiles grrargl » – comme le dit le « lettré » Desensio juste avant d’imploser.

Raphaël Dordure n'appelle pas d'autre commentaire que le diagnostic du psychiatre qui traitera ses visions délirantes, au final. Mais il est particulièrement scandaleux, aux yeux consanguins, que la parole de tels pistoleros du Verbe puisse parfois être roulée dans la fange. Il est particulièrement aberrant, à leurs yeux réactionnaires, que d'aucuns puissent se dire français, héritiers d'une tradition culturelle et politique, bénéficiaires d'un niveau de vie et d’une organisation institutionnelle et civile complexe, et railler pourtant à ce point ces nobles idéaux consanguins, ces « crédos endogamiques » repris par Dordure, « scribouillard infect » aux dires de ces horribles nihilistes techno-élitistes de gâuche qui cherchent à "mettre à bas la france". Moui oui...

Mais pour un lecteur consanguin, il est proprement enivrant de lire messieurs Poury ou Dordure arguer des considérables difficultés rencontrées par bien des populations sur le territoire national pour éjaculer leurs fantasmes de guerre civile, marotte constante de ceux qui s'affirment le plus volontiers « anar de droite ». Il est enivrant de lire ces infatigables plumes convoquer les plus diverses assertions d'ordre sociologique (généralement piochées dans "la sociologie pour les bourrins myopes", collection "Populisme Fat et Crachat Dans Ta Gueule"), voire philosophique, pour appuyer leurs thèses martiales. Il est réjouissant de les lire souligner l'incurie joviale des "bobolchéviques" et le marxisme "ayatollâtre" rampant qui maintient ces "nobles marcheurs" dans la médiocrité de l'anonymat et les affres de la frustration. Et la marmotte, le chocolat au lait, etc...

Relisons les terribles sentences de ces "belles et prophétiques plumes" : selon elles, ni crise économique et sociale, ni corruption politique, ni délitement médiatique n'ont à voir avec la délinquance collective ou la déliquescence sociale (comprendre : la vague de crimes qui submerge leur france tradi et catho, voire même plutôt blanche, en fait). Cette bande de buses détient l'explication : le Crime est atavique, comprenez-vous ? Ils ont ça dans le sang, comprenez-vous ? C'est de l'ordre du religieux, de l'ethnique, du civilisationnel, voyez-vous... Et puisque selon Poury c'est bien la notion de "sacrifice" qui a permis d'édifier la civilisation judéo-chrétienne : sacrifions donc les sauvageons, primo-déliquants ou récidivistes, les déviants, les exclus, les impies, et les petits malins qui n'épousent pas sa conception gélatineuse de la république. Poury a répondu à la quête existentielle de tous : c'est sa conception du Bien qui doit l'emporter, et toute mise en cause de sa réalité ontologique ne fait que traduire, en vérité il vous le dit, un « larxisme » libertaire criminel, ou encore un « relativisme islamophile » échevelé.

Poury base donc ses brillantes déjections sur la question monstrueusement imbécile et manichéenne de la culpabilité de l'Homme, ou de la Société. Il y répond d'ailleurs sans étonner personne : on naît salaud, ou on naît français-de-souche, sain et respectueux de l'ordre établi, des traditions et de la pentecôte. Question de dés. Question de bol. Après tout, à quoi bon utiliser des instruments de mesures scientifiques, des jauges et indices sociologiques ou économiques, précisément issus du rationalisme judéo-chrétien, pour expliquer les saturations morales, les surtensions collectives contemporaines et les inflammations sociales sporadiques, à quoi bon, quand on détient une Vérité Révélée, à connotations politiques, religieuses voire carrément ethniques, qui permet de classer les bons et les méchants… Simplisme tendancieux, binarité poisseuse, que cette "Vérité".

Une Vérité Révélée que notre petit annélide terricole pare d'un système de défense magistral, voyez plutôt. Lorsqu'un horrible marxiste-léniniste métisseur lui explique que la pauvreté constitue un vecteur privilégié de délinquance, le diariste répond avec un ton docte et légèrement excédé que « tous les pauvres ne sont pas des criminels, na », et que la misère n'a rien à voir avec la délinquance. Du sophisme en boîte de douze, qui renvoie évidemment tous les "nihilistes cosmopolites et moqueurs" dans leur coin, à n'en pas douter..."

Raisonnements circulaires, interprétations vaseuses et excommunication de la contradiction au nom de la décence ou du respect des victimes, martyrologie, théorie du baillon... nos petits diaristes tentent donc grossièrement de construire leur discours branlant à partir de l'ensemble des stratégèmes rhétoriques les plus éculés de tout bon extrêmiste qui se respecte. Mais, tout de même, qu'il est amusant de voir ces prétendus "électrons libres enragés" se ranger si docilement derrière les discours délirants d'une partie de la majorité gouvernementale française ou les déplorables éructations de quelques écrivains ou intellectuels tellement pressés d'apparaître comme "libres penseurs" qu'ils en oublient surtout de penser... La consanguinité ne se conçoit-elle pas qu'en circuit fermé ? L'examen des petits diaristes cités ici démontre surtout la chose suivante : la médiocrité de leurs propos n'a d'égale que la stérilité de leurs prétentions.


(à suivre)

Driiing !!

Encore une flamboyante illustration de la consanguinité, ces derniers jours sur la toile. Il y a du nouveau chez « Dring » ! En effet, « Dring », le très consanguin webzine édité à l'intention des adolescents terrassés par « Fight Club » fans de violence stylisée et d'alarmisme millénariste, élargit son comité rédactionnel !!

Sous la direction de celui que tout Paris appelle désormais le Stéphane Bern de l'édition, David Pursang, de nouvelles et terribles plumes viennent engrosser les rangs, jusqu'ici clairsemés, des quelques mignonnets contributeurs de ce malingre site internet. Notre héros montréalais, M. G. Dantec, dit l'Incarné de la Néo-postmodernité Métadévolutive, était déjà fidèlement secondé par quelques sous-plumes d'appoint, à commencer par celle, toujours aussi drôle, de David Pursang lui-même - lyrisme et occlusion intestinale - sans oublier celles de Christian Saborde, fantassin monosyllabique à la poésie trouble et vaguement délétère, et d'Alexandre Del Valle, gloseur venteux de basse-cour consanguine.

Voici qu'aujourd'hui se pressent aux portes du Dring d'inénarrables bavasseurs dominicaux, de nouveaux contributeurs acharnés, bref des galériens de la pige au rabais, voyez plutôt :

Juan Desensio, dit le « Stalquère », incroyable matador du mot qui assassine la langue et du trait qui tourne en boucle, a donc fait taire l'inimitié qui l'opposait à David Pursang depuis leurs joyeuses heures sur les bancs de la fac, et qui a avalé une couleuvre supplémentaire afin de tartiner un peu plus souvent ses interminables kougloffs purulents. Il faut dire, d'une part, qu'il aime à laisser sa Zone aux mains de ses adorables leprechauns d'appoint tels ceux qui ont exprimé leurs grandiloquentes excommunications larmoyantes au soir des émeutes de novembre 2005, et que d'autre part la personnalité diaphane et le caractère incolore et versatile du Stalquère lui permettent les plus extrêmes et opportunistes contorsions et reniements, du moment qu'il peut apposer son nom quelque part. Notre fier pistolero des mots fait donc une croix sur sa légendaire solitude de pucelle maquillée au charbon, pour intégrer le giron braillard de son « rival » dans la mégalomanie de lombricidé. Nous nous réjouissons, en bons Consanguins, de voir ces deux fiers combattants du Verbe se rejoindre dans une épiphanie autofellatoire aux accents grotesques - nul doute que notre parole consanguine en sortira renforcée. La colère des dieux de l'olympe ne sera rien comparée aux tremblements sémantiques que ces deux thons du grand large pourront provoquer dans les consciences occidentales. Nous nous réjouissons qu'ainsi soit démontrée, une fois de plus, l'absolue intégrité intellectuelle des consanguins, leur belle et rigoureuse droiture, et la bravoure solidaire de ces roquets à poils ras qui se veulent loups aux dents longues. Le spectacle est d'ores et déjà garanti.

Avec le Stalquère - tutu et boisson d'homme - un autre nom bien connu des consanguins rejoint le comité rédactionnel de cette impressionnante plate-forme d'assaut journalistique (qui n'est pas sans évoquer le Petit Théâtre de Bouvard, voire le Village dans les nuages).

Il s'agit, ô joie, de notre aimé Roland Shames, l'homme-bavoir crustaciste, le Benny Hill de l'anarchisme de droite, un chroniqueur dont le charisme de gouttière n'a d'égal que son style de percepteur priapique. Ce brillant consanguin, ancien compagnon d'armes de nos nobles amis Cariou du Lycée et Beudeuleu de la Mèche (autres satellites de ce fantastique microcosme bactériologique), apportera donc au Dring tout le talent dont il est capable.

Enfin, Christian Comboze, moraliste geignard mais tellement dans le ton Dring, posera quelques considérations fumeuses sur la « dissidence blanche », sorte de manifeste désabusé et creux qui trouvera pourtant, nous n'en doutons pas, un auditoire passionné parmi les consanguins fans de soupe populaire au porc et d'écrivains réacs décédés. Le rabougri lyrique s'en prend aux jeux vidéos et longs-métrages ultra-violents, qui poussent notre pauvre jeunesse de France à fomenter le renversement de la République à coups de canons ioniseurs et de blasters à protons. Dans ces circonstances, plus que jamais il faut défendre les adorables agneaux réactionnaires face à la cruauté sanguinaire des progressistes-bien-pensants cosmopolites ou la barbarie terminale des séries télé et des game boys.

L'on reste pantois devant tant de profondeur.

Le Dring s'enrichit donc incontestablement d'une pléiade de scribouillards gluants de très grande facture, dans un apocalyptique barnum, dans une improbable partouze consanguine, mêlant quelques écrivains paumés au milieu de ce post-fanzine d'étudiants, et les plus scrofuleuses « jeunes pousses » du web. Leur concerto s'élèvera jusqu'au firmament de la toile cybernétique, pour porter haut et fort nos poussives jérémiades de couillons consanguins.


"Idiotie" ou grosse connerie en barres ?

Nous nous félicitons donc de voir proliférer cette engeance consanguine flashy, et nous apprêtons à nous régaler, jour après jour, des publications tonitruantes de cet agglomérat de plumes, désormais compactées dans une auge nosocomiale à leur mesure, et à la nôtre, frères consanguins. Prions seulement pour qu'aucune réunion du comité rédactionnel ne rassemble tous ces génies du Verbe en un lieu unique, la Consanguinie risquerait de perdre ses plus brillants éléments dans le gargouillis mouillé d'une chasse d'eau.

Créationnisme et spaghetti bolognaise


Cruel revers pour certains de nos frères consanguins d'outre-atlantique, puisque malgé l'appui des plus hautes instances conservatrices du pays, et des plus enragés des fondamentalistes à bannière étoilée, il semble qu'un petit juge de Pennsylvanie, nihiliste et matérialiste bien évidemment, ait condamné l'enseignement du dessein intelligent au sein des classes de science américaines. Cette thèse, volontiers créationniste, souligne avec la plus noble consanguinité et le plus profond obscurantisme déguisé en démarche rationnelle, que la complexité de la nature est forcément imputable à la volonté d'une entité supérieure. A la poubelle, l'évolutionnisme et son cortège de données scientifiques. Si le dessin intelligent avait pu prospérer à l'école, non pas en tant qu'enseignement religieux mais en tant que "science", il n'aurait alors plus resté qu'un pas à franchir aux élites américaines pour tartiner du fondamentalisme religieux au sein de toutes les institutions fédérales.



On bouffe du MacDo et on conduit à droite parce que Dieu l'a voulu, après tout. Et si quelqu'un se met devant le canon de mon revolver, que Dieu lui vienne en aide :


I can kill 'cause in God I trust !


Parce que par bien des aspects, les USA actuels sont un modèle de consanguinité conquérante, la démarche de nos frères yankees visait à confondre joyeusement pragmatisme scientifique et théories religieuses. Les consanguins américains souhaitaient égaliser darwinisme scientifique et créationnisme mystique, mais il semble aujourd'hui que la gauche démocrate et le nihilisme post-môdèrne se soient une nouvelle fois ligués, pour s'opposer à la Juste et Bonne Parole Consanguine.

Pourtant, la stratégie de nos frères était imparable : utiliser les nécessaires imperfections et les inévitables zones d'ombre d'une théorie scientifique établie, la théorie de l'évolution, fondée sur les travaux initiaux de Darwin, pour promouvoir en 2005 la concurrence d'un illuminisme religieux boosté par plusieurs millions d'évangélistes bavouillants, et favorisé par la religiosité incantatoire qui innerve la psyché US. Certes, les nihilistes athées, les pragmatiques impies, et les fourbes agnostiques, auraient eu beau jeu de comparer la Maison Blanche à Al Qaeda, mais nous, Consanguins, aurions alors reconnu outre-atlantique une nouvelle Terre Promise, faite de néo-obscurantisme religieux et de prosélytisme rétrograde. C'est un triste jour pour les consanguins de tous les pays. Dans nos gueules le rasoir d'Okham.

Réclame

Le Stalkaire : de 7 à 77 ans

Les Calebutes Noirs

Les Consanguins l'attendaient, David Pursang l'a fait ! Le nouveau site entièrement dédié à Maurice G. Dantec, sobre et intègre, ce site ne cède ni au dithyrambe grotesque, ni à la mise en scène putassière, ni au marketing braillard, ni au fanariat crétinoïde. Pourront donc s'y retrouver les membres de la communauté des blackboxers, tous lecteurs de Dantec, tous abrutis à la fois par les éboulis de plus en plus ampoulés et mysticistes de leur auteur fétiche et par les techniques de vente flashy et désopilantes de son agent, ainsi au passage que tous les webconsanguins en culottes courtes.

N'en doutons pas, le forum de ces calebutes noirs planera à des altitudes philosophiques comparables à celles du vertigineux forum subversiv, et s'y croiseront les grandes familles de pensées consanguine. Des crustacés fellationnistes idôlatreront l'auteur exilé loin des faubourgs de l'édition parisienne - qu'eux-mêmes rêvent d'intégrer, des cathomystiques ivres de foi réactionnaire ou atteints d'islamophobie galopante, des matadores narcissiques pestilentiels vissés au vit de leur mentor et s'abreuvant des moindres sudations du Maître, des bateleurs clownesques avides de prémaché intellectuel et de visibilité médiatique, des bloggers fun-fascistes cherchant leur caution littéraire, des nationalistes demeurés à "pedigrees" pluriséculaires, des généticiens playskool et des censeurs de fanzines étudiants, des groupies illuminées échappées d'hôpitaux psychiatriques, des dandies néodroitistes dégoulinants dégobilleurs de superlatifs, bref toute une faune d'intellectuels qui tentera, à n'en pas douter, d'adresser quelques magistraux coups de pieds au Nihilisme Bobolchévique qui les cloue au sol où ils rampent et se tortillent en s'imaginant transpercer les nuages. La nuance scientifique le disputera à la profondeur métaphysique, nous en bavons déjà d'impatience. Tous porteront aux nues leur auteur fétiche, tous unis dans la glorification imbécile du crash aérien et le fanariat stupide des catastrophes ferroviaires.

Dantec mixe gossièrement Orwell et Agemben, deux mecs pas vraiment à droite mais passons, et veut accabler la Machine hypertotale thermosclérosante métatechniciste rétrodévolutive et superégalisante... pour taper sur un animateur socio-éducatif, sur un journaliste de libé, sur un imam de banlieue, sur françois hollande ou bruno gaccio. La convocation de grands concepts mêlés de lyrisme ontobelliciste métalogocratique pluri-littéraire autoréfrigéré, au service de nos grands combats consanguins, faits de visqueuse islamophobie, de frileux sectarisme autarcique, d'anachronique nationalisme crispé, ou de surbeauferie vindicative voire d'illuminisme ultra. Qu'il est noble et brave, pour notre Dantec, de venir Combattre la Machine au Nom de la Littérature dans le cadre d'un magnifique et grotesque site internet de midinettes affligées, avec tchat et anime flash, bientôt parcouru par la fine fleur consanguine, les babines collantes et la langue pendue.

La Communauté des Calebutes Noirs, c'est un nouveau point nodal au coeur de la toile consanguine, un Théâtre des Masturbations, un Laboratoire des Catastrophes Cérébrales, un hâvre bien bourrin qui vous est offert par celui qu'on peut d'ores et déjà appeler le Laurent Boyer du net, la Séverine Ferrer de l'édition : David Pursang.

Dernière minute

N'oubliez pas, frères Consanguins, demain soir est organisée la première réunion de la Communauté des Calebutes Noirs, les blackboxers consanguins réunis autour de leur adoration fétichiste par la ravissante Séverine Ferrer. Au programme, lectures du nouvel essai de M.G. Dantec, onanisme en réunion, pitreries égomaniaques, et alcools frelatés. Les Calebutes Noirs, une certaine idée de l'Übermensch postmoderne, en métaguerre contre le nihilisme. Rendez-vous est donné à la Caverne des Huns, club échangiste rue de Ponthieu, 75008 Paris, à partir de 22h00.

Oxydant martyr

D’odieux archéostaliniens, des anarchistes nihilistes métisseurs, ou d’infâmes libéraux impies, que sais-je, n’hésitent plus à nous adresser leur vindicte par email. Nous sommes scandalisés par l’absence de complexe de ces barbares agressifs, qui sans vergogne renient leur francité, méprisent leur civilisation, ou en sucent goulûment les mamelles et en fomentent la chute, ces relativistes cosmopolites qui sans crainte nous rient au visage, et qui sans effort nous enfoncent nos fondements. Nous vous laissons juges.

« (…) posséder un minimum de culture, nous parlons ici de culture politique, littéraire, nous parlons de bases historiques, de notions scientifiques, de concepts philosophiques, pour constater que les borborygmes puants qui vous tiennent lieu "d'idéaux", et les mécanos mal branlés qui vous tiennent lieu de "raisonnements", constituent avant tout une foire aux clichés et un réservoir à frustrations absolument désopilants. Vous êtes les victimes de votre époque, mes petits, les parfaites victimes de la flippe et de la frustration, des moutons les plus navrants, les ségrégationnistes, les frileux souverainistes, les dégénérés racistes, il n'y a qu'à explorer ce blog-ci.

Apprends petit, tout petit, minuscule crétin, jeune insolent aux idées courtes, jeune ovidé aux propos inarticulés, qu'il ne s'agit pas pour nous de "haine antifrançaise", puisqu'à aucun titre vous n'avez la possibilité de revendiquer pour vous ni une nationalité ni une histoire ni une "civilisation" qui ne soit pas également la nôtre. Il s'agit bien plutôt de "haine antifondamentalistes", parce que mes agneaux, mes petits agneaux, peu de choses vous séparent de l'islamiste intégriste ou du trotskyste extrêmiste. Comme eux, vous vous pensez "résistants" à une pensée unique, héritiers d'une "tradition", dépositaires d'une "intégrité" face à un Grand Nihilisme Egalisateur ; comme eux, vous n'en êtes que les dommages collatéraux, les victimes les plus faciles, les symptômes les plus évidents. Vous êtes des perdants mentaux, vous avez capitulé, vous avez sombré depuis longtemps et continuez encore à gesticuler sous plusieurs centaines de mètres de boue intellectuelle. Vous êtes une sécretion malodorante, une sueur visqueuse, risible et condamnable, moralement condamnable, juridiquement condamnable, humainement condamnée. Vous êtes un troupeau beuglant dont la force et l'intellect se résument à celles du plus indigent d'entre vous, un troupeau qui n'est que l'objet des stratégies électoralistes de quelques pourceaux néopoujadistes, des guerriers de bac à sable. Vous vous dites debout, vous êtes à plat ventre depuis des lustres et rampez sous les poids conjugués de vos paranoïas pathologiques et de notre mépris anticoagulants. Personne n’a jamais su la (…) »

C'est une honte. Un scandale, une véritable honte.
Et c'est celui qui dit qui est, en plus.

Bring the fire

Au hasard de nos cyberpérégrinations, frères consanguins, nos constatons avec peine et fureur les réactions que notre Parole, plurielle et lettrée, provoque parmi certains. Ainsi, suite aux émeutes de novembre, november ôôô bloody november, voici une autre apostrophe que nous pouvons lire, voici la diatribe à nous adressées par un ignoble activiste crypto-stalinien rembourré qui répand son fiel sur nos têtes fièrement dressées. Sus ! Sus à l’internet putréfié !

« Vive le feu, ça devrait te réjouir, c’est le grand soir, ça devrait te faire plaisir, oui tu devrais bander, la jeunesse est dans la rue, le jeu vidéo In Real Life est en marche, le grand soir, tu l’appelles de tes vœux depuis si longtemps, cynique merdeux, crevard de pacotille, anarcho des canards branchés décervelage à volonté, j’ai lu fight club et chemises brunes et je pige pour papier glacé ados dénudées, la mort au choix, et ma posture chérie, ma posture de regardant, assis sur mon cul qui commence à s’empâter, à toi l’adulateur de Dantex, c’est le moment, le grand soir, de sortir ta batte et ton fusil à grenaille, protéger l’occident, couper les couilles du système qui te fourni ton RMI, vivre libre ou mourir, c’est ça ton credo, non, le mec de la CNT l’art de la guerre dans la poche arrière, il devrait y être aussi sur les barricades avec toi le pubard rebelz genre je nique trop le système de l’intérieur en téléchargeant des MP3s, cynique merdeux, empathie aux abonnés absents, je ne fais rien de ma vie, jamais tenter d'aider une autre personne que soi-même ou un pôte une connaissance s’il ne doit me renvoyer l'ascenseur, le grand soir, les bons chrétiens sont en danger, les blancs, ta collection de DVD, tes Cds et ta Xbox, tremble parisien féru d'art contemporain parce que tu es sans doute tout ce qu'ils détesteraient s'ils n'avaient pas de la coke à te vendre, le grand soir, je ne crois pas, une allumette qui brûle derrière les clôtures de notre sécurité milicées, ta posture face à la jeunesse qui décide de brûler sa propre cité, tristement, de brûler ses écoles, lamentablement, de brûler ses bus, bobos lecteur de Télérama, 68 trop tard pour toi, anarchiste de droite qui croit que lire des livres c'est être humain, vieux militants syndicaliste tellement largué prêt à te battre pour rester esclave à jamais, je ne sais même pas pourquoi j'écris ça, la gerbe de moi, de toi lecteur, la recherche de l'empathie, de belles amitiés perdues de vue dans le 93 peut-être, juste ma connerie sans doute ou la votre ou, je vous le concède, la connerie ambiante et le grand soir, pas ce soir. »

Le temps des crafias

Réjouissons-nous, frères Consanguins, car tout récemment la dégradation sociale et matérielle de notre fier et grand pays a poussé ceux que nous n’hésitons pas à qualifier « d’animaux » à mettre nos riantes banlieues à feu et à sang - pour notre plus grande joie bien entendu. Pour notre plus grande joie, car à notre tour, nous pouvons emprunter à la gauche ultra-tolérante ses trémolos poignants, non pas pour souligner les raisons socio-économiques qui ont poussé les populations des banlieues à de telles extrémités, mais pour pleurer sur notre beau-pays-massacré par ces gueux oisifs qui n’ont en commun avec nous, nobles Consanguins de souche, ascètes travailleurs et altruistes dévots, que les seules prestations sociales qui leur sont scandaleusement octroyées.

Voici que depuis un mois, les plus brillants de nos Consanguins s’époumonent à la vision des scènes de guérilla urbaine retransmises avec zèle par les médias. Voici que depuis un mois, la Consanguinité se répand et s’étale dans des proportions réjouissantes : notre courageux ministre de l’intérieur prend des libertés sémantiques aux accents frontistes les plus délectables, notre premier ministre recourt à une loi sur l’état d’urgence qui fleure bon les relents colonialistes et la paranoïa sécuritaire, un autre ministre encore explique avec le plus grand sérieux que les troubles des cités sont imputables à la polygamie de certains de ses habitants, sans oublier notre vaillant Dantec qui ressort ses fantasmes imbéciles d’intifada-sur-marne et de factions islamistes en goguette, sans oublier non plus notre grotesque Stolkère et ses amis qui dégoulinent de satisfaction et éjaculent leur misérable colère consanguine à l’endroit des « sauvages de cité » et des « gauchistes irresponsables », comme à leur poisseuse accoutumée. Les faits sont déformables, nous les utilisons donc pour nous décomplexer.

Pain béni pour les Consanguins, l’inflammation des banlieues et les sinistres faits divers qui l’accompagnent, fournissent le comburant nécessaire à notre haine stéréotypée et systématique. Point d’analyse, bornons-nous à instrumentaliser la violence et à profaner les tombes des victimes pour alimenter notre logorrhée d’encéphales creux.

Un catastrophisme de bon aloi à nos yeux, puisque que nous pouvons taxer de mollesse vertébrale, de trahison patriotique ou d’inconscience politique les observateurs qui s’aviseraient de troubler notre songe sanguinaire en rappelant que ces troubles n’ont pas eu l’ampleur que nous voulons leur donner. Nous essayons donc de noyer toute mise en perspective, toute analyse, toute distribution des responsabilités, et nous précipitons comme des brutes dans l’excommunication, l’anathème et l’organisation de charters à aller-simple. Nul besoin pour nous de rappeler que ces troubles sont imputables tout autant à l’incurie du personnel politique en place depuis 30 ans qu’au « racisme » rampant du beauf moyen - dont nous nous vantons aujourd’hui, beaufs parmi les beaufs. Nul besoin pour nous d’analyser les causes réelles de ces actes intolérables, nul besoin pour nous de préciser que les mômes qui ont caillassé la police sont des moutons idiots victimes de l’imagerie consumériste et de la ségrégation institutionnelle. Evidemment, ces idiots sont à condamner, personne ne le conteste, personne ne prétend même amoindrir la responsabilité de ces petites frappes. Mais nous préférons jouer les sourds et nous égosiller dès qu’on prétend voir en eux des « victimes ». Bien entendu, ce ne sont pas nos voitures qui ont brûlé, et ce ne sont pas nous, Consanguins, qui vivons dans la peur qui suinte de ces quartiers. Mais nous revendiquons nous, au travers de nos écrits boueux, le statut de « victimes ». Victimes de l’islamisation, victimes de la violence, victimes des fautes de grammaire que commettent ces jeunes, victimes des blessures irréparables que provoquent les paroles de morceaux de rap, victimes du trafic de mauvais shit que nous leur achetons, victimes, victimes, nous sommes victimes.

Nous, les Consanguins. Victimes. De toute époque. De tous temps. Qu’il s’agisse des martyrs de la cause blanche, des défenseurs de la langue fraançaïse, ou des moines-combattants de la fille aînée de l’Eglise, nous sommes victimes, bien plus que ceux dont les biens ont brûlé, bien plus que ceux dont les proches ont été blessés, bien plus que ceux qui vivent dans les barres de ciment et dans l’ostracisme tacite depuis 15 ou 25 ans. Ce sont nous les victimes, nous petits obscurs flippés, pestant contre la France d’aujourd’hui alors que celle d’hier, monarchiste ou gaullienne, était tellement en adéquation avec nos idéaux de dégénérés.



Nous avons donc trouvé la caution idéale pour nos préjugés merdeux. Qu’on nous reproche aujourd’hui un catastrophisme opportuniste, comme on le reproche au vaillant ministre de l’intérieur qui stratégise son accession à la présidence de la République, qu’on nous reproche notre racisme exacerbé, et nous poussons immédiatement des cris d’orfraie indignée et convoquons la mémoire des victimes de la « tempête anti-française » qui a secoué les banlieues. Nous pouvons ainsi battre en brèche toute analyse un peu sensée de ces évènements en focalisant l’attention sur l’horreur de la mort d’un photographe, sur le nombre de voitures carbonisées, en utilisant ces leviers indignes pour couiner nos piteux cris de guerre à la Del Valle.

Nous pouvons donc laisser ainsi libre cours à nos fantasmes d’islamisation de la France, fantasmes que nous tentons par tous les moyens d’inoculer à l’ensemble de nos concitoyens (de préférence blancs et catholiques). Nous pouvons, à grands renfort de grandiloquence guerrière, fustiger les « commissaires politiques de l’égalitarisme », et dégueuler nos préjugés xénophobes sur tous les espaces médiatiques qui nous tombent dans les pattes, en imputant au passage la responsabilité de cette véritable chienlit antichrétienne à quelques gauchistes d’appoint. Nous nous appuyons sur la mollesse de leur propre antiracisme de surface pour exprimer notre extrémisme de clébards ineptes. Nous dépeignons les banlieues en théâtres de crimes commis en permanence, nous nous appuyons sur les faits divers, pour enfler encore leur caractère sordide, ôter à cet enjeu toute objectivité, et appeler au retour de nos bonnes vieilles valeurs de traditions, de condescendance civilisationnelle et de nationalisme fascisant. Nous dissimulons notre barbarie idéologique derrière la sauvagerie criminelle de cette minorité de délinquants qui a gratté un nombre inqualifiable d’allumettes sous les pneus des peugeots vintage.

Que l’on essaie ici ou là d’examiner un peu plus sereinement ces évènements, qu’on explique que ce type de troubles existait déjà dans nos cités, et qu’ils sont avant tout imputables à l’environnement socio-économique de leurs habitants, et nous poussons des hululements scandalisés et crions au nihilisme bolchévique. Le terrorisme intellectuel, longtemps l’apanage de la gauche bien-pensante, est devenu notre propre arme rhétorique. Nous, qui pas plus que ces belles âmes ne vivons dans les cités, n’hésitons pourtant pas à prétendre parler en connaissance de cause des malheurs vécus par de paisibles français-coincés-dans-ces-enclaves-de-l’islamisme-terroriste. Nous nous perdons dans nos délires fiévreux de saletés racistes, et mixons allègrement incivisme, drogue, couleur, islam, mosquées et immigration clandestine, pour affirmer haut et fort, haut et fort comme toujours, que les véhicules incendiés l’ont été par des légions de fous de dieu bardés d’explosifs, des kamikazes fanatisés armés jusqu’aux dents de mitrailleuses lourdes, de cimeterres empoisonnés et de lance-roquettes à l’anthrax. Nous affirmons haut et fort que notre courtoise et téméraire police a affronté la quatrième armée du monde pendant quinze nuits d’affilée. Bref, on a lâché la rampe et on tape un freestyle sur la partition de Sarkozy, l’ergot génital au garde-à-vous et la main sur l’opinel.

Jouons les martyrs, généralisons, et glorifions les initiatives politiques qui toutes, de l’irresponsable mollesse socialiste à la déplorable victimisation bien-pensante des voyous pyromanes, en passant par les crises d’autoritarisme gouvernemental, sa provoc sécuritaire et ses amalgames électoralistes, servent nos idéaux.



La Chute est proche, repentez-vous ! Le sarrasin est à nos portes, dans nos cités, sous nos lits et dans nos culs, un Coran dans la main et une tête nucléaire dans l’autre ! Nous pouvons l’affirmer puisque quelques écrivains psychotiques et quelques ministres inconscients abondent dans notre sens. Amalgamons, amalgamons, il nous en restera bien quelque chose. Relisons les édifiantes pages de Villa Subutex sur les affrontements inter-ethniques en région parisienne, et transformons cette mauvaise science-fiction de gare désaffectée en menace prophétique, puisque nous sommes depuis longtemps immunisés contre le ridicule.

Nous, Consanguins, petites ordures réactionnaires éprises d’Ordre monochrome et de milices chrétiennes, petits crétins rouge-bruns recopiant la langue pincée les paroles du 113 sur nos blogs, nous, petits bourgeois incultes effrayés par le quotidien des habitants des banlieues, nous, sales brêles nationalistes qui parlons de leucophobie et de « chômage des blancs », nous nous insurgeons. Nous, infâmes salopards consanguins qui souhaitons parquer nos concitoyens en Guyane et qui leur reprochons de prier accroupis ou de ne pas manger de porc, nous nous insurgeons.

Nous, Consanguins, qui nous lamentons une fois de plus sur notre France Défigurée en Proie à l’Islamisation Ultra-violente, cette pseudo-menace qui sert à légitimiser nos préjugés fangeux, nos paranoïas pathologiques ou nos « votes de contestation », ce pseudo-fléau qui justifie nos littératures réac et nos sorties de route lexicales, nous trépignons une fois de plus devant nos écrans et bavons sur nos claviers.

Nous, Consanguins, colossaux beaufs lobotomisés, viendrons encore déplorer que le « bon français », rondouillard et sclérosé, doive payer pour la réparation des dégâts. Nous, Consanguins, pauvres buses complètement paumées, clamerons haut et fort que si malgré les fortunes investies par les gouvernements successifs dans l’entretien des cités, les troubles viennent toujours de là-bas, c’est donc bien qu’ils sont liés à la « nature » même de ses habitants, qui pour la majorité d’entre eux ne correspondent tout simplement pas à l’idée faisandée et nauséabonde que nous nous faisons de la France. Parce qu’il nous faut des cibles, parce qu’il nous faut des alibis.

Nous, Consanguins, étrons mentaux et larves intellectuelles, agitons notre haine de l’autre derrière un pseudo-sentiment national « blessé », et nous remémorons avec chagrin la marseillaise sifflée par quelques burnes lors d’un match de foot - cet art si noble et si français. Nous, Consanguins soit-disant lettrés, jouant les matamores dans nos Zones puantes, n'hésitons donc pas à agiter le spectre de la guerre et à prendre des images de conflits internationaux pour illustrer nos petits rots consacrés aux émeutes.

Nous, Consanguins, lamentables crevures illettrées, parlons en 2005 de « reniement national » de « problème ethnique » et de « flux migratoires incontrôlés » à propos de français victimes de la paupérisation consécutive à leur entassement historique dans des cités dortoirs en tant que main d’œuvre bon marché. Nous, pauvres chèvres indigentes, parlons « d’immigrés de troisième génération », parce qu’il nous importe avant tout de distiller l’idée de citoyens de seconde zone, l’idée d’un statut « d’invité » se perpétuant de père en fils sur le territoire...



Nous, obscures et poltronnes raclures consanguines, utilisons de la façon la plus odieuse qui soit la mort de trois personnes innocentes et l’incendie de quelques milliers de voitures pour généraliser à tout français musulman, ou même seulement de couleur, le comportement criminel de quelques centaines d’enfants de pute en baggy, crétins desquels nous ne sommes pourtant pas si éloignés puisque certains d'entre nous aussi cédent parfois au hooliganisme de foire à nos moments perdus.

Nous, Consanguins, saloperies d’ultracathos maladifs, professons aussi le retour de l’Eglise au cœur des préoccupations d’une République depuis trop longtemps laïcarde. Nous, Consanguins, vermine pleutre et couarde, appelons de nos vœux la « Guerre Civile Interethnique » et le « réarmement moral du pays », en pauvres connards ignorants et flippés se répandant sans honte aucune sur nos blogs tricolores.

Nous parlons, à propos des voyous qui ont terrorisé nos récentes nuits, de « cris de haine jetés à la face de la France », et prétendons en tirer une noble colère nationaliste - qui confine au pet de lapin. Mais c’est bien parce que nous préférons nier ce que ce cri doit à l’incurie pluridécennale des dirigeants français, comme à notre propre racisme atavique de fiers Consanguins.

Nous, Consanguins frileux et acariâtres rombières du web, dégobillons donc notre haine putride une fois de plus, en surfant sur la vague sécuritaire et le malheur social, parce que c'est toujours ainsi que nos idéologies moisies ont prospéré.

Egos Incorporated

Cette semaine, c'est un autre splendide consanguin qui pend la plume, afin de nous rappeler la récente sortie en librairie du dernier ouvrage de celui auquel il consacre aujourd'hui l'essentiel de ses élans de plume, d'énergie et de salive. David Pursang, styliste incomparable et zélé agent littéraire, ne déroge donc pas à sa règle personnelle implacable, et se lance dans un nouveau dithyrambe que nos amis Consanguins apprécieront, d'autant qu'il le pare d'un lyrisme absolument ébouriffant, et qu'il traite d'un de leurs auteurs favoris. Attention...


Gros suçage de bite !


"Perché sur les toits mystiques québécois, Maurice G. invente le casse syllabique permanent, cogne et caresse le littéraire de France, d'ailleurs et de grâce : ses scènes rocks in transe, à genoux Marie pleine de grâces, le contrôle absolu, un roman à la vitesse de la lumière soulevé par une plume de titane, emmené par un style en fusion depuis les rivages irisés de l'apocalyspe finale de la fin qui vient, sans artifice sinon le feu d'une lame, sa lame, salaam bombay, bombardier littéraire. Chez Mo règne le Son, le Swing, les orgasmes félons, tous dédiés aux basses fosses et panthéons, de lit de roses et de goudron, absalon absalon, oeufs d'esturgeons. Syllabe fauve prête à mordre ses proies, Mo, c'est l'avant-garde du style, chaud et froid, du mot qui n'en fait qu'à ses jeux, du son qui n'en fait qu'à sa joie, du verbe qui n'en fait qu'à sa fête, en tête-à-tête, et qu'a-t-elle donc sa gueule à lui ? Mo, c'est Don Diego de la Vega se jettant sur un cheval apocalyptique, notre Canadian Lover aux caresses fourrageant le style, et aux abordages tranquilles, jouant la pampa du sniper, les bras en croix, assis en tailleur, en luminescent organisme fouilleur, fouineur, rédempteur, contempteur, radio-amateur, il bat le beurre.

Mo, c'est la qualité à l'excès, à la demande, au jus et au sexe, aux chairs et au latex, et quand je pense à Fernande, je marchande, je marchande. Mo ? Un lopin d'âme, une parcelle chipie musicale, Mo il l'a - il l'a, classieuse et bestiale sa note, telle une momie Mo marche sur un fil de notes assassines et funambules, ne se laisse aucune chance de verser car il contrôle, dérape et noctambule : le sommet du swing lexical dans les vestibules, le style en apesanteur et des mandibules, le mot matadoré torturant les chihuahuas, incendié par les fées de ses doigts saltimbanques de beauté, volé, envolé cha-cha-cha, élevé, échoué là.

Maurice G. est le Sniper des hauts toits de mystère, tchin-tchin à Popov, à la vie et à la gloire des sambas, des fuegos et des lolitas, chica chica, aïe aïe aïe. Tout est dans Mo : l'excès du castagneur, les flammes du pamphlétaire et l'émeute des mélodies incendiaires, des inserts de métadélire paramilitaire au lyrisme destroy, notes d'eau à l'attaque et au baiser, coupé coupé, coupe-coupe c'est ton boulot, la machette te casse le dos, coupe coupe brother.

Mo n'est pas aux Inrockuptibles, ni à Technikart. Il est pourtant célèbre sur les vagues internet, mais il faut commencer à s'inquiéter, Mo envoie des trucs à Dring, il va falloir me regarder. Mo est-il le meilleur écrivain français du siècle ? Il faut le dire, l'écrire et le beugler, dans la hiérarchie bêtasse, fadasse se rouler. S'agit d'en rajouter dans le grand-guignolesque, dans le plan com jamais-vu qui fait, paraît-il, hurler de rire tout Paris, de la mise en scène hilarante "d'indigent littéraire", Paris-paname, as-tu donc une âme, dansons sous les bombes, Paris sous les tombes, mais oui qu'il rient tous. Mo s'en moque : Mo bastonne sa mélodie, à la proue des notes blanches, bleues, rouges, sanguinolentes, il joue pour moi son opéra perso, depuis sa prison dorée, et caresse, caressait, caressera, de milles notes incendiaires sa peau exilée, maqué avec le plus haut des Cieux. Mo est accroché aux falaises de l'art. Il tragédie et bastonne ses triomphes agraphés des putains et des nonnes, Mo, Mister Mo please, el dust brother, notre ruelle préférée, uranium liquide, c'est la salsa du tirailleur, la calle du matador ! la bodega du toreador ! Olé !"




Quel style, David, quel putain de style. C'est vrai, que les mots peuvent tuer. Certains sont morts de rire. Et, jaloux, on s'en suiciderait presque.

Zona

En cette période estivale un peu calme, l'un de nos consanguins préférés, infatigable chantre du polemos venteux et de la disputatio bidon, pourfendeur des rampants et lumière dans la nuit du siècle, sémaphore dans l'obscurité nihiliste des temps présents, inaltérable marcheur dans l'ombre décadente d'une époque dans idole, notre aimé stallekère, Juan Asensio dit "la Pondeuse Basque", nous revient toujours plus remonté contre la médiocrité de ses contemporains. Savourons en experts.

"Les imbécilesques jaseront mais c'est bien là ce que nous attendons des anti-consanguins, non ? Peu m'importe du reste, je commence même à trouver agréable la petite musique que font ces moucherons de pissotière qui volettent autour de la Zone, cette lamentable fosse à purin égotiste, cette fantastique branlette perpétuelle, cette lente et grumeuleuse coulée d'éructations de bègue, bref ce gros tas de merde prétentieux et faussement lettré, la Zone, trash clubbing for rude boys, cette Zone qui attire les critiques, les quolibets et les railleries, mais cette Zone que je continue d'alimenter de mes visqueuses défécations de petit rongeur atrophié, cette Zone donc enfin palsambleu, cette Zone qui refoule le réac sépia et le narcisse jauni, cette Zone que j'aime, ma vie mon oeuvre mon préau et mes commodités, tout à la fois demeure en carton et char d'assaut en papier, cette Zone que j'aime, cette furibonde Zone qui terrorise les bien-pensants, les tièdes et les assis, car moi Messieurs je truelle, je truelle si fort que vous n'avez comme réponse que de prétendre que ce sont vos éclats de rire, et non mes charges incisives, qui vous assourdissent. Je sais bien, moi, que je fais trembler tout le web, et pas à coup de menaces de cul-de-jatte comme mon comparse David, mais bien par la splendeur de ma langue pendue et par la grosseur de mes aphtes purulents.

Et puis... Ainsi, quel étrange constat fais-je fort marri tant va la cruche, hé bien ! moins étonnant qu'il n'y paraît finalement puisque, sans que la période estivale je crois y soit pour quoi que ce soit, il me semble assister à une forme de lassitude, peut-être même de... démission, quant à l'exercice quasi monacal (une discipline plus rigoureuse que la haire d'un trappiste pour une illumination de fête foraine, un véritable sacerdoce que je vis comme un martyr, ma faute ma trés grande faute, han ! Saint Rebatet fouette-moi, han ! Saint Davila flagelle-moi, han ! Saint Bloy élargis-moi !) qu'est l'alimentation presque quotidienne de ces TAZ (ou "Zones Autonomes Temporaires", pour citer une référence quelque peu incongrue pour moi et l'enseigner aux petites taches blogo-fafs qui me lisent, puisque pour une fois elle fait sens et n'emprunte rien aux plumes réactionnaires et autres pesantes références qui sont mon quotidien), ces TAZ donc que sont les blogs (et oui, je sors une référence mais la tartine à propos de tout et n'importe quoi, et avant tout à propos de moi-même, la Zone devient donc une TAZ, c'est à se demander si j'ai lu Hakim Bey, et si j'ai pu y comprendre ne serait-ce que le début d'une ligne, mais passons), ces TZ donc encore, qui à vrai dire deviennent, justement, de plus en plus temporaires (ouh le joli jeu de mot foireux, je suis à fond, veuillez m'excuser).

Bah, je me dis que toutes ces plumes aussi rapidement écloses que des vers sur une carne exposée au soleil n'avaient aucune raison d'exister, une fois accomplie leur maladroite sarabande autour du bout maigre de rognon en décomposition, qu'elles avaient le tort de confondre avec une tranche filandreuse de charogne de pachyderme, attendez je me relis... oui ça ne veut rien dire et c'est trés mauvais, je signe donc. Ces blogs s'essouflent donc, alors que moi, moi moi moi, je continue inlassablement à dégogiller mes pitoyables considérations autoréférencées, je continue à tenter de me peindre en fauve sombre au travers de mes exégèses bancales, au travers de mes commentaires de textes unidirectionnels, je continue moi moi moi à tartiner avec obscénité mon indigence intellectuelle et ma fatuité sans borne, je continue, moi moi moi, au milieu des moqueries et des jets de légumes virtuels, car amis consanguins, vous au moins me considérez comme un furibond combattant, vous au moins, amis blogueurs graisseux et webzineurs troubles, vous au moins, petits fachos en gestation et grandes saletés réactionnaires, illéttrés à la recherche de cautions, ou rats de bibliothèques fuyant le monde dans des tours d'ivoire érigées à grand renfort de citations poisseuses et de lectures petitement subversives, vous au moins, mes amis, continuez à m'emboîter le pas et à suivre les avatars de la Zone, la Zone, foireuse et clownesque, la Zone, mon lit et ma cuisine, la Zone, mon chez moi ténébreux. ... J'en remets ainsi une couche sur le consanguin impérial, qui s'est défié de moi, qui a commis ce sacrilège, qui a osé me railler afin de conjurer le sentiment d'immense solitude, plus comique encore de n'être qu'une espèce nouvelle de cri inaudible, inaudible parce que virtuel, virtuel parce que lancé du haut des vertèbres de la chiasseuse mémoire qui sombre corps et bien dans l'oubliette de mes déceptions, dans le cachot de mes détestâtions, ô dégoût ô dééégoûût !! C'est dit !! Je perdure et les autres s'arrêtent, je persiste et les autres persiflent, mais je sais, moi, que sur la Toile, c'est une affaire entendue, il n'y aura bientôt plus que ma rinçure, ma coulure, mon étron brun et fumant, ma Zone mon amour, cet amas merdailleux qui ne sert en définitive qu'à tromper ma solitude nanicole d'incommensurable brêle heureuse d'elle-même et frustrée par le reste du monde. Vous n'avez qu'à voir, j'en suis à tirer les couettes des blogueuses afin de paraître encore un peu plus ténébreux, et à bousculer la copine du consanguin impérial en guise de disputatio. Hein ? Quoi ? Comment ça, "piteux connard" ? Comment ça, "incandescent blaireau" ? Non mais ho, vous savez à qui vous parlez, là ???... Je suis le stallekère, moi, je suis genre le cowboy tout de noir vêtu, le bad guy, putain, faut pas se foutre de ma gueule, moi, j'ai fait rendre gorge à des plus balèzes que vous, morbleu !... Et arrêtez de rire, maintenant... Arrêtez, merde... Aïe... Y a personne qui aurait un antalgique puissant, ou des béta-bloquants, enfin quelque chose qui fasse que je morfle un peu moins ? Parce que là c'est limite insupportable...


Elan grégaire

Prenant acte de ce que le net regroupe apparemment une solide escouade de nobles combattants des causes nationaliste, ultracatholique, pan-européenne ou simplement fun-fasciste ou communautariste, de nanars de droite, provocateurs grand-siècle, gros beaufs xénophobes, turbulents identitaires, franc-tireurs narcissiques, boulangistes brunisants, romantiques fous-de-dieu, qui tous nous rassemblons par-delà nos différences et en dépit des amalgames, sous la bannière de la Réaction la plus aristocrate et du poujadisme le plus fat, face aux agressions toujours plus nombreuses du cosmopolitisme matérialiste-libéralo-bolchévique, athée-métisseur, nihilisto-méchant-vilain, nous avons décidé de redresser nos têtes (creuses), nos queues (nécrosées) et même nos genoux (écorchés par l'idéologique caillasse merdeuse où nous rampons), car nous avons nos blogs et y couchons nos angoisses, nos constipations et nos cris d'amour. Gloâââre à noouus, les Consanguins.

"Ceci est une déclaration de guerre", celle que hurlent les fins de race à la face du monde, celle qu'entendent mener les trous-du-cul consanguins incultes et les babilleurs rouge-bruns soft-fascistes contre l'Epoque Décadente, la Société Nihilisto-islamiste, la Débauche Alter-bolchévique et le Système Consumo-matérialiste, hop, tout ça à la fois au kilo ; "ceci est une déclaration de guerre", tel un jappement de basset artésien dans le désert, tel un couinement de hyène à l'haleine chargée dans la savane, frères Consanguins, avec nous, bêlez.

Censure ! Le baillon bien-pensant

Après quelques semaines d’absence dues à une vraisemblable entreprise de déstabilisation, orchestrée par quelques obscurs fanatiques égocentriques que notre parole consanguine trouble et fait enrager, Consanguin rouvre ses portes et reprend de plus belle son prêche, afin de porter toujours plus haut et fort la flamme réactionnaire.

Nous avons bien entendu diligenté une enquête, afin de découvrir qui a pu vouloir exercer une telle censure, et faire taire les élans lyrico-poisseux de toute une génération, au mépris de la plus élémentaire liberté d’expression, au mépris du plus élémentaire pluralisme des idées, en l’occurrence des nôtres, nos opinions faisandées et malsaines, nos clameurs régurgitées et nos babils de wanabee maudits.

On veut faire taire les consanguins, on veut bâillonner le discours pour une France forte, on veut anéantir la vitalité nationale, car notre discours dérange, ouais merde, on est des rebelz, jeunes et branchés, blonds et connectés, à la tête de nos blogs et de nos webzines nous marchons, têtes hautes et queue pendante, nous revoici nous revoilà, consanguins jusqu’au bout des doigts, encore et toujours, car la pensée unique des tièdes ne nous fera pas taire, car l’establishment des assis ne nous aura pas, parce que les carriérismes franc-tireurs qui crient à la calomnie ne réduiront pas au silence nos piaillements pitoyables de sales brêles flippées. Nous sommes la communauté qui bave, la communauté qui flippe, la communauté qui couine depuis son clavier, et nous ramperons encore longtemps.

Nous continuerons donc à usurper une culture et des références auxquelles nous ne comprenons rien, nous continuerons donc à plaquer nos lamentables préjugés et nos grotesques plans de carrière sur des auteurs et des réflexions que nous achèverons de plonger dans les pires cloaques de l’histoire, en bons et purs sursinges bavouillants. Nous, les consanguins.

Vivre et penser comme des crétins



A noter ce mois-ci la publication d’une nouvelle œuvre collective à destination des consanguins illettrés et des réacs vociférants, « vivre et penser comme des crétins », aux éditions A stupidio. Un rapide survol des dernières outrances branchées de nos consanguins à plume, sous la direction de Jacques de Quillecon. Un ouvrage réclamant un peu de spiritualité dans un monde désespérant de matérialisme, où quelques auteurs tartinent leur foi pour être aussitôt récupérés par nos habituels et odieux petits paons de salon, afin d’y glisser de temps en temps quelques fines traces collantes de préjugé frileux ou de condescendance occidentaliste. Ah dame ! Qu’on est bien entre nous.

L’affaire Dantec

Tout le monde en parle. Insidieusement, la rumeur s’est propagée sur la Toile ; aujourd’hui, elle menace la Zone. Devant l’inquiétude des Consanguins, nous devions donc parler de "l’affaire Dantec". Rappelons les faits : avant le lancement fulgurant de sa carrière littéraire sur Internet en janvier 2004, Dantec avait commis quelques obscurs ouvrages passés inaperçus. Plusieurs romans, et surtout un essai, que nous n’avions jusqu’à présent pas jugé utile de lire. Nous avions tort. Sous un titre prometteur aux accents audacieusement bellicistes, le premier volume du Théâtre des Opérations recèle en réalité un contenu pour le moins dérangeant, pour ne pas dire inquiétant. L’auteur de la miraculeuse Lettre aux Identitaires semble avoir connu dans sa jeunesse un parcours tortueux. Aujourd’hui ce passé ressurgit, chargé d’un parfum de scandale. Pour vous, en exclusivité, nous avons autopsié cet ouvrage controversé.

Autant le dire tout de suite. De la première à la dernière page – et il y en a 646 – la lecture du Théâtre des Opérations est fastidieuse. Usante. Accablante.

Passons sur les références compulsives aux délires schizo-analytiques de Gilles Deleuze, pénible philosophe soixante-huitard qui se définissait lui-même comme un "gauchiste de base" – de toute façon nous n’y comprenons rien et ne voulons rien y comprendre. Passons encore sur certaines analyses de l’œuvre de Nietzsche, fort suspectes voire malsaines, et si peu viriles, si éloignées de l’idéal héroïque de l’Übermensch auquel tout Européen digne de ce nom est attaché. Passons aussi sur la glorification permanente de ce concert de crétinerie libertaire que fut la culture psychédélique des années 1960, des Beatles à Timothy Leary.

Passons rapidement sur ces innombrables détails, aussi agaçants soient-ils, pour nous attaquer à l’essentiel.

Car le pire est ailleurs, vous l’avez déjà compris.

« Etant un darwinien convaincu, poppérien de surcroît, je crois aux sociétés ouvertes et aux vertus du métissage comme élément fondamental de l’amélioration génétique des nations et des individus, en clair je crois que le mixage des populations et des cultures est une source certaine d’amélioration desdites cultures et populations, à la condition toutefois de n’en conserver que le meilleur. » Le mot est lâché : métissage. Vertus du métissage. Vous avez envie de vomir ? Retenez-vous, le festival ne fait que commencer… « Il est d’ailleurs plus que temps de dégonfler cette baudruche idéologique qu’est le nationalisme, même démocratique, car le mot nation sur lequel elle s’est gonflée a été par elle comme en retour vidée de son sens. »

Eloge du métissage, rejet de la fierté nationale : ça commence bien. Et comme l’on peut s’y attendre, notre Sainte Eglise n’est guère épargnée par cet incroyable déluge d’ignominie haineuse : « Il n’y a plus rien, malheureusement, dans le dogme catholique (et encore moins dans sa version émasculée de Vatican II) qui me permette de le voir justifié aujourd’hui. » Edifiant. Voilà qui plaira à notre Souverain Pontife, qui jadis contribua si activement au concile Vatican II. Et ce n’est là qu’un court extrait d’une interminable et nauséabonde démonstration sur la décadence de l’Eglise, rythmée par un refrain bien connu : la pureté originelle du message christique aurait aussitôt été trahie par son institutionnalisation. Ben voyons.

Pire, l’auteur exploite frauduleusement cette vieille rengaine anticléricale pour suggérer une très douteuse et très insidieuse réhabilitation de la "religion" islamo-terroriste : « Comme le christianisme après elle, et quoique née avec six siècles de décalage, la brillante civilisation islamique des années 700-1300 allait être dissoute par ses accomplissements… »

Et que dire de cette abjecte diatribe à l’encontre de nos Frères américains : « Le christianisme fondamentaliste est sans aucun doute le plus grand danger qui menace la suprématie techno-scientifique américaine ; comme bien d’autres empires avant lui, Rome, l’Espagne, la France, la Russie, l’empire américain pourrait s’effondrer en quelques décennies, voire en quelques années, si une telle conception du monde, de l’homme et de Dieu en venait à s’imposer pour de bon. »

Mais le plus insupportable – au-delà de ces signes évidents de haute trahison, doublés de motifs d’excommunication imminente – c’est cet effort incessant, tout au long de ce répugnant essai, pour accéder à une "hauteur de vue" ; cet entêtement à vouloir bêtement intellectualiser son discours (avec un vocabulaire et des concepts inutilement compliqués), cette tendance à systématiquement vouloir faire preuve d’érudition, d’esprit critique, de nuance, de subtilité.

Dantec se révèle dès lors sous un jour terriblement mièvre, se vautrant dans une sensiblerie intello presque généreuse, voire féminine, bien loin de la rigueur militante, guerrière et courageusement psychorigide que nous pensions pouvoir lui attribuer. Par moments, l’auteur semble bien prendre le parti d’une saine démagogie réactionnaire, d’un populisme rassurant, d’un romantisme juvénile et bourrin à souhait ; mais l’espoir s’éteint très vite, le discours se replie aussitôt sur des considérations complètement absconses. On mesure le fossé qui sépare cette attitude frileuse de notre noble idéal consanguin.

Au final, disons le franchement, c’est vraiment n’importe quoi. Les contradictions s’accumulent jusqu’à l’indigestion, les prises de position ne sont pas claires du tout, et tout cela baigne dans un relativisme culturel outrageusement décadent. Au hasard : le génie occidental se mêle aux sous-cultures exotiques, la tradition judéo-chrétienne est ainsi joyeusement comparé avec le bouddhisme tantrique, le chamanisme ou le soufisme (ollé, roulez jeunesse !) ; les Etats-Unis sont tour à tour décrits comme l’empire du nihilisme puis comme une civilisation en avance sur le reste de l’humanité (faudrait savoir) ; le « dogmatisme de droite » est mis sur le même plan que le « fanatisme de gauche » (encore un truc où il faut réfléchir ?), et de toute façon « les certitudes sont les ennemis de la vérité » (ben faudra quand même se décider le jour de l’Armageddon, parce qu’il vaut mieux avoir des certitudes face à un sarrasin brandissant une Kalachnikov !).

Dans tout cela, aucun slogan fédérateur. Aucun programme politique. Aucun plan d’action. Que de la branlette d’intello. Et qui plus est, les thèmes les plus absurdes sont abordés, on nous parle ici de science et de "connaissance" (?), on nous parle de fractales, de schizophrénie et de séquençage génétique – quand l’urgence est de résister aux bêtes sauvages et de se préparer au choc final des civilisations.

Petite précision : nous ne vous avons cité que quelques uns des passages les plus compréhensibles de ce livre. Car bien entendu, ce pavé ne suit aucune linéarité ; sa structure n’a ni queue ni tête et son "style" est parfaitement déplorable (rien à voir, par exemple, avec le classicisme superbement académique de notre ami le Ftalker, fort de son impeccable maîtrise des alignements sujet-verbe-complément). Tout est surchargé, saturé de mots compliqués, brouillé d’envolées qui se veulent poétiques. Oubliez la plume élégante et le tempérament aristocratique que nous avait révélé le légendaire TOUT VA BIEN, cette œuvre culte, cet indépassable horizon de la littérature contemporaine.

Décidément ce théâtre des aberrations nous dévoile un aspect bien peu reluisant du passé de Maurice Dantec.
Saura-t-on oublier ces errements de jeunesse ?
Le voudra-t-on ?

De profundis morpionibus

Je suis un Renégat. C'est Nabe qui le dit. Et j’en suis drôlement content car j'aime passionnément me faire brocarder, dégrader, morigéner, humilier, calomnier, cracher dessus, prendre des mandales, me faire fouetter les fesses avec une raquette de ping-pong, prendre des autobus dans le fion, me faire ouvrir en deux par dix pursangs, tout ça. C’est moi la grande brêle qui me pique d’opinions littéraires tout en sombrant dans la beaufitude absolue et le hooliganisme primate. Alors comme l’autre m’a craché dessus, j’en profite pour en remettre une couche, on n’est jamais si bien servi que par soi-même. J’existe, merde…

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Consanguinité plurielle

Nous nous devions d’examiner, dans la tempête politique actuelle et suite à l’échéance consultative du 31 mai, les orientations prises par nos frères consanguins face à la question qui leur était posée. Nous nous sommes donc adressés à un éminent sociologue, le professeur Hans Grüber, qui a pour nous analysé les motivations qui furent celles des consanguins lors de ce rendez-vous avec les urnes. Voici ses conclusions, qui nous rappellent que quoi que nous pensions du projet soumis au vote, l’électorat consanguin se démarque par l’audace de ses choix.

NONSK !

« Les consanguins se sont exprimés sur leurs blogs personnels après s’être déplacés dans les isoloirs. Leurs commentaires, antérieurs et ultérieurs au scrutin, ont fait l’objet d’une étude qui éclaire leur choix. Il ne s’agit donc pas ici, je crois utile de le souligner vu les
enthousiasmes fétides et les déficiences mentales de vos lecteurs, de se prononcer sur la valeur du projet constitutionnel ou sur l’opportunité d’un vote négatif, considérations qui ont en toute hypothèse échappé en grande partie à la sagacité des consanguins. Le « Non » consanguin n’est d’ailleurs que minoritaire dans le « Non » exprimé dimanche. On se félicite tout au plus que l’électeur consanguin ait su différencier les deux petits mots des bulletins.

Il s’agit uniquement de cartographier plus ou moins grossièrement l’électorat consanguin, qui semble se réjouir d’une seule voix du résultat du referendum. Tous ou presque ont brandi la flamme du souverainisme, d’une « certaine idée de la France » face au monstre européen, face à "ses promesses de libéralisme effréné et de cosmopolitisme débridé", comme on peut lire chez beaucoup de consanguins. A de rares exceptions près, ils ont fièrement défendu leur ardente conception étriquée, bornée et délétère, du monde en général et de l’Union européenne en particulier.

Tous ou presque ont prôné le repli sur soi, le communautarisme sectaire, le conservatisme moisi, oublieux du texte même qu’il s’agissait d’examiner, captivés par les discours des ténors politiques partisans du « Non » et encore plus fascinés par ceux des partisans du « Oui ». Erigeant le referendum en débat sur leurs habituelles préoccupations nationales, nationalistes, corporatistes, les consanguins ont voté « Non » par réflexe. Pour eux, il fallait sauver la Patrie, comme d’habitude, démarche qui s’inscrit parfaitement dans leur paranoïa permanente de petites merdes sclérosées, hem.

Le consanguin a dit non, comme une grosse brêle rubiconde et gueularde. Mais le consanguin est « multiple ». Peu importait au fond la pertinence réelle des réponses qu’il était possible de faire au projet constitutionnel : le « Non » consanguin n’était pas, de toutes façons, dicté par une réflexion sur le sens et le contenu d’une constitution et l’adéquation du projet à ce qu’elle devait être, mais bien plutôt par leurs ataviques tares intellectuelles, leurs sinistres préjugés de tribalistes flippés, et leurs idéaux faisandés de fumiers réacs. Hem-hem, je reprends.

Ainsi, nous avons pu recenser, entre autres, les comportements suivants. Ils permettent d’établir quelques grandes distinctions, dans lesquelles nous l’espérons vous saurez vous reconnaître. Nous sommes toutefois parfaitement avertis du fait que nombre d’entre vous cumulent les grossiers critères dépeins plus bas,
que nombre d’entre vous se rattachent à plusieurs des catégories que nous segmentons artificiellement. Nous soulignons donc qu’il ne s’agit que d’une grille d’analyse imparfaite, mais scientifiquement établie. Nous sommes certains qu’elle vous conviendra bien assez, puisque la complexité du monde est l’ennemie ancestrale de la consanguinité, et que la vulgarisation suprême est à l’œuvre, au cœur de vos épais méninges depuis déjà bien longtemps, nonobstant les poses lettrées que certains d’entre vous essayent de prendre. Nous simplifions et catégorisons donc, mais ne sommes pas dupes : consanguins vous êtes, consanguins vous resterez, dans la splendide cacophonie de vos phantasmes d’ignares sectaires et communautaristes. Ha-hem - pardon.

Certains consanguins ont bien évidemment voté « Non » puisqu’il s’agissait pour eux de ficher des bâtons dans les roues du processus d’intégration économique et politique à l’œuvre depuis 50 ans, par frilosité nationaliste, naturellement. Il s’agit donc là de l’archétype du Consanguin Nationaliste. Tout ce qui lui semble pouvoir freiner la naissance et le développement d’un ensemble supra-étatique est donc bon à prendre, puisqu’il se cramponne encore comme un pauvre diable à cette idée de protectionnisme bon teint. Certes ce profil balbutie dans quelques cas les mots « europe des nations » histoire de se donner un vague vernis moderne, ou simplement réaliste. Mais sa myopie communautariste reprend vite le dessus. Certains y ont même vu l’occasion de « redorer » un blason nationaliste pourtant complètement bouffé par l’oxydation du temps et la rouille visqueuse et passéïste de leurs solutions de cro-magnons. Chacun en tous cas prétend avoir voté « avec le peuple », chacun s’enorgueillit d'une gifle administrée par ledit peuple à ses « élites qui le représentent si mal », et qui en tous cas représentent si mal les Consanguins, éternels martyrs de la cause, relents boulangistes et flatulences diverses, hem.

L’habituel Consanguin Réactionnaire parle lui du « cadavre français », abandonnant pour l’occasion le terme de « littérature » qui ne dupait de toutes façons personne. Cette tendance agitera pour cela quelques banalités confondantes sur les technocrates européens, la machinerie désincarnée de Bruxelles, le post-modernisme nihiliste et métisseur, « l’esprit » des peuples (quand l’existence du leur propre est déjà tellement sujette à caution), voire la menace d’un totalitarisme rouge, pour les plus drôles. Ils citeront encore De Maistre ou Bernanos qui n’aspiraient qu’à une paix posthume que ces lamentables sursinges n’entendront jamais leur laisser. Hem. Pour le reste, profondément incultes et ignorants des mécanismes juridiques et des enjeux politiques en cause, ils se seront noyés dans leurs habituels commentaires de commentaires de citations fumeuses - quelques bulles à la surface de leur cybermarécage. Les plus pompeux se poseront même en « dandies » refusant un prétendu « diktat de la Commission », bien qu’ils n’entravent pas le moindre aspect de l’organisation institutionnelle européenne.

Les plus largués, les plus criminellement crétins d’entre eux dissimuleront mal une paranoïa pathologique ou même un piquant antisémitisme chronique derrière une énième charge contre les « libéraux », les « banques » et leurs affidés des médias. Passés maîtres dans l’art d’usurper quelques solides constats sur l’aliénation des masses et les simulacres des systèmes de pouvoir, ces Consanguins Paranoïaques y plaquent toujours plus ou moins clairement leurs phobies néandertaliennes. Toute occasion est bonne pour exprimer leurs délirantes psychoses, le référendum n’y faisant pas exception. Cette variété particulièrement caricaturale semble toutefois passablement éclipsée par les deux précédentes, qui se distinguent surtout par une sorte de populisme rétroactif. Un populisme qui trouve également à s’exprimer dans la tendance suivante.

Parmi les plus pittoresques, les Consanguins Rouge-bruns, fans d’ordre public, de grands travaux et d’imagerie maoiste, veulent évidemment lire une victoire du « peuple » sur les « élites bourgeoises », se rêvant probablement en porte-paroles alternatifs d’ailleurs, voire en pop-philosophes, dans les cas les plus iconoclastes. Profondément anti-démocrates sans aller jusqu’à l’anarchisme - trop à gauche - ces consanguins vomissent le système électoral pour se réjouir ensuite du résultat du scrutin, en bonne logique. Certains, pas les plus malins bien entendu, vont jusqu’à estimer que les 55 % des votants « Non » ont pensé exactement comme eux, et nient l’hétérogénéité des motivations électorales pour y plaquer leurs fantasmes d’alternative martiale, ou pour les plus grotesques, de « souverainisme social ». Ces derniers tentent des hybridations politiques iniques et hilarantes, victimes avant tout de leurs habituels préjugés et de leur formidable inculture politique et historique. Ils énoncent que le « Non » exprimé réclame en fait la réédification des frontières politiques et des barrières économiques, par exemple. Anciens « libéro-nationalistes », ils se disent aujourd’hui « socialo-souverainistes », dans une grande valse des appellations incontrôlées qui ramènent toutes en dernière analyse au bon gros nanar de droite. Ils constituent une variété originale de consanguins, dite du « pré-rouge-brun », anti-libéral à double couche, fan hystérique d’ordre et de protectionnisme autarcique, mais désireux de se parer d’un vernis de gauche pour ne pas prendre trop de taquets en soirée, pour éventuellement serrer une louloute, et pour améliorer son propre quotidien souvent fauché grâce aux mannes étatiques. La voie esquissée est consanguine par excellence, l’histoire en témoigne.

Les plus moutonniers, les Consanguins Renfermés, auront voulu exprimer leur petit particularisme propret, en butte à cette terrible « pensée unique » qui les martyrise depuis si longtemps. Puisque tout le monde semblait vouloir dire « Oui », ces consanguins devaient dire « Non », histoire de continuer à exister en tant que négatif stupide de cette époque qui les traîne comme de sales casseroles bosselées. On peut même rencontrer des régionalistes, bien que l’enjeu en ait été particulièrement éloigné. D’autres encore parmi cette frange poussiéreuse voyant dans l’intégration européenne une véritable fin de non-recevoir à leur rêve imbécile de future monarchie française, ont voté « Non » histoire de camper sur leur pathétique tréteau vermoulu. Ces derniers sentent particulièrement fort le renfermé, ça coince d’une force rare, hem.

Les inévitables Consanguins Racialistes, pratiquant l’amalgame le plus parfait, ont essayé de s’opposer à l’entrée en europe d’une Turquie musulmane, faisant pêle-mêle référence à Charlemagne et à Mustapha Kemal, puisqu’ils ne peuvent déjà plus empêcher les européens du sud ou de l’est de venir leur voler leurs emplois, leurs femmes, leurs baladeurs mp3 et leurs places dans la queue à l’ANPE. Il s’agissait pour ceux-là de défendre leur idée des traditions françaises et/ou occidentales, dans leur optique parfois ultra-catholique, et souvent profondément islamophobe, optique maquillée de quelques minables considérations sur les « droits de l’homme », qu’ils conchient le reste du temps mais à la protection desquels ils s’intéressent soudain quand Ankara frappe à la porte de leur pavillon pourri.
En somme, puisque ces consanguins peinent déjà à bouter le sarrazin hors de France, ils tenaient à empêcher ledit sarrazin d’envahir à nouveau l’europe, puisque c’est bien cette invasion chimérique qui les tient éveillés des nuits entières, fiévreux crétins xénophobes et incultes, bigots castrés parlant de « leucophobie » et de « racisme anti-blanc » dès que l’un d’eux prend une claque - voire même avant, ha-hem. Parce que bon, quand même, hein : "on n’a rien contre les arabes, mais qu’ils restent chez eux". Hiérarchies des confessions, hiérarchies des gènes, ces consanguins constituent bien toujours l’arrière-garde pathologique sur laquelle nous pouvons toujours compter lors des grands rendez-vous…

Loin donc la plupart du temps de s’intéresser au texte du traité constitutionnel, à ses avancées et à ses lacunes quelles qu’elles aient été, et quel que soit le choix auquel en définitive celles-ci devaient conduire, les Consanguins ont surtout vu là l’occasion d’exprimer leur éternel « vote contestataire », bien pavlovien et conditionné. Ils « contestent », puisque leurs lamentables opinions réactionnaires sont battues en brèche par les « élites » qui leur ont soumis ce texte. Ils « contestent », puisqu’ils sont traumatisés à vie par leurs divers cauchemars outranciers de « socialisme européen », voire de néo-collectivisme continental, d’invasions barbares, d’ultra-libéralisme matérialiste, j’en passe et des meilleures. Puisque tout dans leur cervelet embrumé, n’est que confusion et préjugés, ils devaient laisser libre cours à cette confusion et à ces préjugés, cela suffirait bien assez. « Oui » ou « Non ».

Les consanguins supportent toutefois très mal d’avoir voté comme les « bolchéviques », les trotskystes et s’accommodent tout aussi mal de la complexité des motivations de leurs concitoyens, puisque rappelons-le les consanguins ont des capacités intellectuelles avoisinant celles d’une enclume ou d’un banc de dorades. Alors ils nient et fantasment, et revendiquent leur « Non » flippé comme le seul vote exprimé. Chacun prône une victoire totale depuis sa niche miteuse. A l’exception notable du stéréotype du Consanguin Impérial. Ici le dilemme était fort : entre un occidentalisme galopant, et une habituelle trouille du changement, les votes allaient être contrastés. Le consanguin impérial peut donc avoir voté « Oui » parce qu’il est de tous temps fasciné par le mythe du Saint Empire, à même de le protéger du reste du monde.

Le voilà qui s’emporte alors contre « l’inconséquence d’un peuple inepte » devant la Très Haute Destinée Impériale que cette variété atypique semblait déceler dans l’indigeste et calamiteux pavé juridico-technique qui était soumis à la ratification. Sorte d’occidentaliste chrétien, chevalier de fête foraine, ou simple nostalgique médiéval, celui-ci peste donc contre l’imbécillité rétrograde de ses propres frères d’armes, consanguins et souverainistes, qui le privent de son rêve d’impérialisme conquérant. Il rejoint par un biais un peu tordu les partisans du « Oui » indignés qu’on leur balance leur copie à la gueule. Bref, l’élitisme de classe a ses poussées de fièvre, et si la Noblesse consanguine est tombée bien bas, quelques pauvres hères à signes ostentatoires tentent encore d’en réanimer le cadavre rempli de vers, provoquant l’ire de leurs coreligionnaires du « Non ». La contradiction outrée n’est pas la moindre des caractéristiques de nos chers consanguins, nos chers handicapés de la plume, nos chers et dramatiques penseurs de latrines. Il faut suivre les lamentables controverses de nos amis sur la notion de « peuple » ou de « représentativité », grosse rigolade garantie.

Populistes visqueux ou élitistes illuminés, monarchistes hydrocéphales ou souverainistes rouge-bruns, nos amis consanguins ont donc voté « Non » de façon contrastée, quoiqu’ils en disent. Consanguins pluriels, ils jubilent et cancannent leur « fierté d’être français », puisque pour une fois les urnes ont parlé comme eux, et se sentent autorisés à confisquer le chiffre du résultat pour le faire rentrer dans leurs propres nasses mentales. Ils prétendent aujourd’hui conférer un écho électoral majoritaire aux impasses intellectuelles qui leur tiennent lieu d’opinions.
Quoi de plus simple : il fallait bien une réponse aussi binaire que « Oui ou Non » pour que des consanguins y trouvent leur compte. Inutile donc de leur demander d’aller réfléchir plus loin, et de trouver des raisons solides de refuser le projet constitutionnel ou d’y adhérer : les consanguins n’affirment haut et fort qu’une seule chose : ils sont la communauté qui flippe, et qui en outre ne dispose pas d’assez de neurones pour réfléchir à autre chose qu’à ses préjugés grumeleux. »

Bien que nous ne souscrivions pas à l’intégralité de l’analyse du professeur, essentiellement parce que nous avons du mal à l’appréhender, nous nous félicitons de la clarté de ses conclusions, qui encore une fois nous en apprennent beaucoup.

Grand vide et petits riens

Entre deux croisades pour le retour aux Vraies Valeurs Nationales, face à l’invasion bolcho-coranique des nihilistes cosmotopli… cosmoplo… cosmopilo… bref des nihilistes métisseurs ; entre deux considérations sur la persécution judiciaire et médiatique dont est victime la Fine Fleur Identitaire lorsqu’elle cherche à user de sa liberté d’expression - et ainsi à dégueuler sa misérable haine de dramatiques sous-merdes crétinoïdes ; entre deux illisibles kouglofs gonorrhéiques et autoréférencés sur Drieu la Rochelle ou Dominique de Roux - dont on feint de vanter le style pour insister plutôt sur les poisseuses idées ; entre deux obèses digressions sur notre bien-aimé Panzerkardinal et nos pitoyables serments d’allégeance à ce que nous appelons un guide « spirituel » malgré le vortex abyssal qui nous sert de boîte cranienne et la nanoscopique huître froide qui nous fait office de cervelle ; entre deux rots ampoulés et fascisants consacrés au réréfendum sur le traité constitutionnel ou la candidature de la Turquie à l’adhésion ; entre deux lamentables vidéos d’un Dantec décidément complètement largué et de plus en plus confus, exposant sa volonté de troubler le cours d’un « Tout le monde en parle » ou d’un « On a tout essayé » dans un élan d’une rare subversion et d’une violence politique sans précédent ; entre deux angoissantes interrogations sur nos virilités de mâles dominants - dues à un mariage homosexuel célébré à plus de 500 km de nos saints fondements ; bref, entre deux éternuements morveux consacrés à nos éternelles préoccupations de réactionnaires consanguins, nous savons bien évidemment nous détendre.



Sur nos blogs nous évoquons nos marottes, nos lubies, nos petites soirées entre amis. Parfois même nous n’hésitons pas à en organiser, au cours desquelles nous ingérons moults alcools et prenons diable cuites dont nous nous gobergeons ensuite en colossaux crétins persuadés que même nos petits gerbis sont nobles. La référence du genre, itinérante et follement généreuse, n’est pas le fait de nos carnétistes, mais de nos plus beaux revuistes, collectif qui rassemble la crème des consanguins rouge-bruns, idiots parlant aux crétins, crustacistes vulgaires et petits provinciaux frustrés tentant éternellement de « conquérir la capitale ». Au cours de ces charmantes sauteries, nous écoutons tout ce qui se fait de plus imbécile et inaudible, singeant le kitsch et les blouses de grand-mère pour nous donner une contenance, prônant l’easy-listening pour masquer notre immense et tragique inculture musicale, passant de l’électroclash parce que ça sonne branché et que ça n’a aucun souffle, et nous déhanchant comme des cons en regrettant que le sexe faible soit décidément si peu représenté en ces occasions.


Au creux de nos intellects répond donc l’indigence de nos sensibilités, à la merde que nous écrivons correspond le cérumen qui nous obstrue les orifices, mais qu’importe, puisque nous sommes ensemble, consanguins et bourrés.
Saint burp !

Inquisitor II



En exclusivité, la présentation du nouveau jeu en réseau dont raffolent tous nos frères carnétistes consanguins, "Inquisitor II" !! Combattez les mécréants, châtiez les impies, éradiquez les envahisseurs, vivez la croisade high-tech pour une France forte. Un gameplay et des graphismes judicieusement revus et corrigés par les studios Familles et Censure, qui fait de ce jeu un excellent moyen de lutter contre le nihilisme contemporain enfoncé de force dans le gosier de nos chères têtes blondes, et la perte des Ancestrales Valeurs Nationales qui en dégouline. Parce que nous sommes tradi et modernes, parce que nous sommes conservateurs et branchés, et parce que nous sommes abrutis et consanguins, nous jouons à "Inquisitor II".


Tempête en Consanguinie - la mare se ride !

Chers amis consanguins, nous sommes en joie ce soir, car une fois de plus notre matamore des mots nous a comblé. Le voici, José Desencio, dit "le Petit d'Espagne", qui nous adresse une spectaculaire diatribe, une correspondance qui se tint entre notre farouche pistolero poussiéreux et le talentueux et très consanguin Jacques de Guillebon, vicomte de la Brêle septentrionale et monarchiste à plume grasse. Un choc de titans, pour la pureté du verbe et la noblesse des mots !

"Voici donc, chers amis consanguins, mes frères de résistage, mes compagnons de souffritude, vous que l’on dépeint comme de mesquins, obscurs et acéphales bovidés, comme de lamentables culs-bénis fascisants ou de grotesques et visquasses phocomèles poisseux, voici donc chers amis la lettre insultante, pompeuse, creuse et, comme je m'en suis moqué, ridiculement johannique, que je reçus hier de la part de l’un des nôtres pourtant, l’un des nobles consanguins qui défendent le fier liquide bleu, bleu-roy oserais-je dire, qui coule dans nos veines, lettre que je reçus donc de Jacques de Guillebon, fondateur de l’abominante et flamboyable revue « Toud’suite », contributeur avec votre aimé stallekère du très visqueux « Journal de la biture », et maître d'ouvrage d'un récent rot tapuscrit dégoulinant de virile Réaction monarchiste et d’aristocrate ostracisme mongolien, « Je suis l’enfant d’un sconce et d'une gouttière », dont je critiquais fort anodinement la forme et l'agencement il y a peu. 

Apparemment, il y a eu offense mais j’ai bien dû relire plusieurs fois avant de bien m'assurer que j'étais insulté, puisque mon fantastique ego ne me fait généralement percevoir que les lauriers putrescents et fantasmagoriques que je me tresse indéfiniment moi-même depuis que je suis en âge d’aligner plus de deux mots sur une feuille... et rester sourd aux tsunamiesques vagues de rires que - paraît-il - mon formidable Style déclencherait sur son passage - jalouses allégations que tout ceci.

Relisant la fulminante excommunication émanant de mon consanguin Guillebon, je me suis donc rendu chiffre que je suis un lâchon, un traîtreux, un mauvais chrétien, c'est-à-dire un soudardot ayant brûlé la prioritale à ce jeune royaliste qui s'est mis en tête devant la sainte Curie jadis purgée de sa folie d' inconstance par le terrifable et redoutiant bûcher, à savoir pour finir, que, itou (comme disent les vieux manuels d'inquisition que ce prude n'a jamais lus), passé où ce gloriscible Torquemada n'avait pas encore décidé de me rendre euh… je… la filiatude excommunifoliante entre lui et moi étant, je… enfin, tout ça pour dire que je suis un hérétique basque et chrétien, quoi.

« Cher José Desencio,

Vous n’êtes, manant, qu’un traître à la cause, car tel un orque des montagnes il grouille, il pullule, il fourmille, il vermine, il frappe traîtreusement à gauche et à droite, au plus près, là où l’on ne l’avait pas vu venir, c’est une mère qui torture son enfant, c’est un fils qui déshonore son père, c’est Caïn sur Abel, c’est Adam crachant à la face de Dieu, il frappe dans le dos et prend dans l’arrière, le traître à son sang. Vous, José Desensio, éternel glossateur bouclé sur vous-même, grand consanguin devant le Très Haut, m’avez conspué. Vous avez raillé mon livre, mon aristocrate production, alors que fort gratuitement je vous proposais de coucher dans cette production collective, dans mon propre gruau consanguin, dans mon propre torchon traditionaliste, dans ce monticule d’excréments divers, d’admirations faisandées et d’éjaculations aussi précoces que faiblardes, je vous proposais d’y mêler les fangeuses traces de frein et les horribles éraflures stylistiques que vous couchez sur votre propre blogue jour après jour, après jour, après jour. Mais hélas cher José, avez-vous préféré renier vos sympathies et moquer mon projet, pas même en face, encore de biais. Et plus encore, vous avez fait des fautes d’orthographe, vous vous curez le nez au feu rouge, vous avez mauvaise haleine, un gros cul et des boutons blancs dans les cheveux, et je n’aime pas vos chemises. Alors méfiez-vous, José Desensio : Quis ut Deus ? »

C’est alors que d’une tonitruante missive, d’une flamboyante réplique, le Stallekère, votre maître à écrire, votre outre à références, frères consanguins, c’est alors que d’une virulente encyclique, d’un orageux email, c’est alors que d’un colossal pet de musaraigne, je clouai le jeune Guillebon de ma godriolante et pachycraquelée prose, je le clouai sur place et le souffletai avec panachitude :

« Cher Jacques, 

Ne montez donc pas sur vos grands pursangs, à vrai dire de drôles de coursiers, parangons de l’ère noblissime et flamboyante, d'une plus drôle apocalypse encore vous voilà saisi, celle de la jalousie devant ma prose torréfiée et mon style soluble, parce que j’écris mieux que vous, mon cher Jacques, nananère. Dernier point : je suis tout prêt à publier sur mon propre blog, voyez ma lâcheté, puisque je vais pouvoir m’en masturber, la réponse qui sera la vôtre à ma critique, puis je publierai votre réponse à ma réponse à votre critique, puis ma réponse à votre réponse à ma réponse à votre critique, tout ça ad nauseam bien sûr, nous assurant une bonne publicité à vous comme à moi, puisqu’au fond, en bons cloportes brunâtres et jaunis, en misérables crétins autosatisfaits, nous n’aspirons rien tant qu’à la notoriété, malgré nos poses de vilains et nos costumes de lettrés. Et d’ailleurs c’est même pas vrai, que j’ai fait des fautes, t’es rien qu’un menteur, c’était une figure de style que j’avais lu chez Bernanos, ou chez Gomez Dalidà je sais plus, je fais pas de fautes, t’es carrément un p’tit menteur et tu me fais même pas peur, p’tit puceau, va te torcher avec ton torchon torcheculatif, sachez cher Jacques le stallekère n'a point besoin de "Toud'suite" pour faire tonner sa voix sépulcrale dans les ténèbres contemporaines. »

A cette monstrueuse charge vocihurlante, à cette magistrique claque administrée sur son nez d’ânon, voici ce que le freluquet me répondit, dans les deux heures qui suivirent. Il va sans dire que je la reproduis à votre attention, frères consanguins, in extenso, sans rien n’avoir corrituré des pauvres fautes de grammaire que l’impudolent minet y laisse fort benoîtement.

« Cher José, 


Si ! Tu fais des fautes, mauvais catholique, faux prophète du logos, p’tite salope à syphilis, je t’encule avec le gravier de la cour du château, je t’embroche avec la fourche du palfrenier patelin qui déambule chemin-faisant le long du corps de ferme, mécréant petit enfant d’salope, va niquer tes morts fils de clébard galeux, basque de mes deux, faux noble, t’écris comme une fiotte asséchée, nom de Dieu Très Saint Père j’en blasphème ! Je t’enfile pour des siècles des siècles, au nom de ta mère amen ! Je vous encule pauvre José - mais au fait me livrerez-vous finalement une contribution à mon ouvrage collectif, nous sommes quand même déjà en mai, et nous sommes si peu de consanguins à prétentions écrites que nous devons bon an mal an nous sucer les uns les autres sous peine de disparaître - et n’est-ce pas là notre nature de consanguins, cher José ? (enculé) »

Ce à quoi je lui répondai du tac au tac, de ma divine voix illuminée dans la nuit, de ma calamitreuse écriture bancale et chiasseuse, de mon solitaire lombric verbeux, de ma gluante logorrhée mégalomane, soumettant mon interlocuteur, défaisant mon contempteur :

« Cher Jacques, 

Allez adoncques vous faire abniquer le cul, jeune abscons, je fais moins de fautes que vous, je suis le Stallekère, je suis carrément un mec qui faut pas chercher, parce que j’écris vachement des trucs qui font frémir, tu vois, je suis un killer, genre un rebelle de la littérature, je marche dans les rues le soir, moi, j’suis un sombre marcheur, mate mate, un pursang christique, "stallekère l'obscur", t'vois, un étalon châtré, j’suis méééchant moi putain, t’sais même pas à qui tu parles, comment t’es ouf toi… Je vous grôchie, je vous trégerbe, je vous ponquisse, je vous ablature et vous enluminisque, pauvre petite greneille abajourée et pirulescente, incapable de m’arriver à la chevillette, espèce de laiderat miriputride, terrassé par mon Grand Style, les aisances montage impotent qu’à travers les fils nous suivons le cours sans flancharer jamais jamais fort moi moi qui ne suis, euh… ne suis sans cesse, partant… euh... C’est dit ! (Par contre très cher Jacques, je puis vous livrer quelques articles bien sentis pour votre chère revue « Toud’suite », si vous voulez.) »

Ah ! Comme je l’ai remis à sa place !! Je lui ai décoché de ces traits ! Je vous laisse juge de la virulorce et de la finition de cette tonitruante disputatio, cette tempêtesque controverse qui secoua nos âmes, nos coeurs et nos doigts, en une communion dans le combat et l'affrontement des forces du Mal a pris qui sait croyait pendre à l'ouest - ah, excusez-moi je crois que ma chaude-pisse me reprend. Je vous laisse amis consanguins, rendez-vous dans la Zone, la Zone où clopine le stallekère.

José Desensio, dit « le stallekère », malingre tenancier de la Zone (trash clubbing for rude boys) reconnaissable à son air furibond et inspiré, et Jacques de Guillebon, dit "le Petit Capétien", fondateur de "Toud'suite", la Revue des p'tits Monarchos Trépignants, que l'on reconnaît à ses longues et nobles boucles et à son maintien éminemment chevaleresque.


Un réjouissant échange entre deux de nos ténors, puisque l'un comme l'autre pataugeant dans ce que leurs détracteurs appellent avec malice une minable médiocrité criarde, Jacques comme José n'ont bien sûr pas d'autre alternative, pas d'autre choix, en nobles et parfaits consanguins, que de se renifler réciproquement le sphincter, de se gratter collectivement les croûtes, et de se lécher mutuellement le cul, en piaillant aussi fort que possible autour de leur micro-querelle de nains aphones. Saluons donc comme il se doit ces deux monstres sacrés de la consanguinité.

On se calme et on boit frais dans la Zone

Heureuse surprise, une pléthore de courriers orne notre boîte aux lettres depuis l'Ascension. Parmi vos nombreux encouragements, nous avons sélectionné (rude tâche !) un extrait choisi, quintessence de votre noble prose consanguine. Chantre du polemos, prophète du logos, matamore de la langue françoise, potentiel sauveur d'une culture en détresse, infatigable chieur de kougloffs, fier cavaliero de mon cul, il est de toutes les joutes verbales : en exclusivité pour Vous, frères consanguins, José Desensio dit Le Stallekère nous honore de son étourdissante logorrhée catarrhale.

"Je n’aurai pas l’outrecuidance ridiculissiste - non je n'aurai pas l'outrecuidance ! - de prétendre que ma pensée est originalesque (vous non plus ça tombe bien), n’ayant rien de ces professeurs de philosophie qui tutoient Nietzsche, Kierkegaard ou Heidegger en faisant montrasse d’une dégoûsquante familiaritège à l’égard de ce tout-autre qui les dépasse de mille, de cent milles, de trois cent milles, d'un million, d'un milliard de coudées. Certes, un jour Céline dans un bouleversant élan de flamboyante générosité, celle-là même que l'on ne rencontre que dans les faubourgs populaires de notre enfance, poumons ardents de l'authenticité perdue, Céline disais-je avant de m'interrompre moi-même - ah Céline ! - Céline donc m'a envoyé des fleurs, un très joli bouquet avec un mot adorable - attention citationnage et même grosse exclu : "Juan, merci.". C'est dit !

Adoncques, je n'aurai pas la présomption de clamer que ma pensée déchire votre mère - ou la mienne - mais l'idée est là elle a le mérite d'exister, nous pourrons toujours en reparler, ma mère ou la vôtre, il serait bon à ce sujet de consulter De Maistre, notre maître à tous (maître > De Maistre : joliiii !!!), notre vrai pâpe des zarts zé délettres - mais ce mot a-t-il encore un sens en ces supérieures contrées de la pensée. Ah : la pensée. La mienne. Une pensée justement ; non pas un résumaire, ni même un abstractus, aussi "savant" fût-il, voire génialiste (ce que la vôtre n’est assurément pas et ne sera jamais !), mais une pensée indissociable d’une vie marquadée par l’épreuve, marquadée au fer bleu de ce qu’exigeait de sacrifices quasi-sacerdotaux, de renoncements, de pertes blanches, de douleurs abdominales et de solitudesse immense, le "Chemin" entraperçavu et, une fois chois, inébranlablement pourcoursé jusqu’au péril extrêmistal de la folitude ou de l’échequation. Non, je n’ai rien d’un penseur puisque tout ce que j’écrivaillonne, y compris mes livres, ressort en dernière analyse au genre du fragment, du substrat, de la sécretion collante, de la super-fiche de lecture, de la longue miction, du défèquage en règle, de l'excrémentaire gargouillis informe, du recopillage sans force, de l'éructation glaireuse, de la ponte nauséabonde et monolithique, du tartinage littéro-inepte et prétentieux, du coulis sphinctereux autocontemplatif, de la dégoûtante usurpation puantride, de l'escroquerie intellectuelle, de l'empilage grotesque d'interminablissimes phrases pompeuses, bancales et engrossées d'elles-mêmes, de la provocation pour impotents et illettrés, de la farce indigeste et de la trahison linguistique, de la mutilation syntaxique, de la voie-de-fait grammaticale, du carambolage stylistique, de l'éboulis verbeux, du perpétuel viandage logorrhréeux, bref de l'épouvantable bavardage autofellatoire, brillamment illustré par quelques modèles régulièrement trahis, ! pervertis et rabaissés comme Bernanos, Steiner, Boutang ou, bien sûr, Dantec. C'est dit !

Pourtant, QUITTE A DEPLAIRE, je dois affirmer que j’ai un style et que, bon an mal an, celui-ci doit bien tenter d’évoquer "quelque chose" de ma pensée, de ses contradictions, de ses errances, de ses circonvolutions maladives, de ses méandres visqueux, de ses impasses par centaines, de ses sous-bassements miasmeux, et, parfois mais bien rarement, de la
lumière interlopette, conquise en "somme" à contre-nuit, contre-jour, contre-temps, contre-fort, parce que le principal c'est d'être contre, qui accueille le marchationneur exténurite au sortir d’une forêt. Attention citationnage : car comme le suggérait Rebatet - mais n'y était-il pas entièrement prédisposé je me le demande parfois le soir au coin, au petit coin pour être précis - Rebatet, donc, oui Rebatet deux points qui ne font qu'un : "Le débat pourrait se prolonger éternellement dans les méandres de nos pensées harassées, mais dans le fond, mon petit Juan, je m'en branle de tes conneries. Sans rancune." La clairière ne marque rien de plus qu’une halte temporale car, de nouveau, nous devons pénétroler dans le haut massif de bois sombres qui se tient devant nous et avale, avale salope avale, la douceur de cette lumière qui n’aura donc été, comme le savait Giraudoux, lueur frôlant les sables mouvables plutôt que le seuil véritant, que l’entre-deux pompeur, l’orangeraie, le verger qu’évoque Gadenne, où l’on peut se retiendre afin de puiser de nouvelles atrabulesques forçasses ou, au contraire, s’endormure, croyant que nous sommes parviendus au bout de l’effort.

Or, non ! Celui-ci reste à accomplir, comme le Chemin d’ailleurs qui mobilise ses plus secrètes ressources, comme le répète inlassablement Gomez Dalidà, le Grand Réactionnaire Authentique. J’oubliais : no hay caminos, hay que caminar, no hay marijuana que fumar… C'est dit ! C’est une évidence, de même que celle consistant à affirmer que mon esprit répugne à l’esprit de synthèse, (ben tu m'étonnes !) systématique autant que systémique, c'est la tactique du gendarme, de clarté point, de concision nenni, et ce depuis mes années de si proche et laborieuse scolarité, comme le constata d’ailleurs bien vite mon professeur de philosophie de khââgne, qui jamais ne me crut bon penseur, et il n’avait pas tort de le croire, bien sûr, si l’acte de pensée signifiait, d’abord et quoi qu’on en dise, le fait de pondre dans les temps une jolie petite copisse lisible à la mécanique si bien huilée qu’en quatre pages doubles quadrillées, la marge à gauche - et j'écris comme une pelle-à-tarte - elle se vantait de pouvoir apporter une solution au mystère, pardon, au problème philosophique du Mal... Ce que j'essaie moi-même de faire, tel un furibond Fauve Christique, gros bourrin s'autosuçant indéfiniment malgré les courbatures que toutes mes contorsions mentales impliquent, distillant mes nauséabonds préjugés au détour de lénifiants commentaires de texte livrés au quintal, émettant mes interminables rôts staturo-pondéraux de petit paon boiteux, crachant fièrement ma soupe à la face du nihilisme de nos TEMPS OBSCURS ET FINISSANTS, crachant mon Sublime pus blénorragique
contre cette EPOQUE D'INSOLENTE ET IDOLÂTRE CORRUPTION DU VERBE, étalant sur mon blog mes écoulements purulents chroniques - mais si terrriblement aristocratiques n'est-il pas ?, y consignant mes écroulements sycotiques à la lumière d'une unique bougie sacerdotale, vilipendant sans relâche la parole dévoyée, comme nous l'enseignent Kraus, Klemperer ou encore Robin. C'est dit ! Je vâucifère, je tonne, Moi, je kilotonne, mélangeant inextricablement la grandeur et ma bassesse, l'eschatologie et ma scatologie, la lumière et ma boue, la vérité et mon mensonge, moi, moi, avilissant écrits, genres littéraires et auteurs, les mettant plus bas que terre pour me hisser à leur niveau, mon Dieu délivrez-moi j'en chie comme c'est pas permis... Le problème de la France c'est qu'elle disparaît, on sait plus où on l'a mise, raaah salope de décadence, non vous n'êtes pas d'accord ? ah vous êtes plus là ? allo ? MAMAN ? MAIS QU'EST-CE-QUE TU FAIS LÀ ??! Bon... d'accord... allez, juste une pipe, mais c'est tout hein, j'ai encore du travail ce soir je dois sauver le Verbe."

"Le bébé medorrhinum présente une forte propension aux gastro-entérites avec le bon vieux point d'appel : l’érythème fessier." (Vidal du Citationniste Collant, p. 542, les infections gastriques et logostomacales).

Les mots ça fait des phrases

Vous réclamiez son retour avec insistance, vous voilà servis, bande de petits veinards ! De retour d'un séminaire en Colombie, le Professeur Enfoiros nous gratifie cette semaine d'un texte fascinant sur l'écriture chez les réacs. Cet essai d'une rare acuité d'analyse nous a purement et simplement bluffés ! Et comme toujours, nous y apprenons beaucoup sur nous-mêmes.
La parole est à la science.

Lorsqu'un jeune réac prend son envol, délaissant les jupons de sa maman pour se confronter aux dures réalités d'un univers bête et hostile, il n'a qu'une idée en tête : écrire. D'ores et déjà conscient d'être un looser sur le plan professionnel et sexuel, il se croit en revanche prédestiné au succès littéraire. Mille fois plus efficace qu'un flacon de Biactol, la graphomanie fera de lui un homme, peut-être même une star, voire un agitateur clownesque de plateau-télé. On sait pas trop pourquoi, mais bon c'est comme ça, c'est écrit. Et en général, c'est à ce moment critique que les choses se corsent. Et c'est aussi là qu'on commence à rigoler, vous allez voir.

L'approche « réac » de la littérature se décompose systématiquement en deux temps.

Acte 1 : je suis jeune et déjà un peu benêt, il me manque juste un corpus de références.

Dans un effort surhumain pour découvrir des plumes prestigieuses, de préférence réputées pour leur caractère « sulfureux ». A ce stade, l'essentiel est de ne retenir de ces auteurs qu'une lecture parfaitement superficielle et si possible radicalement à côté de la plaque.

L'exploration du patrimoine littéraire et philosophique doit en effet impérativement exclure la moindre finesse, la moindre subtilité d’analyse, pour laisser place à des clichés spectaculaires, riches en matière grasse, faciles à exploiter et immédiatement opérationnels (au hasard : Nietzsche promoteur d’un übermensch viril tout droit sorti d’un comics amerloque ; Jünger auquel on capte rien mais dont le concept d’« anarque » a l’air super cool ; Nabokov, parfait pour choquer le bourgeois parce que pédophile ; Céline, tellement iconoclaste parce qu’il introduit le langage ordurier en littérature, et tellement excitant pour ses audacieuses sorties de route antisémites ; Bloy et Bernanos, indispensables pour la petite touche mystique ; Debord, parce que les médias nous mentent et que même ma petite sœur en a entendu parler ; Baudrillard, trés pratique parce que ses titres sont limpides et qu’on pense ne pas avoir besoin de le lire ; K. Dick ou Ellis, pour avoir l’air contemporain et parce qu’on peut pas ignorer les effets de mode ; Sloterdijk parce qu’on a entendu dire qu’il est nietzschéen, « pour le clonage », et peut-être même facho et pédophile ; Dantec ou ce qu’il en reste, parce que depuis janvier 2004 son discours est enfin intéressant, accessible, clair et porteur de sens ; etc.).

Résultat : un catalogue parfaitement standardisé, un fichier de cautions littéraires usurpées et de gadgets métaphysiques laborieusement fantasmés, un pathétique name-dropping réutilisable à toutes les sauces par n’importe quel wannabe-réac. De fait, ce dernier s’empresse de le mémoriser tel quel et d'en faire son bréviaire. Dans une ferveur quasi religieuse il se réapproprie sans complexe la pensée de ses « ancêtres », ou plutôt ce qu’il croit en avoir compris. Il la chérit jalousement, la vénère d’un amour possessif, se promettant de n’en jamais trahir une ligne (papa est là , mais pas question de lui faire de l’ombre).

Evidemment notre bon gros con de réac ne s’arrête pas en si bon chemin. Il lui faut maintenant écrire, gribouiller ces fameux textes qui un jour lui vaudront amour gloire et branlette.

Acte 2 : j’étale ma purée référentielle.


Là, si vous n’avez encore jamais lu la prose d’un nanar de droite, d’un facho branché ou de quelque autre déchet transgénique du web, je vous conseille chaudement d’aller butiner au gré des liens de nos amis consanguins. Entre nous, il y a de quoi se taper une bonne tranche de rigolade.

Le processus à l’œuvre est d’une simplicité déconcertante : tuer dans l’œuf toute forme de créativité et se contenter d’imiter, de recycler, de reproduire, d’instrumentaliser encore et toujours des formes originales jusqu’à leur épuisement définitif, tout en les altérant jusqu’à l’extrême caricature. Le principe est valable dans tous les registres, adaptables à toutes les influences littéraires.

Les uns lanceront une OPA sur Ellis ou Houellebecq, prétexte idéal à une posture de faf cool et décomplexé, alibi parfait pour infiltrer les partouzes sans sexe de la hype parisienne, et répèteront à l’infini les même poncifs tout en prenant soin de les appauvrir toujours plus. Les autres tourneront indéfiniment en boucle sur Steiner, Bloy ou Bernanos, croyant les transfigurer, les révéler sous un jour flamboyant et provocateur, alors même qu’ils les noient dans un tourbillon de médiocrité, d’aigreur et de sécheresse d’esprit. Et les plus comiques s’illustreront héroïquement dans un registre techno-mystico-militariste, sur les traces d’un Dantec qu’ils ont récemment découvert grâce au Nouvel Obs. L’art de la caricature atteindra ici des sommets surréels,, en compétition avec un modèle littéraire lui-même en pleine dégénérescence, dans un gloubi-boulga de « zones de combats métalocales », où les snipers de la littérature de 3e type côtoient les maîtres espions de la subculture cyber-apocalyptique, où les terroristes métacognitifs croisent le fer avec des braqueurs du verbe et des putschistes métaphysiques, tout ça sous le feu nourri des aphorismes techno-critiques et des rafales de munitions neuronales à effet dirigé. Attention aux dégâts collatéraux, les éclats de rire donnent des crampes. L’exemple post-dantequien est édifiant, tour à tour consternant, grotesque et d’une drôlerie incroyable ; démonstration éloquente de ce que peut engendrer la réanimation d’un cadavre encore tiède.

Dans tous les cas de figure, quel que soit le registre choisi, on n’oubliera pas d’ajouter à ce salmigondis sous-littéraire ses ingrédients personnels, aussi banals qu’incontournables : les habituelles lamentations sur le déclin des valeurs aristocratiques et la perte de l’Authenticité, la classique et interminable série de lieux communs sur les trucs qui « étaient mieux avant », bref une bonne dose de philosophie de comptoir bien nauséabonde, en alternant entre l’orientation franchouillarde (savamment relevée d’une pointe de racisme ordinaire) et le puant dogmatisme rouge-brun (toujours très à la mode chez les plumitifs en quête de sensations fortes). Au final, une bonne odeur de moisi. Pas de doute : chez le réac de base, les mots ça fait des phrases. Jusqu’à l’indigestion. Et dans le fond, peu importe s’il en résulte une stérilisation totale de la pensée et du style ; même dans l’hypothèse improbable d’une publication, le phénomène passera inaperçu, restera figé à l’état d’anecdote inoffensive, se diluera instantanément dans un milieu éditorial qui en a vu d’autres.

Une trace blanche – putain de piano

L'Association des Biographes Inutiles Passant des Années à Ecrire sur les Cons, nous adresse le texte qui suit, consacré à l'un de nos plus brillants consanguins. On y voit s'exprimer toute la vindicte des libertaires et autres anarchistes, qui veulent manifestement évider notre fière patrie de son noble sang et exciser son corps vibrant de ses plus glorieuses excroissances. Affligeant.


Hypig

"Au commencement, Chicboy était probablement déjà un petit mollusque médiocre, foncièrement banal et laid, dénué en tous cas de toute forme de charisme. Mais Chicboy s'estimait précisément, pour ces raisons pourtant sans rapport, asservi aux « conventions » de la France contemporaine. Chimère absurde ? Oui, mais à l'aigreur qui se concentrait déjà dans son petit cervelet asphyxié, il fallait bien donner une soupape de sécurité : le salut vint donc de l'ultra-conventionnelle pose du « Martyr Anti-conformiste à Traditions Intégrées ». Obscur petit être s'imaginant avoir des « pensées », un ressenti et des actes, Chicboy était en fait un prototype de sursinge imbécile fonctionnant à l'affect animal et au ressenti pavlovien, l'archétype de l'éternelle « victime », imputant toutes ses tares personnelles à un hypothétique environnement humain accusé de l'avoir « modelé », « façonné » et « asservi ». « Asservi », Chicboy l'était par ce qu'On avait décrété être la « limite de ses droits et ses devoirs », dans cet univers pollué par toutes sortes d'idéologies qui constituaient un poison étudié pour anéantir ses nombreuses formes de beauté. Chicboy était donc par définition persécuté, baillonné, poursuivi, « en butte ». Romantisme du rebelle en balsa, allégorie du résistant en carton.

Il s'agissait bien là de la classique logique conspirationniste, toujours à l'oeuvre dans le petit cervelet asphyxié de ce type d'enfiévrés grotesques. Parce que dans son petit crâne de mésange ébahie, les maîtres-mots de ceux qui le maintenaient dans la frustration et la réclusion étaient « l'équilibre, la paix, l'uniformité ». Pas besoin d'en dire plus, il suffisait bien assez, pour Chicboy, de s'affirmer comme persécuté par ces vagues concepts répétés ad nauséam dans les quelques livres parcourus après sa branlette du soir ou entendus dans quelque émission télé pour babouins. « La paix et l'uniformité », antiennes creuses à l'usage des rustres et des consanguins, monstres en papier agités devant des bougies pour symboliser la complexité du monde et l'effort d'hominisation qui du fond des âges ont toujours fini par laminer les étriqués chicboys. Passons. « La paix et l'uniformité », malgré le ridicule et le non-sens de ces deux épouvantails stupide, Chicboy au fond savait que ça n'était pas avec cela qu'on sauverait le monde. Parce que Chicboy voulait sauver le monde, figurez-vous. Et bien entendu, puisque le monde n'aimait pas Chicboy. Puisque le monde n'était pas Chicboy.

Qu'était alors Chicboy ?

Chicboy aimait l'ivresse, celle du picon bière et de la suze-tomate comme celle de n'importe quelle roteuse à bas prix ; il aimait le « pulse urbain », cette sorte de fiction à l'usage de tous les veaux wannabe s'écoulant le long des caniveaux ; il prétendait apprécier tout ce qui constituait à ses yeux de chèvre inculte des « voies parallèles », voies jamais analysées mais entérinées par contradiction de principe ; Chicboy tenait aussi à la vie. Il croyait bien entendu en Dieu et en diverses sortes de manifestations divines, il croyait que des « spectres » venu du fond des âges nous observaient et nous jugeaient, il croyait que les gens étaient entourés d'une « aura » : Chicboy effectuait là ses premier pas vers les hiérarchisations nauséabondes et les fantasmagories d'illuminés religio-fascistes. L'histoire regorge en effet d'exemples lamentables ou criminels de cette spirale archi-classique, celle d'un mysticisme soldé en prélude au racisme le plus échevelé. L'occultisme et le fantasme des runes ont toujours été détournées par les plus basses âmes prétendant vouloir échapper au matérialisme, pour donner ensuite une coloration mystique à leurs préjugés immondes et bornés.

Puisque la réalité ne faisait que lui renvoyer au visage sa pauvre condition de sale merde impotente, autant donc que Chicboy commence à parler d'amis imaginaires, d'auras divines et de psychés surnaturelles, de « spectres » dictant à son petit cervelet asphyxié sa paranoïa extrémiste. Chicboy prit acte de la nouvelle étape dans laquelle l'humanité était entrée : le Pourrissement par les Extrêmes. Il s'y vautra par conséquent avec zèle et délectation. La Réaction serait son sein nourricier.

Poussant le contre-sens à son paroxysme, Chicboy écrivait sans rire : « le monde serait alors spirituel, mais pas de cette spiritualité faite de méditation et de prières, enfin, pas que de cela, mais aussi de cette spiritualité archaïque où les Dieux se combattent, engrossent les humaines, s'anéantissent par leurs passions et illusions ». Parce qu'il est enfantin pour le premier handicapé mental venu de se réfugier derrière de grands mythes et de jolies illustrations pour fuir la complexité du monde et rechercher un réenchantement dont sa condition de sursinge imbécile et terre-à-terre le prive pourtant définitivement, quoiqu'il fasse. Des prétextes, des fantasmes et des excuses, voilà tout ce qui lui fallait, après tout. Si Chicboy avait compris une chose, une seule chose, c'est qu'il vivait dans un monde d'apparences. Sa vie serait donc faite d'apparences et d'alibis. Une grille de lecture tordue, des oeillères en forme de jumelles, un dogme en guise d'esprit critique. Rien de plus : un vernis comportemental, un embryon de discours, deux références païennes et la glorification de l'état de nature, glorification de laquelle il serait si facile ensuite de glisser vers la promotion de la sauvagerie.

Chictype croyait évidemment au Complot. Le Complot bicentenaire de « l'idéologie des droits de l'homme », par exemple, accusée de l'asservir aujourd'hui (après avoir pourtant contribué à bâtir un monde dans lequel ses fantasmes poisseux ne le conduisent pas immédiatement au cachot sous les rires, les quolibets et les pieds au cul).

C'est que Chicboy n'avait aucune culture, voyez-vous : il se contentait de fustiger « les droits de l'homme », autre antienne trés pratique à l'usage des ségrégationnistes persécutés en tous genres, qui les conçoivent comme un synonyme du « politiquement correct » ou du « libéralisme », tordant les concepts, mélangeant droits de l'homme et droit-de-l'hommisme », confondant le principe et la caricature, se bornant seulement à la version light et pavlovienne des droits humains tartinée dans les médias pour asseoir leur pitoyable complainte de martyrs usurpés. Ces médias, dont Chicboy est l'éternel esclave, ces médias qui constituent sa seule grille d'analyse, son unique référent. « Mort aux droits de l'homme ! ». Il était tellement plus facile pour lui, qui ne l'avait pas connue et qui la concevait au travers d'un ridicule prisme disneyien, de glorifier une époque de chevalerie et de dévotion religieuse.

Le parfait réactionnaire ignare, usurpant des constats sur la déliquescence de l'occident pour y plaquer ses pauvres lubies de sale crevure passéïste et frileuse. Rien de plus simple pour qui vit dans un film. Pour donner le change, Chicboy avait donc tendance à donner à ses fantasmes une coloration « world », saluant la « sagesse asiatique », le « savoir-vivre africain », alignant ses clichés et ses stéréotypes grotesques et condescendants de prétentieuse merde martyr. Il empilait ses caricatures de demeuré occidental en visite dans le « village mondial », le snapshot autour du coup et un mafé dans l'estomac, croyant dissimuler ainsi sa nature de ségrégationniste invétéré derrière deux ou trois considérations sur l'exotisme et l'open-mind. On est fun-fasciste ou on ne l'est pas. Car pour Chicboy, l'exotisme est d'autant plus appréciable qu'il reste lointain et ne parvient à pénétrer son quotidien que sous la forme de documentaires-télé ou de tour-operators pittoresques. L'exotisme n'a de mérite que s'il est sous plastique, et s'il lui confère un alibi progressiste, un apparat détendu du gland, et un peu de déco pour le salon en prime. Car la Très Sainte Simplification du Monde est sans cesse à l'oeuvre dans le petit cervelet asphyxié de Chicboy.

Il n'est jamais question que de savoir quelle « apparence » telle ou telle affirmation sera susceptible de lui conférer, après tout... Alors, une fois gérée la question de l'ouverture au monde, éludée par un discours crétin et parfaitement hypocrite sur les « richesses de l'Autre » quand l'Autre est situé à 10 000 km minimum, Chicboy savait toutefois toujours en revenir à l'essentiel : le repli identitaire. Les masques africains d'accord, mais le vigile RATP noir, quel salaud. Parce qu'avant d'être cool, Chicboy était blanc. Le repli communautaire serait son hâvre, maquillé en prétendue « protection des siens ». Puisque le monde était chaotique, mieux valait donc le fantasmer en petit comité plutôt que d'y vivre réellement, et surtout mieux valait se recroqueviller sur quelques lamentables caractéristiques de chapelle plutôt que d'affronter ses limites. Raisonner en tribu, quoi de plus conforme à ses rêves de paganisme chrétien ? Et quoi de plus facile pour ensuite évoluer en troupeau serré ?

Chicboy chercha à déblayer ce qui faisait son identité en se débarrassant de toutes sortes de pensées parasites dont la principale était faite de trois ou quatre pauvres considérations sur l'amour, celui que de tout temps la gente féminine lui avait refusé, à part peut-être quelque dégénérée consanguine d'acabit voisin. Chicboy décida tout simplement que nonobstant l'absolue crétinerie scientifique, l'absolu anachronisme historique, l'absolu contre-sens humain dont relevaient ses fantasmes, ce qu'il y avait à l'intérieur de son petit cervelet asphyxié était respectable, légitime, et que personne ne pouvait affirmer le contraire. La logique du complot toujours à l'oeuvre. Il trouva un grand réconfort à se dire qu'il n'avait pas forcément à être ni « bien », ni « intelligent », ni « humaniste », et que ce n'était pas fait pour plaire. La seule forme d'affirmation de soi qu'il trouva, compte tenu de ses tares par légions, c'était donc à l'inverse de se savoir honni, méprisé ou détesté. Au réflexe conformiste il opposait crânement le réflexe anti-conformiste, ajoutant donc la Saloperie à l'Instinct grégaire. Peu importe : tout, plutôt que le néant et l'anonymat auxquels le condamnaient sa médiocrité humaine et son indigence intellectuelle.

Ainsi, Chictype disait ne plus avoir à « s'adapter aux diktats des femmes pour avoir du sexe », puisque là aussi ce pauvre brêlon subissait un « diktat ». Pas besoin de chercher à attirer la sympathie pour avoir des amis, puisque là encore il était victime d'un mépris collectif organisé à son encontre. Pas besoin de se conformer à une pensée dominante pour avoir sa place dans la société, puisque sa place serait précisément définie par une opposition formelle à des pensées que lui-même définirait comme « dominantes ». Prendre la pose du rebelle réac servirait à lui conférer une existence, il suffisait ensuite de la justifier par une prétendue volonté d'échapper aux « diktats ».

A chaque tare intrinsèque, opposer une coercition collective. A chaque travers mental, opposer une justification fondée sur le poids des autres.

Chicboy déclenchait les rires moqueurs et les invectives dédaigneuses ? Là encore il suffisait de s'en sortir non pas en justifiant ses opinions injustifiables et jaunies, mais en prétextant une prétendue « fidélité à soi-même ». Eriger le conservatisme en mode de vie. La réaction en tournure d'esprit. Et maquiller sa poisseuse haine larvée en intégrité.

Chicboy commenca alors à employer toutes les tartes-à-la-crème usitées par les tricheurs de son espèce, en fustigeant, toujours dans sa logique conspirationniste, tout ce qui le renvoyait à sa médiocrité humaine, à sa myopie civilisationnelle, et à son statut de cloporte mental et d'imbécile moutonnier. Le voilà donc qui caricature encore, et qui couine contre « les merveilles des sociétés multiculturelles, les perspectives d'un monde sans frontières et sans différences, l'égalité dans un pays multiculturel mais sans communauté, la rencontre des cultures comme enrichissement, le racisme comme maladie spécifique de l'Occident, le passé objet de toutes les hontes, la lutte des classe moteur du monde, la femme être surnaturel et opprimé, la femme être de douceur et avenir de l'homme, la femme être dont les désirs doivent être comblés, le siècle des lumières référence philosophique, mai 68 piqûre de rappel, la gauche sympa, la droite méchante, etc. ». Autant de « leurres » que Chicboy voulait « dénoncer ». Autant de réalités qui le renvoyaient au néant conceptuel fangeux dont il prétendait s'extraire piteusement. Patauger dans le parallélisme des vulgarisations. Barboter dans la symétrie des stéréotypes doctrinaux. Plus qu'un plan de carrière, un programme de vie.

Chicboy, toujours dans son parfait parallélisme des fantasmes, projetait ses propres tares sur ses contempteurs, pour peu qu'il en ait : Chicboy se définissait en creux lorsqu'il crachotait ses quelques anathèmes convenus sur l'homme dit de gauche : « dogmatique, inquisiteur, ayant plus raison que les autres, systématiquement du côté du bien, se sentant en droit d'apprendre la vie aux autres » parce qu'il avait réussi à se sentir en adéquation avec lui-même à force de mensonges et d'autopersuasion. « Incohérent, prônant la générosité mais agissant mesquinement, se disant ouvert aux autres mais se référant uniquement à sa communauté, parlant d'émancipation tout en voulant tout contrôler », en bon réactionnaire plaquer l'Ordre sur le monde, son Ordre. Pour Chicboy, le pragmatisme « de droite » constituait en revanche un humanisme bien suffisant : là encore il finirait par cautionner le talion industriel et la sauvagerie cro-magnon, parce que ces derniers constituent en définitive la seule conception du monde qu'une atavique petite ordure de sa classe peut appréhender. Ses coreligionnaires hypertextuels étant à peu près tous faits du même bois.

Apte au discours-leurre et à la glose trompeuse, il saurait masquer son extrême peur du monde et sa paranoïa galopante derrière un vernis de sincérité autocomplaisante. « Fidèle à soi-même », une fidélité qui se résumait dans son cas à un grossier simulacre d'intégrité servant de désodorisant. Une bombe d'aérosol pour fosse septique. Lui si sensible au "bruit et à l'odeur", s'imaginait donc pouvoir dissiper les siens en les présentant comme émanations d'une sincérité quasi-sanguine.

Le seul système d'appartenance valable à ses yeux était lié au sang. Chicboy était français et blanc, et le clamait haut et fort, comme si ce qui ne pouvait fonder aucune honte pouvait à l'inverse constituer une supériorité. Tout au plus modérait-il encore son affirmation poisseuse en ajoutant que « ça n'était pas tout ». Effectivement : il était aussi catholique romain, et « anarchiste de droite » (voyant même dans cette bouffonnerie de trotskyste lobotomisé une « école »). Chicboy était aussi « occidental ». Bien évidement, il n'appartenait pas à la république, il n'était pas non plus sûr d'être français tant cette « espèce » avait été « dénaturée » et tant il se sentait étranger à la « population » de Paris. Pas la peine d'insister sur les termes utilisés spontanément par ce trouble abruti. Se disait-il européen ? L'Europe n'avait jamais constitué un groupe homogène à ses yeux. Il avait donc défini sa communauté, son label garanti pur porc : l'Intégriste Raciste Atomisé. Forcément à linker, chers compatriotes à l'orthodoxie exacerbée.

Chicboy vivant quand même un tout petit peu dans le présent, à défaut d'en percevoir la réalité, il tenait donc aussi éperdument à obtenir son quart d'heure de gloire, en bon symptôme de son époque.

Et d'étaler alors son petit pedigree médiocre sur le web, ses lectures (rares et mauvaises), ses films, ses « expériences secrètes » (branlettes au-dessus de la lunettes des chiottes ? cubi de rouge vidé à 3 heures du matin devant le frigo ouvert ?), ses photos (« Henri Lecomte mon pote »), ses misérables et prétendues « déviances » (griller un stop, savater discrètement un yorshire au pied d'un feu rouge, tirer la langue à une contractuelle située à deux rues de là, torturer des fourmis, pisser sur les prises de courant). Car malgré toutes ses tares : son risible alibi de « sincérité » et ses fantasmes paranoïaques l'autorisaient évidemment à « parler de lui », à revendiquer lui aussi sa petite part de notoriété.

De là s'écoulaient ensuite toutes les ridicules banalités contemporaines : Chicboy disait qu'il « aimait la vie, avait des envies, des espoirs, cherchait à s'améliorer, voulait faire les choses bien, savait offrir des sensations et déclencher des processus, pouvait se montrer gai, était relativement autonome et aussi relativement solidaire, était capable de bravoure ». Le CV parfait pour une émission de TV réalité. Après avoir passé son temps à cracher sur des concepts dont il ne maîtrisait pas le quart du début du commencement, au motif d'une fantasmagorique « hauteur de vue conservatrice », Chicboy se vautrait lamentablement dans le conformisme le plus plat et le plus terne lorsqu'il s'agissait de définir un quelconque aspect positif ou constructif de sa médiocre personnalité. Oh, il prétendait écrire, bien entendu. Il prétendait qu'aligner ses lamentables assemblages de mots et de merdes pouvait constituer un semblant « d'écriture ». Parce que son vécu suffisait sans doute à l'ériger en sujet, lui ce sursinge à petit cervelet asphyxié, lui qui toute sa vie resterait un objet. Objet de vexations, objet de railleries, objet de « dikats », objet porcin et ridicule, hochet inepte, en fait.

Chicboy avait donc décidé de fermer son blog, et un peu sa gueule aussi, en même temps. Il disait vouloir accéder à « l'argent et aux femmes », en bonne logique après avoir exposé toutes ses hautes considérations sur le délitement de la société, le règne du matérialisme et le diktat des femmes.



Peste soit donc de ce piano qui lui tomba sur le crâne et l'écrasa comme une merde alors qu'il se rendait chez Nicolas pour acheter quelques « petites récoltes ». In memoriam, sale con."



Un pur scandale, expression de la persécution scientifique et sociale dont nous sommes victimes alors qu'en fait, nous, ben on a quand même vachement raison puisqu'on est consanguins, et conséquemment purs et supérieurs.

Autodafé et battlewear

"Pour répondre brièvement à ceux qui pensent voir une contradiction entre le christiannisme tel que je le pratique et mon goût de la guerre et des armes (...), je tiens à signaler que bien qu'affreux papiste, je reste avant tout un catholique sauvage, dont les racines gaëliques restent imprégnées d'un certain paganisme."
C'est vrai, quoi. Faut arrêter avec les vieilles formules, on en n'est plus aux croisades, les sarrazins, la Sainte Inquisition, faut arrêter, tout ça c'est plus nous, on a modernisé tout ça, aujourd'hui il suffit de voir le succès des JMJ pour comprendre que toute une jeunesse a soif de spiritualité et de racines, et en même temps faut savoir qu'on écoute de la dance, qu'on sort en club, qu'on écrit sur des blogs, qu'on voyage, qu'on picole et qu'on est bons vivants. C'est même cette vie exultante qui gène nos détracteurs, parce qu'elle fait peur. Ouais, elle fout les jetons, parce qu'on sait qu'on est sains, nous, parce qu'on a une certaine idée de notre pays, de l'europe et du monde. Parce qu'on est guidés par notre idéal, et qu'on a la volonté sauvage de faire triompher notre aristocratisme survivaliste, parce qu'y a que ça pour empêcher l'occident de sombrer dans le cosmopolitisme et la fange rouge. Parce que notre peuple perd tout : sa souveraineté, ses libertés, sa langue, son enthousiasme, sa cohésion, sa politesse, son humour, son esprit, sa courtoisie, sa qualité de vie, il perd son goût du risque, son goût de l'effort, ses clefs de voiture, son sang-froid, sa cool-attitude, il perd son digicode, un peu d'huile en côte, au loto, tout ça quoi. J'ai des armes parce que je veux pouvoir me défendre, quoi. Voilà c'que j'leur dis, aux rouges, moi : j'suis un redneck bohème, je crois en Dieu et j'ai un couteau suisse dans la poche. Je milite pour un prosélytisme moderne et dynamique, un sectarisme groovy et branché. La conversion, on leur fera s'y plier de force, tout ces tièdes hérétiques et ces froids impies. Le scoutisme celtique in, c'est ma croix, et elle est en fer forgé. Je marche seul, dans les rues qui se donnent, et la nuit me pardonne, je marche seul.


Torkémadman, pour un prosélytisme cool.

Villa Botox

David Pure-Sang enfin à sa place ! Revêtu d'un uniforme flamboyant, la mine espiègle et le regard guilleret, notre idéaliste consanguin semble en pleine forme pour communier avec Dame Nature et renouer avec une saine camaraderie virile. Gageons qu'il excellera - une fois de plus - à déclamer des aphorismes nietzschéens à un public porcin trié sur le volet, en pole position pour dompter les forces telluriques des déjections bovines. La Terre ne ment pas, kamarade !


"Ce mec arrive là où il veut aller. Dangereux de résister à la force animée par la volonté."
(J-L. Costes)

Dialogue de carnétistes consanguins


"- Ouais, tu sais quoi, faut que les enragés gauchistes arrêtent de dire qu'on est racistes, c'est même pas vrai. Moi par exemple, j'aime bien Dieudonné, il a des couilles. Et à la "pornographie mémorielle", je préfère un certain révisionnisme, quoi. D'ailleurs dès qu'on fait de l'histoire, on fait du révisionnisme, quelque part, non ?
- ...Sauf que Dieudonné il est quand même pas trés net, enfin t'vois ce que j'veux dire... En tous cas il me fait marrer, quand il imite la caille de banlieue, t'vois. J'avais pas rigolé comme ça depuis Michel Leeb, moi.
- T'as trop raison. Rien n'est tout blanc ou tout noir là-dedans ;)
- Hahahahahaha !!! :)))"



Pop-souverainisme

Romantisme et Valeurs, contre nihilisme post-moderne, nous avons choisi : nous sommes CONSANGUINS.


"l´Europe n´a aucune chance de survivre si elle continue de s´enfoncer dans le démocrassisme syndicalo-baissefroc, puisqu´elle est condamnée à la désagrégation généralisée, à moins de croire au sauvetage aristocratique miraculeux, comme moi, pauvre idéaliste inculte."

Héé oui, nous autres consanguins sommes avant tout des sursinges à claviers, qui assénons nos bouffées délirantes, expression directe de notre inculture historique, de notre obscurantisme scientifique, de notre sous-nutrition politique. En résumé, nous sommes cons comme des briques et gluants comme des crachats.

Habemus Panzerkardinal

"Il reste à espérer qu'il ne sera pas le pape du repli identitaire ou du retour en arrière" nous dit Le Monde. Ce qui signifie qu'une importance plus grande apportée aux catholiques, plutôt qu'à célébrer les vertus de l'islam ou la part de vérité détenue par les protestants, serait un retour en arrière. On imagine déjà un nouveau Moyen-Âge. Et nous, les consanguins, on espère."



Les forces libéralo-progressistes fustigent un pape qu'elles disent en un mot "conservateur". Voilà bien là un nihilisme tout athée qui sied à merveille à la décadence post-moderne et bolchévique dans laquelle s'enfonce notre Brave Patrie depuis des années, depuis 1968 bien entendu, alors précisément que la Communauté des croyants vient enfin de récupérer un commandeur digne d'elle, en un mot susceptible de la mener tel le berger ses moutons, vers les verts paturages de la félicité autarcique, de la piété craintive et de la soumission aux dogme, et pourquoi pas - rêvons - en un mot vers une nouvelle Sainte Inquisition. Car comment prétendre qu'un pape qui estime que la Sainte Eglise Romaine est fondamentalement et intrinsèquement plus morale, plus élevée, en un mot supérieure aux autres confessions, un pape qui s'élevait il y a déjà 20 ans contre les crimes en masse commis dans les centres d'IVG, n'est pas enfin en un mot LE pape que nous attendions ? Avec lui, nous n'aurons pas peur, nous marcherons en chantant du Maurice Chevalier et du rock identitaire, jeunes pélerins confiants, jeunes dévots béats, jeunes bigots bavants, jeunes culs-bénis lobotomisés, en un mot Consanguins. D'autant que les morts les plus nombreux seront probablement en Afrique. Nous devons célébrer, nous les jeunes Consanguins, le plus expéditif des conclaves ! Habemus Panari !!

Chicboy : un blogueur populaire

Salut les fafounets ça gazouillle ?? alors on se branle sur les liens du sang, on brode sur le mode lyrique leaderprice « oh my god mon voisin est centriste vous êtes tous morts », putain sa mère t’es vénère, Chicboy mon pauvre petit Chicboy ton patron a embauché une caillera de dernière zone et t’en peux plus raaaaahhhhhh ah ah en plus il est laid ce rebeu – merde il est pas de la vieille Europe quel con quel bouffon j’y crois même pas – et merde ; Chicboy t’as pas de bol, personne te comprend, la société te rejette, elle se fout de ta gueule, cette salope, cette sale pute ingrate, tous ces tièdes, ces chiffes molles, pas de couilles, pas de fierté, il leur manque ce putain de sang aristocrate qui coule dans tes veines, tes nobles veines, putain Chicboy, t’es le renouveau de l’occcccccident man, ouais, le renouveau de l’occident……


Chicboy in da place.

Te décourage pas mec, on est tous avec toi, rebelles on se sent pousser des ailes mouaaaaahhhaahaha Chicboy ouais on est tous des rebelles on a lu Dantec version V2.1, ouais mon petit poussin nous aussi on a lu Bloy-Bernanos-Ellis-Céline-Nabe, ouais mec t’es pas seul, non tu n’es plus seul, viens te réchauffer dans nos bras douillets, mmmm…. Chicboy je la sens oui elle est douce et dure à la fois, non ne t’inquiète pas moi aussi j’ai ces pulsions inavouables, moi aussi je rêve de toi comme d’un chef d’œuvre improbable d’Arno Brecker….. mmm Mishima ce héros…… Chicboy forever….

Tu as osé élever la voix, tu as brisé cet ignoble consensus droidelomesque – pouah pas beau la social-démocratie allez youpi on prend le maquis hi hi hi !!! paskeu tu comprends, toi et moi on est différent, on n’est pas comme les autres : on est SCANDALEUX, INTOLERABLE, PAS PAREIL, ON DERANGE, OUAIS, ON LES EMPÊCHE DE DORMIR TOUS CES BOUFFONS et on écrit en majuscules parce que ça fait cool dans les pamphlets, on a des putains de testostérones pagano-viriles qui demandent qu’à revitaliser ces troupeaux de décérébrés , ouais mec, on est des héros, ah pitain Chicboy le truc qui me rassure c’est qu’il nous reste le vagin de ta mère, putain mec comment elle est tendre (sans déconner ça rentre comme dans d’la Mousseline j’adore), wouaaah mec ta reume m’a initié aux plaisirs de la life, ça m’a redonné le goût du Combat, genre en même temps c’est vachement dionysiaque - quelle chiennasse, oh la laaaaa ! – et puis voilà quoi, je sais pas si t’as une petite sœur mais ça me brancherait bien aussi, enfin faut bien régénérer la race, un peu de pureté quoi bordel, un peu de purée aussi, ça va bien avec les sentiments, on n’est pas des barbares merde……

Marre de ce monde aseptisé, consensuel, fade, désenchanté… un peu de rêve, un peu d’amour, un peu de noblesse, un peu d’honneur… un peu d'audace, une vision, une Weltanschaung, ein Leitbild… et puis aussi le fion de ta petite sœur, quand même, parce que bon on l’a bien mérité quoi.

Liberté d’expression

Ils disent.

Ils disent que tu as des idées préconçues, ils te traitent de misérable abruti réactionnaire qui végète à la surface d'une "pensée unique" que tu crois combattre malgré la taille ridicule de tes petits bras et la taille encore plus minuscule de tes idéaux, entre racisme larvé et traditions faisandées, ils moquent ce qu'ils appellent ta pose de martyr blanc et tes discours de sursinge inepte, voilà ce qu'ils disent. Ils te méprisent, ils te conchient, ces bolcho-cosmopolites, ces métisseurs, ces "dhimmis" (ah, tu l'aimes ce mot !!). Ils te traitent de frileux paumé, de misérable couard, d'imbécile haineux, d'inculte bourrin... Ils se moquent de toi quand tu parles de "communauté" française ou encore quand tu geins sous le "joug" démocratique que tu crois peser sur tes frêles épaules.

Ils te méprisent, ils te disent poisseux, perdant, frustré, ils te jettent des tomates à la tête, te dépeignent en clown brun qui défile au pas de l'oie, en gros veau fasciste, en immonde cloporte raciste. Ils disent que toi et tes amis, tes compagnons, tes frères d'armes, ne faites que proliférer comme de mauvaises herbes. Ils t'identifient à un triste symptôme de l'époque, te disent victime du discours sécuritaire des élites politiques qu'ils ont renié, victime de la spectacularisation médiatique d'une violence quotidienne ou fantasmée, ils voient en toi un pantin stupide, un looser perverti par des concepts sclérosants, ils méprisent tes segmentations qu'ils qualifient de préjugés merdeux, tes fréquentations qu'ils qualifient de groupuscules idiots, ils voient en toi un lamentable minable apeuré et poltron, planqué derrière tes petits discours guerriers ou mélancoliques. Ils te traitent de réactionnaire en culotte courte, de sale fasciste à moitié assumé, de pleutre personnage, d'article périmé, de rebut de l'histoire.

Ils ont raison.

Mais toi, tu t'en fous, tu as ton blog, ta playstation et ton bouquin de Renaud Camus.

T'es une merde, mais juste, faut pas qu'on te le dise. On est en démocratie, bordel.


La Zone, trash clubbing for rude boys

"Mais pardi, il te l'a dit, quoi faire, ne sais-tu donc pas lire pauvre Ftalker ? Tu dois te convertir, te retourner, comme un gant oui, retourne-toi retourne-toi, comme auraient dû le faire les deux hommes farouches et raides que le stallekère, justement, accompagne dans la Zone. C'est donc la lumière qu'il faut choisir, sans loucher sur les ténèbres nichées dans le coin le plus sale de la pièce. C'est donc pour elle qu'il faut se faire pure transparence, sans même rêver, au préalable, d'une périlleuse acclimatation au froid de l'Enfer. Directement, dans le gouffre de lumière, dans le bain de métal en fusion, sans la moindre hésitation. C'est donc ainsi que le vigoureux logocrate me prend le fondement, m'encaisse le comptoir, me fend en deux, en trois, en douze, me lamine de fond en comble, me remplit jusqu'à l'aluette ; je m'écrie alors, mais quoi !!! Que ne cites-tu le gigantesquissime Gadenne en me renversant comme une roturière, que n'invoques-tu nos fauves christiques, derniers défenseurs de la Langue, du Verbe, de l'âme patriotique en me basculant tel un palfrenier de petite vertu, bouffe-moi le marque-page !!! Tu es dans la zone que diable, il n'est question ici que de la défense de la langue !!!" Juan A., citationniste révélé."


Cette semaine Marc-Edouard Nabe est dans la Zaune, trash clubbing for rude boys,

Ouvrage collectif

Parce que notre Communauté Consanguine possède aussi ses Lettrés, sa Kulture et ses références, celles que nous name-droppons en rafale lorsqu'il nous faut singer l'érudition. José Desencio : un ancien de CANCERR !, fidèle tenancier de notre chère Zone, nous parle son nouvel opus : "TÊTES D'AIL, GUEULES DE NAVETS". "Un opus qui fera trembler le système" (National Hebdo)

- Avec une passionnante analyse des dernières glaires de Jean-Edern Hallier, menée d'un style impécarificateur par le sémillant Arnaud Le Gouern qui les conserve depuis des années dans de petites fioles hermétiques. On est saisi d'émotion à la lecture de cette vibrante nouvelle, qui à n'en pas douter va projeter son zozauteur au firmament zénistitique des Grands Stylistes du siècle.

- Avec un flambouleux texte, aux outrances stylistiques révolutionnantes, d'un lyrisme exacervelé, d'une romantitude trouble, voire tachée, une ôde rédigée par David Pursang en hommage à sa muse et compagne, sa main droite. Un texte à la gloire du Beau Geste et de la solitude de l'Ecrivain.

- Avec une implacable charge, menée au pas du poilu thaumaturgique, la baïonnette au poing et le style en bandouillère, un réquisitoire absolument totalifiant, virulaire, lapidesque, définitariste et ulternel, craché par Beudeuleu de la Mèche, cette mitraillette du Mot juste et du Postillon Qui Assassine. Tremblez feuillotaires des magazines branchés !

- Avec une farce scapinesque, décapante satire de notre société contemporaine et de ses milieux artistiques, pondue par le dernier Artiste Français disposant du capital innocence nécessaire à la création du beau, le contempteur des Rampants, j'ai nommé Roland Shames.

- Et une incomparable analyse grammaticale de Bernanos, véritable révolution de la critique littéraire en même temps que de la poésie, un hymne sempistratique au Logos et à madame sa Mère, par votre serviteur, Juavid Kersancio, dit le Petit d'Espagne. A genoux, lecteurs !!

Et pas un d'entre vous, scrofuleuses excrémentelles ampoulistées, ne saurait en faire autant !!
C'est dit !!


Car qu'avez-vous donc écrit, vous, minuscarides rongeovidés, pour ainsi ignorer mes coriacées apostrophes et ma vespérsatile et soporarchante Écriture ? Qu'avez-vous produit, vous, pensionnaires des forums technichronisubverkartpointcom, parasites de la bloguosphère, qu'avez-vous écrit qui vous permette ainsi de juger les trésors stylistiques et les généreuses idées des fiers défenseurs du Verbe dont je vous parle miséricodieusement ????? Hors d'ici, tarentesques ubuzerbines !

Ooh, j'enrrage, oui j'enrrage, de lire ces impertinoltes et ridibulerses digressions infantiles à propos du blogue (car en Français messieurs, l'on écrit BLOGUE), que fort opportunément j'ouvris afin d’y coucher mes nobles branlettes narcissiques et mes considérations sur la littérature ! Ce carnet virtuel auquel je confie les extravagordinaires réflexions que m'inspirent mes nombreuses et pénétrantes lectures, mes nombreuses et assouflissantes références, ma Kulture et l'Amour qui est le mien pour les fiers Logocrates, défenseurs de la Langue, de l'âme française, comme Dantec le sait, comme Bernanos l'a compris, comme Nabe l'a oublié, comme Proust au petit déjeuner et comme Bloy en soquettes, maréchal youhou je suis là.

Et chacun de mes Postillons est un tremblement de terre sémantique, un tsu..., disons une cataclysphique éruption linguistiquale, pour vous autres archifiacres empatentés, tremblants d'effroi devant l'impact littéraire de cette écriture qui est la mienne. Bientôt encore je vous parlerai de l’Importante Revue Cancer! Dont je suis, mes amis, dont je suis.





Je rris, je rris tant il est vrrai que nous autres amourasseux du Verbe, nous, véritables rénovateurs de la Littérature Française, fier sang frais du Logos français, courageux Don Qui Chiottes du Web littérasseux, nous les Roland Shames, les Juavid Kersancio, les Beudeuleu de la Mèche, les Cariou du Lycée, nous autres grands amateurs de l'Indépassable Mot, NOUS écrivons, quand vous, pâles australopithèques hype, lecteurs de magazines en "kart", n'avez jamais rien écrit et n'écrirez JAMAIS JAMAIS JAMAIS RIEN DE GRAND. C'est dit !!

Nos sensibilités vous dépassent, et en scrofies atrophidées, en pieutres astralents irrigulés, vous les homos refoulés à leur propre sort cruel, les déçus de ma sympathie, vous les abscuistres rodomulés, vous qui jamais n'avez ECRIT et jamais n'ECRIREZ, vous les frustris et les aigrés, vous n'aurez que notre méprain.
Je vous mépraigne.
Je vous mépraigne.

Plus d'une fois le forgeron sur le métier remet son ouvrage, et plusieurs lectures de mes atrabilantes contributritions à votre auge de porcs ne sont pas de trop, vous les flutistes de votre propre vacuitale. Oh ! Comme je vous mépraigne.

Mais quoi ? Mais comment ? Mais qui ? Moi qui consacre toute ma vie à la défense des fiers Logocrates, et à l'éradestruction des Rampants, moi qui participe activement à l'éducafication de mes contemporaires, moi le fidèle commentapineur de l'immmense Bernanos, je daigne encore apparaître en ces funestes lieux, sur ces blogues vulgossiers et poiscailleux ? Du caviar aux cochonailles, voilà ce que je donne, en fier cavaliero !

Que ne vous abandonnai-je, pachydermiques stupédiots, à votre douloureux sort, afin de rejoindre, dans l'extase du Verbe, le panthéon des Grandes Plumes que sont mes chers Roland Shames, le lyrique David Pursang, le trés chic Beudeuleu de la Mèche, ce cher Arnaud Le Gouern, et l'infatigable Cariou du Lycée ? Que ne montons-nous notre propre plateforme, pour rendre hommage au grand Michel, que ne montons-nous notre propre plateforme d'édition, afin que désormais le MONDE ne pluisse plus faire semblant de NE PAS ENTENDRE NOS VOCIFERATIONS CATACLYSMITRUANTES !!!!

Je vais lancer "l'E-déalistancer !!", première Revue Transgénique Agitatrice de l'E-monde Inter-littéraire Pour Adolescentes Incultes, avec pour unique but de se faire remarquer par je ne sais quelle maison d'édition bidon qui cherche son novo-réac du mois, quel que soit le crime stylistique que constitue chacun de ses paragraphes."


Juavid Kersancio, "Sécheresse et Suffisance", 2002, un verbe rare disponible sur tous les forums du web, malgré tout.

Blogging et souverainisme


Mon père m'a fini à l'urine, je suis politiquement engagé, je suis souverainiste, et j'ai mon blogue.

Le fun-fascisme, une expérience nouvelle

Vous l'avez peut-être remarqué, par exemple en lisant le post qui précède, le fascisme donne des ailes. Genre, on verse dans l'envolée lyrique et on n'est pas loin de se pisser dessus tellement ça va chercher dans le ringardisme post-mes-couilles. Alors voilà, on en est là.

Mais en fait, je vais vous souffler un p'tit secret : le fascisme, ça peut être une putain de cool-attitude.




Ouais, mec. Le fascisme de papa, avec ses petits rêves de grandeur, on connaît. Droit devant, à la missionnaire, tranquilou... on est tous passé par là. Mais toi, dans le fond, t'en n'a rien à branler du saint empire romain germano-pratin. T'en as marre de rester puceau, tu sais plus quoi faire de ton acné cérébral, tu veux des open bar et tu veux NIQUER, ouais, on t'a dit que c'est cool de niquer... bon bref, en attendant t'es facho. Tu sais pas trop ce que ça veut dire, alors tu te rassures en te disant que t'es plutôt "anar de droite", c'est plus kiffant et un peu moins risqué. Et ben tu sais quoi, T'AS RAISON MEC.

Tu lis Dantec pour faire hype hype hourra mais en fait tu t'en branles de l'armageddon. T'en as vraiment RIEN A BRANLER de la fin de l'Occident. Tu veux du fun, du sexy, de la bonne humeur. Evidemment, le trip pagano-romantique, la veine roots-littéraire, le sol et le sang, et puis le Christ aussi, tout ça, ça fait classe ! Et puis ça donne une sacrée contenance face à cette putain de saloperie de décadence, merde quoi. Seulement voilà : citer Bernanos c'est rigolo deux minutes, mais après, faut dealer avec la meuf que tu chauffes comme un malade depuis un quart d'heure. Parce que tes conneries, elle aussi, elle en a RIEN A BRANLER.

Et voilà, t'as tout compris. T'es une merde. Et tu veux t'en sortir. Alors tu ouvres ton blog. Au hasard, tu vas l'appeler "mon nombril et moi", ou un truc dans le genre, "sexe, hype & politique" - pire si possible. Fastoche : tu remplaces "wouaaaah Britney Spears trop cool" par un name-dropping à la con, genre y aurait des philosophes allemands, des écrivains amerloques, des poètes italo-futuristes, des exilés montréalais, des dissidents russes, des cinéastes canadiens, des pounks parisiens, des rouges-bruns alcooliques, bref tout ce qui fait scandâââââle (pour plus de précisions, consulter : http://revuetsimtsoum.free.fr).





Exit le nationalisme étriqué de ton grand frère, toi mec t'es un white-trash, un vrai un pur, un tatoué, t'as découvert les exctas, la techno et le hip-hop, et puis aussi Eminem, tiens. Et puis les tribus, aussi - parce que la France c'est sympa, l'Europe c'est pas mal non plus (post-modern style man !), mais bon le tribalisme ça casse tout. En fait, les valeurs de Vichy c'est grave has-been, toi tu vis avec ton temps mec, tu lis Palahniuk, et finalement... tu le gardes pour toi, mais t'aimerais bien te faire une bonne tournante avec la reume de juan asensio, cette bonne petite pouliche qui suinte la joie de vivre et la fraîcheur dominicale. Voilà, c'est ça que tu veux. Un plaisir simple et communautaire.

Le retour aux vraies valeurs d'autrefois qu'on veut retrouver comme avant parce que c'était tellement sympa. Un p'tit coup de bite dans le vagin de la reume à Juan Asensio, comme jadis au village. Et hardi petit, roulez jeunesse !!

01 août 2006

Fière Patrie, Consanguins suivez-nous !

Oui, oui je me dresse aujourd'hui, fort d'une légion derrière moi, fort d'une fière légion décidée à revivivifier le sang de notre pauvre France, celle qui chute, celle qui tombe, celle qui se casse la gueule percluse de maux terrassée par la démocratie sociale-démocrate celle qui nous tient écrasés sous son poids, mais nous nous dressons, les stallekère, les chictypes, les mercutio, les krouka, les slotorpes, nous qui représentons l'avenir et la Vitalité de cette patrie, nous qui refusons le dickt... le ditak... le kidt... le diktat de la bien-pensance et de la tolérance envers ceux qui sucent notre fier sang pur, celui qui irrigue nos sillons et noie nos aïëux, celui qui a fait de nous les héritiers d'une certaine idée de la France, ce sang si noble ce sang qui nous anime et nous pousse à ouvrir nos blogs, à exprimer nos frustrations, à clamer notre amour des traditions et de la Nâtion, cette précieuse et si chère Nâtion menacée de toutes parts par la mondialisation, par l'europe des politocrates, par le kosmopolitisme multiculturaliste droitdel'hommiste assez assez ASSEZ de cette idéologie qui avilit notre flamboyante RACE, celle des übermenschen qui un jour revivivifieront de leur valeureux sperme l'entièreté du Continent des Rois, la Trés Sainte Féodalité, le Trés Haut Empire Blanc, celui qui va, qui vient entre tes reins, enfin tu vois quoi, celui dont nos Trés Saintes Mères nous parlaient juste avant la prière du soir, alors que nous croulions sous leurs mamelles nourricières et charnelles, de ces mamelles que nous tèterions encore aujourd'hui si nos dents ne les avaient usées jusqu'au sang, ce Sang si noble dont nous éclaboussions nos draps avec toute la fierté que nous autorisent nos gènes, nos fiers gènes projetés au plafond tels une gerbe de fierté fière, nous qui sommes les seigneurs de demain, les redresseurs du Dogme, les défenseurs de la Trés Sainte Eglise si récemment réhabilitée, les Combattants de la Pureté, les Moines de la Souverainté Nationale, les sauveurs de la Trés Sainte Logocratie, nous sommes là pour déclarer la guerre à eux, là, les ennemis de l'Occident, les ennemis de notre idée de la Communauté ; Ce blog fédère, ce blog rassemble, ce blog synthétise la quintessence de notre Sang, ce blog est là pour vous fournir le bréviaire des plus Nobles des Combattants de notre Cause, nous qui aimons la Traditition, la Réaction, l'amour consanguin et l'emboîtage en famille.

Ce blog est une déclaration de guerre, un cri, un couinement, une complainte médiévale et une balade telle que nous ne savons plus les écrire, un appel à nos Ancêtres, un rappel à nos Racines, un rempart contre l'Invasion, nous sommes les derniers français, nous porterons haut les couleurs de notre culture, nous sommes là pour tartiner notre fier sang frais de fiers français, ce blog est notre âme et notre chair, nous vivons ici (parce qu'ailleurs on se fait généralement tabasser).

Et tout ceci n'est qu'un début.

Car nous sommes Consanguins.



Nous étions crustacistes ou idéalistes, nous sommes à présent Consanguins. Nous faisons les gros yeux, barbouillons les pages web, name-droppons comme des bêtes - on n'a pas lu mais qui ça intéresse ? Nous bavons tant qu'on peut et nous accordons parfois une cacateuf avec Costes, nous sommes les snipers de la littérature, les rebelles du Mot, les renégats du Verbe, nous aimons le vin et les chansons paillardes, les trois couleurs et l'electroclash, nous sommes les hussards des faubourgs, les pamphlétaires buboniques, et nous ne sommes pas contents...

Consanguin wants you !

Consanguin wants you !
*** Enrôlez-vous dans le Choc des Civilisations ***

And remember...